Cannes ... Samedi 20 janvier 2007 ...
Réveil catastrophe. Saki fait irruption dans ma chambre et allume la lumière sans ménagement. Je me réveille en sursaut, croyant avoir droit à la visite d'une fan en furie. Tout est brouillé dans ma tête. Heureusement, je reconnais vaguement la silhouette imposante de Saki et évite ainsi de l'assommer avec la bouteille d'eau que j'étais sur le point de lui lancer à la tête. Mes neurones sont encore hors service et je peine à comprendre ce que Saki me dit. Je le vois bouger ses lèvres, mais je ne capte rien du reste. On dirait un poisson rouge dans son bocal qui ouvre et ferme la bouche en tournant en rond ; en l'occurrence, il tourne autour de mon lit. Je me retiens de rigoler, car je vois bien cet air très sérieux sur son visage qui m'indique que quelque chose ne va pas. La fatigue est plus forte que moi, je me laisse retomber sur l'oreiller. Saki vient alors me secouer, et voyant que je ne réagis pas, il me découvre. L'air conditionné me fait frissonner, j'entrouvre les yeux. Saki me secoue à nouveau. « Debout, debout ». D'accord Saki, j'ai compris. Je me lève et me dirige vers la fenêtre. J'ouvre les rideaux. Il fait à peine jour dehors. Est-ce vraiment l'heure de se lever ? Il doit y avoir erreur. Saki quitte ma chambre, mais au lieu de me préparer, je me repose sur le lit et me rendors.
Je n'ai pas le temps de rejoindre Morphée, qu'à nouveau Saki fait irruption dans ma chambre. Cette scène a une impression de déjà vu, à la seule différence que le petit poisson rouge a à présent décuplé sa taille et que je me retrouve face à face avec un requin blanc. Son impressionnante mâchoire est tellement proche de mon visage qu'il manque de peu de me manger le nez. « DEBOOOOOOUT !! On est en retard !!». J'hésite à lui demander s'il s'est lavé les dents ce matin. Son haleine a un relent de café et de vieux lait caillé. Agréable comme odeur au réveil, et a-jeune de surcroit. La puanteur me réveille d'un coup.
Saki : Allez, debout. On est en retard.
Bill : Pas de panique Saki, il n'est que ... 10h00 ?? Oh purée, c'est déjà 10h00 ?? L'avion est à quelle heure déjà ?
Saki : 10h55... à Nice.
Bill : Uuuh, c'est loin d'ici ?
Saki : On en a pour une bonne demi-heure au minimum. On ne va jamais y arriver. C'est mathématiquement impossible.
Bill : Impossible n'est pas Kaulitz. Le taxi est là ?
Saki : Oui, il nous attend.
Bill : Donne-moi 2 minutes que je m'habille et j'arrive.
Je saute hors du lit, et enfile le pantalon et T-shirt de la veille. Je mets mes chaussettes, mes chaussures et attrape mon blouson au passage. Ma foi tant pis pour la douche ce matin. Je passe devant le miroir : j'ai les cheveux en pagaille qui partent dans tous les sens. Pas le temps de me coiffer non plus. Vite une casquette et le tour est joué. Je suis fin prêt, allons-y, nous n'avons pas une minute à perdre.
Ce n'est qu'une fois dans le taxi que je réalise que j'ai laissé toutes mes affaires éparpillées dans la chambre, et que je n'ai rien à me mettre pour l'émission de ce soir si ce n'est ce que je porte actuellement. Dans ma hâte, j'ai tout de même réussi à coordonner mes habits ; je n'ai pas trop l'air débraillé. C'est déjà ca.
Par contre, qu'ai-je fait de mon téléphone portable ? Oh non ... merde ... il est reste sur la commode. Bon ben pas le choix : faudra aussi faire sans le portable.
Le taxi file à toute allure sur la route qui nous mène à l'aéroport de Nice. L'espace d'un instant, j'imagine Samy Naceri au volant de son bolide avec Saki et moi, scotchés par la vitesse sur la banquette arrière. Nous roulons si vite que les roues ne touchent plus le sol. Les autres voitures se poussent sur les cotés lors de notre passage. La route est à nous, elle nous appartient.
