Chapitre 25

Chapitre 25
Cannes ... Samedi 20 janvier 2007 ...

Réveil catastrophe. Saki fait irruption dans ma chambre et allume la lumière sans ménagement. Je me réveille en sursaut, croyant avoir droit à la visite d'une fan en furie. Tout est brouillé dans ma tête. Heureusement, je reconnais vaguement la silhouette imposante de Saki et évite ainsi de l'assommer avec la bouteille d'eau que j'étais sur le point de lui lancer à la tête. Mes neurones sont encore hors service et je peine à comprendre ce que Saki me dit. Je le vois bouger ses lèvres, mais je ne capte rien du reste. On dirait un poisson rouge dans son bocal qui ouvre et ferme la bouche en tournant en rond ; en l'occurrence, il tourne autour de mon lit. Je me retiens de rigoler, car je vois bien cet air très sérieux sur son visage qui m'indique que quelque chose ne va pas. La fatigue est plus forte que moi, je me laisse retomber sur l'oreiller. Saki vient alors me secouer, et voyant que je ne réagis pas, il me découvre. L'air conditionné me fait frissonner, j'entrouvre les yeux. Saki me secoue à nouveau. « Debout, debout ». D'accord Saki, j'ai compris. Je me lève et me dirige vers la fenêtre. J'ouvre les rideaux. Il fait à peine jour dehors. Est-ce vraiment l'heure de se lever ? Il doit y avoir erreur. Saki quitte ma chambre, mais au lieu de me préparer, je me repose sur le lit et me rendors.

Je n'ai pas le temps de rejoindre Morphée, qu'à nouveau Saki fait irruption dans ma chambre. Cette scène a une impression de déjà vu, à la seule différence que le petit poisson rouge a à présent décuplé sa taille et que je me retrouve face à face avec un requin blanc. Son impressionnante mâchoire est tellement proche de mon visage qu'il manque de peu de me manger le nez. « DEBOOOOOOUT !! On est en retard !!». J'hésite à lui demander s'il s'est lavé les dents ce matin. Son haleine a un relent de café et de vieux lait caillé. Agréable comme odeur au réveil, et a-jeune de surcroit. La puanteur me réveille d'un coup.

Saki : Allez, debout. On est en retard.
Bill : Pas de panique Saki, il n'est que ... 10h00 ?? Oh purée, c'est déjà 10h00 ?? L'avion est à quelle heure déjà ?
Saki : 10h55... à Nice.
Bill : Uuuh, c'est loin d'ici ?
Saki : On en a pour une bonne demi-heure au minimum. On ne va jamais y arriver. C'est mathématiquement impossible.
Bill : Impossible n'est pas Kaulitz. Le taxi est là ?
Saki : Oui, il nous attend.
Bill : Donne-moi 2 minutes que je m'habille et j'arrive.


Je saute hors du lit, et enfile le pantalon et T-shirt de la veille. Je mets mes chaussettes, mes chaussures et attrape mon blouson au passage. Ma foi tant pis pour la douche ce matin. Je passe devant le miroir : j'ai les cheveux en pagaille qui partent dans tous les sens. Pas le temps de me coiffer non plus. Vite une casquette et le tour est joué. Je suis fin prêt, allons-y, nous n'avons pas une minute à perdre.

Ce n'est qu'une fois dans le taxi que je réalise que j'ai laissé toutes mes affaires éparpillées dans la chambre, et que je n'ai rien à me mettre pour l'émission de ce soir si ce n'est ce que je porte actuellement. Dans ma hâte, j'ai tout de même réussi à coordonner mes habits ; je n'ai pas trop l'air débraillé. C'est déjà ca.
Par contre, qu'ai-je fait de mon téléphone portable ? Oh non ... merde ... il est reste sur la commode. Bon ben pas le choix : faudra aussi faire sans le portable.

Le taxi file à toute allure sur la route qui nous mène à l'aéroport de Nice. L'espace d'un instant, j'imagine Samy Naceri au volant de son bolide avec Saki et moi, scotchés par la vitesse sur la banquette arrière. Nous roulons si vite que les roues ne touchent plus le sol. Les autres voitures se poussent sur les cotés lors de notre passage. La route est à nous, elle nous appartient.