Une fois arrivés à l'aéroport, c'est le marathon. Saki et moi cherchons notre guichet, mais la panique et le stress nous voilent l'esprit. Nous passons au moins cinq fois devant notre guichet avant de le voir, enfin.
Il est 10h35. Le check-in est déjà fermé, selon les dires de l'hôtesse. Les passagers commencent déjà à embarquer. Nous sommes arrivés trop tard. Je tourne en rond tout en jurant tandis que Saki joue la carte de la séduction avec l'hôtesse. Il me fait bien marrer des fois, Saki. Quoi qu'il en soit, son petit manège semble avoir marché. Je me demande bien ce qu'il a pu lui raconter pour l'embobiner comme ca. Faudra que je le lui demande plus tard ; ca pourrait m'être utile dans d'autres situations.
L'hôtesse nous escorte à travers le contrôle de sécurité et nous fait passer devant des centaines de touristes et de business men qui se mettent à hurler d'indignation en nous voyant passer devant eux. Une fois le contrôle passé, l'hôtesse nous indique le couloir à suivre et nous somme de nous dépêcher. L'équipage nous attend, mais pas éternellement non plus. Saki et moi mettons la gomme et nous précipitons à la porte d'embarcation où un steward nous attend. On nous laisse à peine le temps d'avoir les pieds à bord que la porte se referme déjà derrière nous. Ouf ! Les passagers nous regardent comme tout un chacun regarderait celui qui retarde le départ de son vol, avec de petits yeux accusateurs. Nous regagnons nos sièges en catimini.
Les secrets de séduction de Saki attendront un autre jour. Je suis tellement crevé que je m'endors quasi instantanément, la tête appuyée sur le hublot. Lorsque je me réveille, nous sommes déjà en phase d'atterrissage. En fait, cela fait + de 30 minutes que nous survolons l'aéroport de Francfort dans l'attente de pouvoir atterrir. Le tarmac est tout blanc. La neige tombe assidument depuis presque une heure, rendant tout atterrissage dangereux. Nous finissions tout de même par obtenir l'autorisation d'atterrir. Heureusement, nous avons suffisamment de temps pour changer d'avion.
Afin d'avoir un peu de tranquillité pendant l'attente, nous restons dans un lounge spécial. Je suis sur le point de demander à Saki ses secrets de séduction, lorsqu'il ouvre grand les yeux, place ses mains sur son ventre, se lève et se précipite aux toilettes tout en professant des exclamations incompréhensibles.
Dix minutes plus tard, Saki n'est toujours pas ressorti. Je me dirige à mon tour dans les toilettes.
Moi : Saki !! T'es la ?
Saki : Bill, c'est toi ? Je suis ici, dernière cabine au fond... Ah non, ca va pas du tout. Je suis au bout du rouleau...
J'ai envie de lui crier « Bitte Spring nicht », quand je comprends qu'il me fait comprendre qu'il n'a plus de papier. Je choppe deux rouleaux dans la cabine d'à cote et les lui passe en-dessous de la porte.
Saki : Merci Bill ! Tu me sauves la vie.
Moi : Ca va aller ?
Saki : Je crois pas que je vais pouvoir t'accompagner à Wetten Dass ce soir. Je me sens vraiment pas bien.
Moi : Ecoute, on en discute dehors, si tu veux bien.
Saki : OK.
Je ressors de là en quatrième vitesse et prend une grande inspiration. Je ne sais pas ce que Saki a mangé hier soir, mais pour sur ca n'était pas frais. J'espère que je ne vais pas me retrouver dans le même état que lui.
Je retourne m'asseoir quand j'entends un drôle de bruit provenir de la poche de la veste de Saki. Dans la précipitation, il l'a laissée sur le fauteuil dans la salle d'attente. Je fouille ses poches et tombe sur son portable. Il y a un appel entrant, le numéro est caché. Ne sachant si Saki attend un appel urgent, je réponds à sa place.
La voix que j'entends à l'autre bout du fil me pétrifie sur place car je ne m'y attends pas du tout. C'est ma douce Alicia. Sa voix me réchauffe jusqu'aux entrailles. Comment ai-je fait pour ne pas la contacter ces deux dernières semaines ?
J'ai trop besoin de la voir, même si je sais que je ne devrais pas. Je lui propose de venir me rejoindre ce soir. Elle accepte. Me voila pris à mon propre piège...
Saki sort enfin des toilettes. Il est pale et chancelant. Vu son état, nous sommes tous les deux d'accord pour dire que je m'en sortirais mieux sans lui. Saki me donne tous les renseignements dont j'ai besoin (hotel, contact à Wetten Dass, vol de retour,..), je dois pouvoir tout gérer tout seul. Et puis d'ici peu Alicia sera là, donc aucun souci.
Etant parti sans mon portable, j'utilise vite une dernière fois celui de Saki afin d'appeler Tom et de le rassurer. Je pars donc seul pour Friedrichshafen tandis que Saki change sa réservation et rentre à la maison se soigner.
Je suis le planning que Saki m'a remis. Tout est chronométré à la minute prêt. Je reconnais bien là le super travail d'Alicia derrière tout ca. Y'as pas à dire, elle est douée dans ce qu'elle fait. Plus que quelques heures, et elle est là, avec moi ...
L'émission Wetten Dass se déroule sans encombre. Je suis toujours étonné par les paris fous des candidats. Mais où vont-ils trouver toutes ces idées ? Comment peut-on reconnaitre une personne par la manière dont il/elle se brosse les dents ?? Je trouve le pari irréalisable, mais comme je connais le principe de l'émission, je joue le jeu et je parie que la candidate va réussir son pari. Si je perds, je dois me séparer d'un de mes bijoux. Tant qu'on me laisse mes bijoux de famille ...
VIDEOS WETTEN DASS
http://www.youtube.com/watch?v=1OzsDrC_vpU
www.youtube.com/watch?v=h49gD6R4JfE
Une petite fête est organisée après l'émission, mais je ne m'y rends pas car je sais qu'Alicia m'attend dans ma chambre.
Dans le taxi qui me raccompagne à mon hôtel, je commence à avoir les maintes moites. En un mot, c'est le stress, le gros stress. Je la vois d'ici quelques minutes, et je ne suis toujours pas sur de la manière dont je veux lui annoncer la chose. Surtout, je ne suis pas sur de ce que je veux lui dire, tout court !!
Je stress encore davantage lorsque je réalise que je porte les mêmes vêtements que ce matin, que je n'ai pas pris de douche depuis hier et que je sens le chien mouillé. Qu'est-ce qu'elle va penser de moi en me voyant ainsi ? Tant que cela n'influence pas sa décision ...
Me voilà devant la porte de ma chambre. Je suis au summum du stress que je peux contenir. Je tourne la poignée, et rentre. Alicia est là, emmitouflée dans un peignoir. Elle vient de sortir de la douche et ses longs cheveux ondulent sur ses épaules. Elle est divinement belle. Je la déshabille du regard et imagine ses courbes nues sous son peignoir. Je m'approche d'elle et la prends dans mes bras. Elle sent bon le miel et l'amande. J'ai envie de la manger toute crue, de la croquer des pieds à la tête. Maintenant. Ici. Tout de suite.
Elle semble avoir lu dans mes pensées car elle me sourit d'un air coquin. Elle m'aide à me débarrasser de mon blouson. Je la remercie par un baiser sur les lèvres qui finit dans le cou. Elle courbe la tête en arrière et ferme les yeux. Je continue à l'embrasser dans le cou. Mes baisers se dirigent toujours plus bas, tandis que mes mains qui étaient originellement sur ses hanches, montent toujours plus haut et rejoignent mes baisers au niveau de sa poitrine.
Elle se couche sur le lit et m'invite à la rejoindre. Je ne me fais pas prier deux fois. A peine suis-je couché sur le lit qu'elle se positionne au-dessus de moi Elle a toujours son peignoir, mais je peux apercevoir une partie de son sein droit découvert ... Nos lèvres trouvent naturellement leur chemin et se rencontrent. Jamais je n'ai autant désiré une femme. Pourtant, je ne peux aller plus loin. Je m'écarte de son étreinte et la pousse sur le coté.
Je lis dans ses yeux qu'elle est successivement surprise, déçue, meurtrie ... Ma main se rapproche de la sienne, mais je n'ai pas le temps de l'atteindre. Elle se lève et se précipite dans la salle de bain. Je suis tout aussi prompt à me lever et je la suis, empêchant ainsi la porte de se refermer. Nous voilà tous les deux dans la salle de bain.