Une fois arrivés à l'aéroport, c'est le marathon. Saki et moi cherchons notre guichet, mais la panique et le stress nous voilent l'esprit. Nous passons au moins cinq fois devant notre guichet avant de le voir, enfin.
Il est 10h35. Le check-in est déjà fermé, selon les dires de l'hôtesse. Les passagers commencent déjà à embarquer. Nous sommes arrivés trop tard. Je tourne en rond tout en jurant tandis que Saki joue la carte de la séduction avec l'hôtesse. Il me fait bien marrer des fois, Saki. Quoi qu'il en soit, son petit manège semble avoir marché. Je me demande bien ce qu'il a pu lui raconter pour l'embobiner comme ca. Faudra que je le lui demande plus tard ; ca pourrait m'être utile dans d'autres situations.
L'hôtesse nous escorte à travers le contrôle de sécurité et nous fait passer devant des centaines de touristes et de business men qui se mettent à hurler d'indignation en nous voyant passer devant eux. Une fois le contrôle passé, l'hôtesse nous indique le couloir à suivre et nous somme de nous dépêcher. L'équipage nous attend, mais pas éternellement non plus. Saki et moi mettons la gomme et nous précipitons à la porte d'embarcation où un steward nous attend. On nous laisse à peine le temps d'avoir les pieds à bord que la porte se referme déjà derrière nous. Ouf ! Les passagers nous regardent comme tout un chacun regarderait celui qui retarde le départ de son vol, avec de petits yeux accusateurs. Nous regagnons nos sièges en catimini.

Les secrets de séduction de Saki attendront un autre jour. Je suis tellement crevé que je m'endors quasi instantanément, la tête appuyée sur le hublot. Lorsque je me réveille, nous sommes déjà en phase d'atterrissage. En fait, cela fait + de 30 minutes que nous survolons l'aéroport de Francfort dans l'attente de pouvoir atterrir. Le tarmac est tout blanc. La neige tombe assidument depuis presque une heure, rendant tout atterrissage dangereux. Nous finissions tout de même par obtenir l'autorisation d'atterrir. Heureusement, nous avons suffisamment de temps pour changer d'avion.

Afin d'avoir un peu de tranquillité pendant l'attente, nous restons dans un lounge spécial. Je suis sur le point de demander à Saki ses secrets de séduction, lorsqu'il ouvre grand les yeux, place ses mains sur son ventre, se lève et se précipite aux toilettes tout en professant des exclamations incompréhensibles.
Dix minutes plus tard, Saki n'est toujours pas ressorti. Je me dirige à mon tour dans les toilettes.

Moi : Saki !! T'es la ?
Saki : Bill, c'est toi ? Je suis ici, dernière cabine au fond... Ah non, ca va pas du tout. Je suis au bout du rouleau...


J'ai envie de lui crier « Bitte Spring nicht », quand je comprends qu'il me fait comprendre qu'il n'a plus de papier. Je choppe deux rouleaux dans la cabine d'à cote et les lui passe en-dessous de la porte.

Saki : Merci Bill ! Tu me sauves la vie.
Moi : Ca va aller ?
Saki : Je crois pas que je vais pouvoir t'accompagner à Wetten Dass ce soir. Je me sens vraiment pas bien.
Moi : Ecoute, on en discute dehors, si tu veux bien.
Saki : OK.


Je ressors de là en quatrième vitesse et prend une grande inspiration. Je ne sais pas ce que Saki a mangé hier soir, mais pour sur ca n'était pas frais. J'espère que je ne vais pas me retrouver dans le même état que lui.

Je retourne m'asseoir quand j'entends un drôle de bruit provenir de la poche de la veste de Saki. Dans la précipitation, il l'a laissée sur le fauteuil dans la salle d'attente. Je fouille ses poches et tombe sur son portable. Il y a un appel entrant, le numéro est caché. Ne sachant si Saki attend un appel urgent, je réponds à sa place.

La voix que j'entends à l'autre bout du fil me pétrifie sur place car je ne m'y attends pas du tout. C'est ma douce Alicia. Sa voix me réchauffe jusqu'aux entrailles. Comment ai-je fait pour ne pas la contacter ces deux dernières semaines ?
J'ai trop besoin de la voir, même si je sais que je ne devrais pas. Je lui propose de venir me rejoindre ce soir. Elle accepte. Me voila pris à mon propre piège...

Saki sort enfin des toilettes. Il est pale et chancelant. Vu son état, nous sommes tous les deux d'accord pour dire que je m'en sortirais mieux sans lui. Saki me donne tous les renseignements dont j'ai besoin (hotel, contact à Wetten Dass, vol de retour,..), je dois pouvoir tout gérer tout seul. Et puis d'ici peu Alicia sera là, donc aucun souci.
Etant parti sans mon portable, j'utilise vite une dernière fois celui de Saki afin d'appeler Tom et de le rassurer. Je pars donc seul pour Friedrichshafen tandis que Saki change sa réservation et rentre à la maison se soigner.

Je suis le planning que Saki m'a remis. Tout est chronométré à la minute prêt. Je reconnais bien là le super travail d'Alicia derrière tout ca. Y'as pas à dire, elle est douée dans ce qu'elle fait. Plus que quelques heures, et elle est là, avec moi ...

L'émission Wetten Dass se déroule sans encombre. Je suis toujours étonné par les paris fous des candidats. Mais où vont-ils trouver toutes ces idées ? Comment peut-on reconnaitre une personne par la manière dont il/elle se brosse les dents ?? Je trouve le pari irréalisable, mais comme je connais le principe de l'émission, je joue le jeu et je parie que la candidate va réussir son pari. Si je perds, je dois me séparer d'un de mes bijoux. Tant qu'on me laisse mes bijoux de famille ...



VIDEOS WETTEN DASS
http://www.youtube.com/watch?v=1OzsDrC_vpU
www.youtube.com/watch?v=h49gD6R4JfE

Une petite fête est organisée après l'émission, mais je ne m'y rends pas car je sais qu'Alicia m'attend dans ma chambre.
Dans le taxi qui me raccompagne à mon hôtel, je commence à avoir les maintes moites. En un mot, c'est le stress, le gros stress. Je la vois d'ici quelques minutes, et je ne suis toujours pas sur de la manière dont je veux lui annoncer la chose. Surtout, je ne suis pas sur de ce que je veux lui dire, tout court !!
Je stress encore davantage lorsque je réalise que je porte les mêmes vêtements que ce matin, que je n'ai pas pris de douche depuis hier et que je sens le chien mouillé. Qu'est-ce qu'elle va penser de moi en me voyant ainsi ? Tant que cela n'influence pas sa décision ...

Me voilà devant la porte de ma chambre. Je suis au summum du stress que je peux contenir. Je tourne la poignée, et rentre. Alicia est là, emmitouflée dans un peignoir. Elle vient de sortir de la douche et ses longs cheveux ondulent sur ses épaules. Elle est divinement belle. Je la déshabille du regard et imagine ses courbes nues sous son peignoir. Je m'approche d'elle et la prends dans mes bras. Elle sent bon le miel et l'amande. J'ai envie de la manger toute crue, de la croquer des pieds à la tête. Maintenant. Ici. Tout de suite.

Elle semble avoir lu dans mes pensées car elle me sourit d'un air coquin. Elle m'aide à me débarrasser de mon blouson. Je la remercie par un baiser sur les lèvres qui finit dans le cou. Elle courbe la tête en arrière et ferme les yeux. Je continue à l'embrasser dans le cou. Mes baisers se dirigent toujours plus bas, tandis que mes mains qui étaient originellement sur ses hanches, montent toujours plus haut et rejoignent mes baisers au niveau de sa poitrine.

Elle se couche sur le lit et m'invite à la rejoindre. Je ne me fais pas prier deux fois. A peine suis-je couché sur le lit qu'elle se positionne au-dessus de moi Elle a toujours son peignoir, mais je peux apercevoir une partie de son sein droit découvert ... Nos lèvres trouvent naturellement leur chemin et se rencontrent. Jamais je n'ai autant désiré une femme. Pourtant, je ne peux aller plus loin. Je m'écarte de son étreinte et la pousse sur le coté.

Je lis dans ses yeux qu'elle est successivement surprise, déçue, meurtrie ... Ma main se rapproche de la sienne, mais je n'ai pas le temps de l'atteindre. Elle se lève et se précipite dans la salle de bain. Je suis tout aussi prompt à me lever et je la suis, empêchant ainsi la porte de se refermer. Nous voilà tous les deux dans la salle de bain.
Dans sa course, son peignoir s'est ouvert. Mais c'est à peine si j'y prête attention. La seule chose que je vois sont ses yeux rougis par le sel des larmes qui maintenant entament une chute vertigineuse sur ses joues. Elle m'adresse alors les premières paroles de la soirée :

Alicia : Bill, je ne sais plus sur quel pied danser avec toi. Tu me veux, tu me chauffes, puis tu me repousses. On est ensemble, mais pas officiellement, et tu ne m'appelles pas une seule fois en deux semaines. Qu'attends-tu exactement de moi ?
Bill : Et toi, qu'attends-tu de moi ?
Alicia : Premièrement, arrêtes de me répondre constamment par une autre question. Y'a rien de plus énervant.
Bill : D'accord. Je suis désolé.
Alicia : Deuxièmement, arrêtes de t'excuser à tout bout de champ. Assumes !
Bill : Alors c'est ca que tu attends de moi ? Que j'assume ? Que je prenne mes responsabilités ?


Elle me répond oui de la tête et fond en larmes. Je me rapproche d'elle et tente de la prendre dans mes bras. Elle me repousse, mais finit par me laisser la toucher. Je prends son visage dans mes mains et effleure ses lèvres du bout des doigts. Son regard évite d'abord le mien, mais à force d'insistance, elle me regarde aussi fixement que moi. J'approche ma bouche de la sienne et l'embrasse. Ses lèvres ont un gout salé bien différent des saveurs fruitées auxquelles elle m'avait habitué.

Lorsque je la regarde à nouveau, les larmes ont fait place au beau sourire qui m'a toujours fait craquer. Mais il y a encore ce doute qui persiste dans son regard.
Ich liebe dich, Alicia.
Ces mots sortent de ma bouche avec une telle délicatesse dont je suis le premier surpris. Je ne reconnais pas ma propre voix. C'est la voix du c½ur, une voix que jusqu'à présent je m'étais toujours refusé d'écouter.