Dans sa course, son peignoir s'est ouvert. Mais c'est à peine si j'y prête attention. La seule chose que je vois sont ses yeux rougis par le sel des larmes qui maintenant entament une chute vertigineuse sur ses joues. Elle m'adresse alors les premières paroles de la soirée :
Alicia : Bill, je ne sais plus sur quel pied danser avec toi. Tu me veux, tu me chauffes, puis tu me repousses. On est ensemble, mais pas officiellement, et tu ne m'appelles pas une seule fois en deux semaines. Qu'attends-tu exactement de moi ?
Bill : Et toi, qu'attends-tu de moi ?
Alicia : Premièrement, arrêtes de me répondre constamment par une autre question. Y'a rien de plus énervant.
Bill : D'accord. Je suis désolé.
Alicia : Deuxièmement, arrêtes de t'excuser à tout bout de champ. Assumes !
Bill : Alors c'est ca que tu attends de moi ? Que j'assume ? Que je prenne mes responsabilités ?
Elle me répond oui de la tête et fond en larmes. Je me rapproche d'elle et tente de la prendre dans mes bras. Elle me repousse, mais finit par me laisser la toucher. Je prends son visage dans mes mains et effleure ses lèvres du bout des doigts. Son regard évite d'abord le mien, mais à force d'insistance, elle me regarde aussi fixement que moi. J'approche ma bouche de la sienne et l'embrasse. Ses lèvres ont un gout salé bien différent des saveurs fruitées auxquelles elle m'avait habitué.
Lorsque je la regarde à nouveau, les larmes ont fait place au beau sourire qui m'a toujours fait craquer. Mais il y a encore ce doute qui persiste dans son regard.
Ich liebe dich, Alicia.
Ces mots sortent de ma bouche avec une telle délicatesse dont je suis le premier surpris. Je ne reconnais pas ma propre voix. C'est la voix du c½ur, une voix que jusqu'à présent je m'étais toujours refusé d'écouter.
Réveil catastrophe. Saki fait irruption dans ma chambre et allume la lumière sans ménagement. Je me réveille en sursaut, croyant avoir droit à la visite d'une fan en furie. Tout est brouillé dans ma tête. Heureusement, je reconnais vaguement la silhouette imposante de Saki et évite ainsi de l'assommer avec la bouteille d'eau que j'étais sur le point de lui lancer à la tête. Mes neurones sont encore hors service et je peine à comprendre ce que Saki me dit. Je le vois bouger ses lèvres, mais je ne capte rien du reste. On dirait un poisson rouge dans son bocal qui ouvre et ferme la bouche en tournant en rond ; en l'occurrence, il tourne autour de mon lit. Je me retiens de rigoler, car je vois bien cet air très sérieux sur son visage qui m'indique que quelque chose ne va pas. La fatigue est plus forte que moi, je me laisse retomber sur l'oreiller. Saki vient alors me secouer, et voyant que je ne réagis pas, il me découvre. L'air conditionné me fait frissonner, j'entrouvre les yeux. Saki me secoue à nouveau. « Debout, debout ». D'accord Saki, j'ai compris. Je me lève et me dirige vers la fenêtre. J'ouvre les rideaux. Il fait à peine jour dehors. Est-ce vraiment l'heure de se lever ? Il doit y avoir erreur. Saki quitte ma chambre, mais au lieu de me préparer, je me repose sur le lit et me rendors.
Je n'ai pas le temps de rejoindre Morphée, qu'à nouveau Saki fait irruption dans ma chambre. Cette scène a une impression de déjà vu, à la seule différence que le petit poisson rouge a à présent décuplé sa taille et que je me retrouve face à face avec un requin blanc. Son impressionnante mâchoire est tellement proche de mon visage qu'il manque de peu de me manger le nez. « DEBOOOOOOUT !! On est en retard !!». J'hésite à lui demander s'il s'est lavé les dents ce matin. Son haleine a un relent de café et de vieux lait caillé. Agréable comme odeur au réveil, et a-jeune de surcroit. La puanteur me réveille d'un coup.