# Posté le mardi 04 septembre 2007 05:35

Chapitre 24

Chapitre 24
Alicia : Tom, calme-toi !
Tom : Comment je pourrais me calmer ? Mon frère a disparu et tu me dis de me calmer ?!
Alicia : Tom ... écoute-moi !
Tom : Il y a encore toutes ses affaires dans sa chambre. Il est parti sans rien, il a tout laissé en plan. Il a même oublié son téléphone portable dans sa chambre, c'est pour dire ... C'est pas normal, pas normal du tout ...
Alicia : Toooooooom. Ferme-la et écoute-moi, veux-tu ?


Je m'en voulais d'être aussi sèche avec lui et d'utiliser un ton aussi rude, mais il ne m'en laissait pas le choix.

Alicia : Ton frère est en route pour l'Allemagne, pour Wetten Dass à Friedrichshafen. C'est prévu depuis une éternité. Je suis surprise que tu ne t'en souviennes pas. Saki ne vous a rien dit ? Il devait vous avertir, pas que vous vous fassiez du souci.
Tom : Quoi ? C'est quoi cette histoire ? Non, Saki ne nous a rien dit. D'ailleurs, je ne l'ai pas vu depuis hier soirt, Saki, tiens.
Alicia : Il est avec Bill. Enfin, normalement. Ecoute, j'appelle Saki. Et toi, en attendant de mes nouvelles, tu te calmes, ok ?
Tom : Tu me rappelles vite, hein ?
Alicia : Promis, Tom !!


12h30 ... Selon l'horaire, Bill et Saki devaient être en ce moment même en escale à Francfort. Espérons que Saki ait gardé son portable ouvert... Une sonnerie ... Deux sonneries ...

Hallo !
Alicia : Saki, c'est Alicia. Je viens d'avoir Tom au téléphone. Il est paniqué. Le pauvre croit que Bill a disparu.


Silence au bout du fil... Peut-être un problème de réseau...

Alicia : Saki ??
Bill : Euh, c'est pas Saki. C'est Bill. Saki est euh ... aux toilette depuis plus de quinze minute. Je crois qu'il est pas bien ... Tant qu'il nous fait pas une grossesse nerveuse ...


A la voix de Bill, je sens des vapeurs monter en moi. Voila deux semaines que j'attends d'entendre sa voix, et maintenant que je l'ai enfin au bout de la ligne, je reste sans voix. Je ne m'étais pas attendue à ce scenario-là. Et son humour est à nouveau tellement déplacé, je ne sais comment l'interpréter. Je reprends mes esprits.

Alicia : Ah... j'espère que ca va aller.
Bill : C'est quoi le problème avec Tom ?
Alicia : Saki a oublié de les avertir que tu partais pour Wetten Dass, et du coup, ils se sont imaginés les pires choses. Enfin surtout ton frère.
Bill : C'est vrai ? Ils ont vraiment cru que j'avais disparu, comme ca, comme par magie ?
Alicia : Ben disons qu'il y a de quoi. Tu as laissé toutes tes affaires dans ta chambre.
Bill : Oui, je sais. On a eu un petit problème de réveil, ce matin. Du coup, on a du partir en catastrophe pour l'aéroport et je n'ai pas eu le temps de m'occuper de mes bagages.
Alicia : Je vois. Je m'arrangerai avec Toby pour qu'il s'occupe de tout récupérer.
Bill : Merci Alicia.
Alicia : Et ca serait bien si tu pouvais appeler ton frère, histoire de le rassurer.


Dans ma tête, je m'entends lui dire « Et appelle-moi aussi de temps en temps, histoire de me rassurer que nous sommes toujours ensembles et que je n'ai pas imaginé ce qui est arrivé au réveillon », mais fort heureusement, je n'en fais rien.

Bill : Alicia... tu es toujours là ?
Alicia : Oui.
Bill : J'imagine que tu dois te poser beaucoup de questions. Je veux dire, je suis conscient que cela fait deux semaines que je t'ai laissée en plan, sans nouvelles... Alicia, j'ai besoin de te parler, seul à seul, mais je ne peux pas le faire par téléphone.


Je ne sais quoi lui répondre. Bon, oui, en fait je sais quoi lui dire, mais moi non plus je ne peux pas le faire par téléphone. J'avais déjà envisagé d'aller le rejoindre à Friedrichshafen s'il m'appelait, car je savais que c'était une occasion de le voir seul, les autres étant encore à Cannes. Je sais donc très bien que mon vol est à 14h50 ... pour autant qu'il y ait encore de la place et que j'arrive à temps à l'aéroport. J'ai tout juste deux heures devant moi, cela devrait me suffire.

Alicia : Tu me demandes de venir te rejoindre ce soir, c'est ca ?
Bill : C'est exactement ca.
Alicia : Mon vol arrive à 21 heures. Je t'attendrai à l'hôtel directement.
Bill : Parfait !


Et sur ce, il raccroche sans même me dire au revoir. Ce garçon au regard ardent peut être d'une telle froideur parfois ... ca m'en donne froid dans le dos. Je commence d'ailleurs à douter. Dois-je vraiment y aller ? Qu'a-t-il de si important à me dire ? J'ai un mauvais pressentiment...

# Posté le jeudi 30 août 2007 05:25

Modifié le mardi 04 septembre 2007 05:51

Chapitre 23

Chapitre 23
La fin de soirée du réveillon s'est terminée aussi bien qu'elle avait commencé. Apres avoir refait le monde, et au passage sifflé plusieurs bouteilles de champagne, chacun s'est trouvé un petit coin pour y dormir quelques heures avant de reprendre la route. Couverture et sacs de couchage jonchaient le sol du salon, on se serait cru en colonie de vacances.

Je ne m'étais même pas posé la question de savoir où je dormirais. Pour moi, il était évident que je dormirais dans mon lit, dans la chambre d'ami qui m'était réservée. Le lit était suffisamment grand pour deux, je partagerai ma couche avec Eva ; ce ne serait ni la première ni la dernière fois.
Mais Bill me fit bien vite comprendre qu'il n'en serait pas ainsi. Avant même que je ne m'introduise dans ma chambre, il me prit par la main et m'attira dans la sienne. J'étais à la fois heureuse, surprise ... mais surtout paniquée. Toutefois, je laissai Bill mener la danse. J'étais trop paralysée pour pouvoir réagir.

Il commença alors à se déshabiller, enlevant tout d'abord son pantalon qu'il plia précautionneusement sur une chaise à cote de son lit. Il en fit de même avec ses chaussettes. Il ne semblait pas gêné le moins du monde.
Je n'avais toujours pas bougé. J'étais debout, au milieu de la pièce, raide comme un piquet, lui tournant le dos. Je sentis alors ses mains sur mes épaules et son souffle dans ma nuque.

Bill : Tu ne comptes quand même pas dormir toute habillée, non ? Mets-toi seulement a l'aise.
Moi : Euh, c'est-a-dire que ... faut que j'aille chercher mon pyjama dans ma chambre.
Bill : Si tu sors d'ici, je sens que tu ne reviendras pas. Je vais plutôt te prêter un vieux t-shirt... Tiens, celui-là fera très bien l'affaire.


Il me tendit un vieux t-shirt quelconque tandis qu'il disparut entre les draps. Inutile de dire que j'étais tétanisée. J'hésitais entre sortir de sa chambre en courant et le rejoindre d'un bond dans le lit. Qu'attendait-il au juste de moi ? Que je m'exécute sans broncher, ou que je lui tienne tête ? Devais-je résister à toute tentative, ou suivre mes envies ?
Je le voyais qui s'impatientait dans le lit. Je cherchais alors une tactique pour me déshabiller et enfiler ce t-shirt sans que Bill ne puisse trop apercevoir mon corps dénudé. Je commençai par lui tourner le dos et échangeai mon propre t-shirt avec celui qu'il venait de me donner. Puis, en deux temps trois mouvement, je fis glisser mon pantalon sur mes pieds, le posa rapidos sur la chaise, et sauta à mon tour sous les draps. Il avait pu tout au plus voir en vitesse la couleur de ma culotte, mais rien de plus.

Bill : Tu dors avec tes chaussettes et ton soutif, toi ? Tiens... Intéressant... et surtout, qu'est-ce que c'est sexy, le contact des chaussettes en laine contre ma peau ... Super excitant, y'a pas à dire...C'est un mode de séduction made in Switzerland ?

Je me sentis rougir comme jamais auparavant. Bill, qui avait visiblement compris mon embarras, enchaina :

Bill : Euh, je ne voulais pas te vexer. C'est de l'humour ... mon humour. Je reconnais qu'il n'est pas de circonstance, désolé. Je dois être tout aussi, voir même plus stressé que toi, tu vois. Et du coup, je dis n'importe quoi pour détendre un peu l'atmosphère... Donc euh ... Si tu te sens plus à l'aise avec, alors garde-les.

Il me prit ensuite dans ses bras et m'embrassa tendrement. Je répondis à son baiser tandis que d'une main je tentai d'enlever mes chaussettes. Je décidai cependant de garder mon soutien-gorge. Bill ne me fit aucune remarque à ce sujet.

Plus ses baisers devenaient insistants et langoureux, plus je sentais en moi un ardent désir se réveiller. Désir que je sentais à présent partagé. Doucement, j'écartais les jambes et le laissa m'étreindre encore davantage. Oui, il me désirait aussi ardemment que je le désirais. Et il n'avait pas besoin de mots pour me le faire comprendre. Le langage de nos corps était bien plus loquace que nous ne l'étions.