Saki : Allez, debout. On est en retard.
Bill : Pas de panique Saki, il n'est que ... 10h00 ?? Oh purée, c'est déjà 10h00 ?? L'avion est à quelle heure déjà ?
Saki : 10h55... à Nice.
Bill : Uuuh, c'est loin d'ici ?
Saki : On en a pour une bonne demi-heure au minimum. On ne va jamais y arriver. C'est mathématiquement impossible.
Bill : Impossible n'est pas Kaulitz. Le taxi est là ?
Saki : Oui, il nous attend.
Bill : Donne-moi 2 minutes que je m'habille et j'arrive.
Je saute hors du lit, et enfile le pantalon et T-shirt de la veille. Je mets mes chaussettes, mes chaussures et attrape mon blouson au passage. Ma foi tant pis pour la douche ce matin. Je passe devant le miroir : j'ai les cheveux en pagaille qui partent dans tous les sens. Pas le temps de me coiffer non plus. Vite une casquette et le tour est joué. Je suis fin prêt, allons-y, nous n'avons pas une minute à perdre.
Ce n'est qu'une fois dans le taxi que je réalise que j'ai laissé toutes mes affaires éparpillées dans la chambre, et que je n'ai rien à me mettre pour l'émission de ce soir si ce n'est ce que je porte actuellement. Dans ma hâte, j'ai tout de même réussi à coordonner mes habits ; je n'ai pas trop l'air débraillé. C'est déjà ca.
Par contre, qu'ai-je fait de mon téléphone portable ? Oh non ... merde ... il est reste sur la commode. Bon ben pas le choix : faudra aussi faire sans le portable.
Le taxi file à toute allure sur la route qui nous mène à l'aéroport de Nice. L'espace d'un instant, j'imagine Samy Naceri au volant de son bolide avec Saki et moi, scotchés par la vitesse sur la banquette arrière. Nous roulons si vite que les roues ne touchent plus le sol. Les autres voitures se poussent sur les cotés lors de notre passage. La route est à nous, elle nous appartient.
Une fois arrivés à l'aéroport, c'est le marathon. Saki et moi cherchons notre guichet, mais la panique et le stress nous voilent l'esprit. Nous passons au moins cinq fois devant notre guichet avant de le voir, enfin.
Il est 10h35. Le check-in est déjà fermé, selon les dires de l'hôtesse. Les passagers commencent déjà à embarquer. Nous sommes arrivés trop tard. Je tourne en rond tout en jurant tandis que Saki joue la carte de la séduction avec l'hôtesse. Il me fait bien marrer des fois, Saki. Quoi qu'il en soit, son petit manège semble avoir marché. Je me demande bien ce qu'il a pu lui raconter pour l'embobiner comme ca. Faudra que je le lui demande plus tard ; ca pourrait m'être utile dans d'autres situations.
L'hôtesse nous escorte à travers le contrôle de sécurité et nous fait passer devant des centaines de touristes et de business men qui se mettent à hurler d'indignation en nous voyant passer devant eux. Une fois le contrôle passé, l'hôtesse nous indique le couloir à suivre et nous somme de nous dépêcher. L'équipage nous attend, mais pas éternellement non plus. Saki et moi mettons la gomme et nous précipitons à la porte d'embarcation où un steward nous attend. On nous laisse à peine le temps d'avoir les pieds à bord que la porte se referme déjà derrière nous. Ouf ! Les passagers nous regardent comme tout un chacun regarderait celui qui retarde le départ de son vol, avec de petits yeux accusateurs. Nous regagnons nos sièges en catimini.
Les secrets de séduction de Saki attendront un autre jour. Je suis tellement crevé que je m'endors quasi instantanément, la tête appuyée sur le hublot. Lorsque je me réveille, nous sommes déjà en phase d'atterrissage. En fait, cela fait + de 30 minutes que nous survolons l'aéroport de Francfort dans l'attente de pouvoir atterrir. Le tarmac est tout blanc. La neige tombe assidument depuis presque une heure, rendant tout atterrissage dangereux. Nous finissions tout de même par obtenir l'autorisation d'atterrir. Heureusement, nous avons suffisamment de temps pour changer d'avion.
Afin d'avoir un peu de tranquillité pendant l'attente, nous restons dans un lounge spécial. Je suis sur le point de demander à Saki ses secrets de séduction, lorsqu'il ouvre grand les yeux, place ses mains sur son ventre, se lève et se précipite aux toilettes tout en professant des exclamations incompréhensibles.
Dix minutes plus tard, Saki n'est toujours pas ressorti. Je me dirige à mon tour dans les toilettes.
Moi : Saki !! T'es la ?
Saki : Bill, c'est toi ? Je suis ici, dernière cabine au fond... Ah non, ca va pas du tout. Je suis au bout du rouleau...
J'ai envie de lui crier « Bitte Spring nicht », quand je comprends qu'il me fait comprendre qu'il n'a plus de papier. Je choppe deux rouleaux dans la cabine d'à cote et les lui passe en-dessous de la porte.
Saki : Merci Bill ! Tu me sauves la vie.
Moi : Ca va aller ?
Saki : Je crois pas que je vais pouvoir t'accompagner à Wetten Dass ce soir. Je me sens vraiment pas bien.
Moi : Ecoute, on en discute dehors, si tu veux bien.
Saki : OK.
Je ressors de là en quatrième vitesse et prend une grande inspiration. Je ne sais pas ce que Saki a mangé hier soir, mais pour sur ca n'était pas frais. J'espère que je ne vais pas me retrouver dans le même état que lui.
Je retourne m'asseoir quand j'entends un drôle de bruit provenir de la poche de la veste de Saki. Dans la précipitation, il l'a laissée sur le fauteuil dans la salle d'attente. Je fouille ses poches et tombe sur son portable. Il y a un appel entrant, le numéro est caché. Ne sachant si Saki attend un appel urgent, je réponds à sa place.
La voix que j'entends à l'autre bout du fil me pétrifie sur place car je ne m'y attends pas du tout. C'est ma douce Alicia. Sa voix me réchauffe jusqu'aux entrailles. Comment ai-je fait pour ne pas la contacter ces deux dernières semaines ?
J'ai trop besoin de la voir, même si je sais que je ne devrais pas. Je lui propose de venir me rejoindre ce soir. Elle accepte. Me voila pris à mon propre piège...
Saki sort enfin des toilettes. Il est pale et chancelant. Vu son état, nous sommes tous les deux d'accord pour dire que je m'en sortirais mieux sans lui. Saki me donne tous les renseignements dont j'ai besoin (hotel, contact à Wetten Dass, vol de retour,..), je dois pouvoir tout gérer tout seul. Et puis d'ici peu Alicia sera là, donc aucun souci.
Etant parti sans mon portable, j'utilise vite une dernière fois celui de Saki afin d'appeler Tom et de le rassurer. Je pars donc seul pour Friedrichshafen tandis que Saki change sa réservation et rentre à la maison se soigner.
Je suis le planning que Saki m'a remis. Tout est chronométré à la minute prêt. Je reconnais bien là le super travail d'Alicia derrière tout ca. Y'as pas à dire, elle est douée dans ce qu'elle fait. Plus que quelques heures, et elle est là, avec moi ...
L'émission Wetten Dass se déroule sans encombre. Je suis toujours étonné par les paris fous des candidats. Mais où vont-ils trouver toutes ces idées ? Comment peut-on reconnaitre une personne par la manière dont il/elle se brosse les dents ?? Je trouve le pari irréalisable, mais comme je connais le principe de l'émission, je joue le jeu et je parie que la candidate va réussir son pari. Si je perds, je dois me séparer d'un de mes bijoux. Tant qu'on me laisse mes bijoux de famille ...
VIDEOS WETTEN DASS
http://www.youtube.com/watch?v=1OzsDrC_vpU
www.youtube.com/watch?v=h49gD6R4JfE
Une petite fête est organisée après l'émission, mais je ne m'y rends pas car je sais qu'Alicia m'attend dans ma chambre.
Dans le taxi qui me raccompagne à mon hôtel, je commence à avoir les maintes moites. En un mot, c'est le stress, le gros stress. Je la vois d'ici quelques minutes, et je ne suis toujours pas sur de la manière dont je veux lui annoncer la chose. Surtout, je ne suis pas sur de ce que je veux lui dire, tout court !!