Alors que je refermais fermement mes jambes autour des siennes, il détacha ses lèvres des miennes et me donna un dernier baiser avant de se mettre sur le coté. Il entoura mes jambes des siennes. Je sentais toujours sa virilité dans toute sa splendeur dans mon dos.

Bill : Alicia ... j'espère que tu ne m'en veux pas si on s'arrête là pour ce soir. J'ai très envie de toi, il n'y a aucun doute là-dessus, mais je ne me sens pas prêt à franchir ce cap maintenant avec toi. Je veux que l'on prenne notre temps. J'espère que tu peux comprendre ...

Je me retournai et le fixai jusqu'au plus profond de son âme. En guise de réponse, je lui donnai un ultime baiser pour la nuit avant de m'endormir au creux de ses bras.

A mon réveil, c'est lui que je trouvai la tête posée sur ma poitrine. J'imagine que nous avons du bouger pendant la nuit et que nous nous sommes tout naturellement retrouvés dans cette position. Ce qui n'était pas pour me déplaire. J'avais ainsi tout le loisir de le voir dormir, mon petit prince ...

Nous quittâmes tous Loitsche dans l'après-midi, moi inclus. Bien avant que tout ceci n'arrive, j'avais invité Eva à venir passer quelques jours à Hamburg, histoire de se retrouver un peu entre fille. Je sais qu'Eva aurait très bien compris si j'étais restée avec Bill, mais il ne m'est même pas venu à l'idée de le lui demander. Je lui avais promis de passer du temps avec elle, et une promesse est une promesse pour moi.

Les adieux avec Bill furent déchirants, autant pour lui que pour moi, je crois. Nous n'étions ensemble que depuis peu, pourtant il nous fut très difficile de nous séparer. Nous savions tous les deux que nous ne revivrions plus jamais de tels moments ensemble. Il nous faudrait être désormais prudents et discrets. Le seul endroit où nous pourrions afficher notre relation serait à l' avenir une chambre d'hôtel. Sur tous les autres fronts, il nous faudrait montrer profil bas. D'ailleurs, nous étions tous les deux surpris mais heureux de ne voir aucune fan devant la maison pendant toute la durée de mon séjour a Loitsche. C'était inhabituel, selon Bill.

Mes quelques journées avec Eva passèrent à une vitesse éclair. Je lui fis découvrir un peu la ville, et surtout les rues commerçantes. Nous profitâmes des soldes d'après Noel et dévalisèrent plus d'une boutique. Nous primes aussi du bon temps au théâtre au cinéma. Mais malgré cela, je ne cessais de penser à Bill. Diable, qu'il me manque !

Une fois Eva partie, je me sentis bien seule dans ce grand appartement. Les garçons avaient encore un peu de vacances avant les prochaines dates de promotion. Bien que je mourrais d'envie de passer mes journées de libre avec Bill, je lui recommandais fortement de rester à Loitsche et de profiter de sa famille ainsi que de ses amis. Rares étaient les occasions où il pouvait les voir, tandis que moi, il me voyait presque tout le temps en tournée.

L'absence physique est certes difficile à gérer, mais reste gérable dans le sens où je m'attendais à l'avoir au téléphone quotidiennement. Mais au lieu de ca, rien, le néant ... aucune nouvelle pendant deux semaines. Je ne sais pas si je dois m'en inquiéter ou pas. Je connais Bill sous plusieurs facettes, mais Bill amoureux n'en fait pas encore partie.

Je réalise que j'ai encore tant à découvrir de lui. Il est toujours si discret, si distant. Tout une vie ne me sera jamais suffisante pour tout découvrir de lui, à moins qu'il ne s'ouvre entièrement, ce qu'il ne semble pas faire très facilement, malgré les apparences. Je me demande combien de temps il lui faudra... Je ne suis surement pas au bout de mes surprises.

Depuis deux semaines, je passe des heures entières, le téléphone en main, prête à l'appeler. Je sélectionne son numéro dans mon téléphone portable, mais je ne trouve pas la force de confirmer l'appel. De quoi ai-je peur exactement ? Je n'en sais fichtrement rien.

Les garçons sont en ce moment-même à Cannes, pour les NRJ Awards. Je ne suis pas partie avec eux car j'ai encore une multitude de choses à terminer pour la tournée qui commence dans moins de deux mois à présent. Et puis, je sais que Saki peut très bien s'occuper d'eux sans moi. Je lui fais entièrement confiance.
Cela me brise le c½ur de ne pas être là-bas avec eux, car cela repousse encore et encore ma prochaine rencontre avec Bill. Mais ainsi va la vie ...

Si seulement il pouvait m'appeler ...

Tiens ... J'ai un appel. C'est son numéro qui s'affiche. Oh mon Dieu, enfin ! Je réponds en quatrième vitesse, le c½ur battant la chamade, sur le point d'exploser.

Alicia ? C'est Tom.