Je stress encore davantage lorsque je réalise que je porte les mêmes vêtements que ce matin, que je n'ai pas pris de douche depuis hier et que je sens le chien mouillé. Qu'est-ce qu'elle va penser de moi en me voyant ainsi ? Tant que cela n'influence pas sa décision ...
Me voilà devant la porte de ma chambre. Je suis au summum du stress que je peux contenir. Je tourne la poignée, et rentre. Alicia est là, emmitouflée dans un peignoir. Elle vient de sortir de la douche et ses longs cheveux ondulent sur ses épaules. Elle est divinement belle. Je la déshabille du regard et imagine ses courbes nues sous son peignoir. Je m'approche d'elle et la prends dans mes bras. Elle sent bon le miel et l'amande. J'ai envie de la manger toute crue, de la croquer des pieds à la tête. Maintenant. Ici. Tout de suite.
Elle semble avoir lu dans mes pensées car elle me sourit d'un air coquin. Elle m'aide à me débarrasser de mon blouson. Je la remercie par un baiser sur les lèvres qui finit dans le cou. Elle courbe la tête en arrière et ferme les yeux. Je continue à l'embrasser dans le cou. Mes baisers se dirigent toujours plus bas, tandis que mes mains qui étaient originellement sur ses hanches, montent toujours plus haut et rejoignent mes baisers au niveau de sa poitrine.
Elle se couche sur le lit et m'invite à la rejoindre. Je ne me fais pas prier deux fois. A peine suis-je couché sur le lit qu'elle se positionne au-dessus de moi Elle a toujours son peignoir, mais je peux apercevoir une partie de son sein droit découvert ... Nos lèvres trouvent naturellement leur chemin et se rencontrent. Jamais je n'ai autant désiré une femme. Pourtant, je ne peux aller plus loin. Je m'écarte de son étreinte et la pousse sur le coté.
Je lis dans ses yeux qu'elle est successivement surprise, déçue, meurtrie ... Ma main se rapproche de la sienne, mais je n'ai pas le temps de l'atteindre. Elle se lève et se précipite dans la salle de bain. Je suis tout aussi prompt à me lever et je la suis, empêchant ainsi la porte de se refermer. Nous voilà tous les deux dans la salle de bain.
Dans sa course, son peignoir s'est ouvert. Mais c'est à peine si j'y prête attention. La seule chose que je vois sont ses yeux rougis par le sel des larmes qui maintenant entament une chute vertigineuse sur ses joues. Elle m'adresse alors les premières paroles de la soirée :
Alicia : Bill, je ne sais plus sur quel pied danser avec toi. Tu me veux, tu me chauffes, puis tu me repousses. On est ensemble, mais pas officiellement, et tu ne m'appelles pas une seule fois en deux semaines. Qu'attends-tu exactement de moi ?
Bill : Et toi, qu'attends-tu de moi ?
Alicia : Premièrement, arrêtes de me répondre constamment par une autre question. Y'a rien de plus énervant.
Bill : D'accord. Je suis désolé.
Alicia : Deuxièmement, arrêtes de t'excuser à tout bout de champ. Assumes !
Bill : Alors c'est ca que tu attends de moi ? Que j'assume ? Que je prenne mes responsabilités ?
Elle me répond oui de la tête et fond en larmes. Je me rapproche d'elle et tente de la prendre dans mes bras. Elle me repousse, mais finit par me laisser la toucher. Je prends son visage dans mes mains et effleure ses lèvres du bout des doigts. Son regard évite d'abord le mien, mais à force d'insistance, elle me regarde aussi fixement que moi. J'approche ma bouche de la sienne et l'embrasse. Ses lèvres ont un gout salé bien différent des saveurs fruitées auxquelles elle m'avait habitué.
Lorsque je la regarde à nouveau, les larmes ont fait place au beau sourire qui m'a toujours fait craquer. Mais il y a encore ce doute qui persiste dans son regard.
Ich liebe dich, Alicia.
Ces mots sortent de ma bouche avec une telle délicatesse dont je suis le premier surpris. Je ne reconnais pas ma propre voix. C'est la voix du c½ur, une voix que jusqu'à présent je m'étais toujours refusé d'écouter.