Mon excitation redescend en flèche. Ce n'est pas du tout la voix à laquelle je m'étais préparée. En plus, je perçois comme une certaine panique dans la voix de Tom.

Tom : Alicia, on a un SERIEUX problème... Bill a disparu ...

# Posté le mardi 28 août 2007 08:27

CHAPITRE 22

CHAPITRE 22
Au plus grand bonheur d'Alicia et de Bill, leur arrivée main dans la main ne provoqua ni la catastrophe ni l'interrogation auxquelles ils s'étaient tous deux attendus. Les questions viendraient, ils en étaient certains. Mais pour l'heure, l'attention de chacun était portée sur le cadran de la grande horloge du salon : il était bientôt minuit.

Tom : Et bien on peut dire que vous arrivez à pic tous les deux. J'ai bien cru qu'on allait devoir sabrer le champagne sans vous. Je ne vous demanderai pas ce que vous faisiez tous seuls là-haut tous les deux ... quoique si ... allez, donnez-nous des détails !!!
Gustav + Georg + Eva : Toooooooom !
Tom : Bon d'accord, j'ai compris, je me tais ... Hey, je plaisantais, hein !!!!


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Tous : Bonne année !!

Le champagne coula à flots. Chacun se servit d'une coupe et s'échangea v½ux de bonheur et de santé.
L'année à venir promettait d'être riche en émotions. Tout d'abord, la sortie d'un nouveau single, suivi d'un nouvel album et d'une tournée qui les emmènerait non seulement en Allemagne, Autriche et Suisse, mais également dans certains pays de l'Est et en France. Toutes les dates n'étaient pas encore confirmées à ce jour, et d'expérience ils savaient qu'un agenda pouvait changer à tout moment. Mais ils étaient fous d'impatience à l'idée de remplir des salles de plus en plus grandes à travers le pays et même au-delà de leurs frontières.
Ils savaient également que 2007 serait l'année de la conquête de l'Europe. Universal leur préparait un plan promotionnel des plus étonnants. Ils n'avaient aucune idée de ce qui les attendait, et peut-être en était-il mieux ainsi.

Tout naturellement, des petits clans se formèrent à nouveau dans chaque coin du salon. Gustav et Georg, dont la curiosité commençait à montrer surface, restèrent auprès de Bill et Alicia. Ils avaient hâte d'entendre quel événement avait bien pu les rapprocher autant. Il avait forcément du se passer quelque chose. Bill et Alicia ne semblaient pas aussi proches que ca lorsque Gustav et Georg les avaient quittés deux semaines auparavant. A moins qu'ils aient sacrément bien caché leur jeu...
Ils n'étaient pas les seuls à vouloir connaitre toute l'histoire. Un immense cercle entourait les nouveaux amoureux à présent. Ce n'était pas plus mal, ils n'auraient pas à répéter l'histoire, tout le monde pourrait en profiter en même temps.
Chacun fit la promesse solennelle que ce qu'ils verraient et entendraient ce soir-la resterait secret jusqu'à ce que Bill décide de rendre la nouvelle officielle. Alicia, elle-même, était d'accord avec le principe que c'était à Bill de décider du moment. Il avait beaucoup plus à perdre qu'elle.

Tout notre petit groupe était tellement occupé à littéralement boire les paroles de Bill que personne ne remarqua l'absence de Tom. Personne, sauf Eva. Elle l'avait bien vu s'éclipser en douce. Cela faisait plus de quinze minutes maintenant qu'il avait quitté le salon, et il n'était toujours pas revenu. Tom n'aurait manqué les explications de Bill pour rien au monde, bien qu'Eva se douta que Tom devait en savoir bien plus déjà qu'eux tous réunis. Son absence n'était pas normale. Cela en devenait inquiétant.

Eva quitta discrètement le salon et visita les différentes pièces de la maison à la recherche de Tom. Elle monta à l'étage, d'instinct. Rien dans les chambres. Elle essaya alors la salle de bain dont la porte était fermée. Elle toqua, mais n'obtint aucune réponse. Quand elle essaya d'ouvrir la porte, elle trouva celle-ci verrouillée, signe qu'il y avait bel et bien quelqu'un à l'intérieur.

Eva : Tom ? Tu es là ? Tout va bien ?
N'obtenant aucune réponse, elle continua.
Eva : Tom, réponds-moi ! Je sais très bien que tu es là-dedans, sinon comment expliques-tu que la porte est verrouillée ? Tom ?
Tom : Laisse-moi tranquille. Laissez-moi tous tranquille !!
Eva : Ouvre !! Je suis seule. Il n'y a personne avec moi, les autres sont tous en bas.
Tom : Je t'ai dit de me laisser tranquille. T'es sourde ou quoi ? Je veux voir personne.
Eva : Je ne partirai pas tant que tu ne m'auras pas ouvert cette porte. J'ai tout mon temps, tu sais, et je suis de nature très patiente. Alors c'est toi qui vois.
Tom : Redescends t'amuser avec les autres. Perds pas ton temps pour moi. J'en vaux pas la peine.
Eva : Arrête de faire ton Calimero et ouvre-moi cette fichue porte !!
Tom : Tu me promets que tu es seule et que Bill n'est pas derrière toi en train de faire mille gestes pour que j'ouvre ?
Eva : Je suis seule, je te le promets !

Le verrou de la porte tourna, et le porte s'ouvrit.
Eva : Ben voilà, tu vois, quand tu veux tu peux. Allez, viens maintenant.
Tom : Tu m'as dit d'ouvrir la porte, pas de venir avec toi.
Eva : Et bien je te le dis maintenant. Viens ! Allez, sors de là !
Tom : Je veux pas.
Eva : Bon, alors, si tu ne veux pas sortir, c'est moi qui rentre. T'es en tenue descente ?
Tom : Si je te dis que je suis tout nu, tu restes dehors, c'est ca ?
Eva : Bon ... tu ne me laisses pas le choix ... attention ... je rentre ...


Eva trouva Tom assis parterre, entre la baignoire et la cuvette des toilettes, recroquevillé sur lui-même, à regarder le sol. Son regard, quoi que caché partiellement pas ses cheveux, semblait comme figé ; il ne regarda même pas en direction d'Eva lorsqu'elle entra, il continua inlassablement à fixer le sol.
Eva s'agenouilla et se mit au niveau de Tom, en face de lui. Il releva la tête. Une larme coulait encore sur sa joue. Ses yeux étaient rougis. Il avait manifestement pleuré, mais ne semblait pas plus gêné que ca que Eva soit témoin d'une telle scène. Il ramena sa main sur son visage et s'essuya les yeux, tandis qu'il serrait le poing de l'autre et tapait par à-coups sur le carrelage. Eva posa sa main sur celle de Tom, espérant ainsi le calmer un peu.

Tom : Ca t'es déjà arrivé de te battre pour une cause que tu sais juste, alors qu'au fond de toi tu sais que cette cause va te détruire ? ... J'ai tout fait ... tout ... pour que ca marche entre eux. Ils étaient faits l'un pour l'autre, pour moi cela a toujours été comme une évidence. Je me disais que rien au monde ne pourrait me rendre plus heureux que de voir mon frère est ma meilleure amie ensemble ... Et maintenant, alors que je devrais être content pour eux, je me sens dévasté de l'intérieur ... vide ... seul ... si seul ...
Eva : Tom, tu n'es pas seul. Je suis là. On est tous là pour toi.
Tom : Tu ne peux pas comprendre. Je pers en même temps mon frère et Alicia. Je passais la moitié de mon temps avec Bill, et une bonne partie du reste avec Alicia. Comment vais-je faire maintenant sans eux ? Les choses ne seront plus jamais comme avant.
Eva : Ils vont peut-être désormais passer plus de temps tous les deux ensemble qu'avec toi, mais ils seront toujours disponibles pour toi quand tu auras besoin d'eux. Les liens que tu as avec l'un comme avec l'autre ne changeront jamais, et c'est ce qui est le plus important. Et arrête de dire que tu les perds. C'est pas comme si ils partaient vivre à l'autre bout de la planète sans toi. Vous vous préparez à partir en tournée tous ensemble. Tu les verras tous les jours. J'aimerais bien pouvoir en dire autant.
Tom : Tu n'as qu'à venir en tournée avec nous !! La porte t'est toujours ouverte.
Eva : Merci Tom. Cela me va droit au c½ur. J'y songerai.
Tom : Eva ...ce que je viens de te dire... ca reste entre nous, hein ? Je ne veux pas gâcher le bonheur de mon frère avec mes états d'âme. Promets-moi de ne pas lui en parler. Ni à Alicia d'ailleurs.
Eva : Je ne leur en parlerai pas, promis. Mais d'après moi, Bill sentira bien qu'il y a quelque chose.
Tom : Il y a des chances, oui. On a jamais rien pu se cacher. C'est ca d'avoir un jumeau.
(sourire)
Eva : Ah, enfin un soupçon de sourire. Allez, passe-toi le visage sous l'eau, refais-toi une petite beauté et rejoins-nous en bas. La fête n'est pas pareille sans toi.
Tom : Eva... Merci !!


Eva déposa un baiser amical sur le front de Tom, se releva, et quitta la salle de bain.

Tom se leva à son tour et s'observa dans le miroir. Ou était donc passé le Tom macho et viril pour lequel il se faisait toujours passer ? Celui qu'il voyait dans le miroir ne pouvait être lui. Je est un autre, jamais cette phrase ne lui avait si bien collé à la peau.
Il se surprenait également lui-même d'avoir réussi à être aussi convaincant avec Eva. Il détestait mentir, mais il n'avait pas eu le choix.

Il était sur le point de quitter la salle de bain, lorsque soudain il eut un flash. Il lui restait une dernière chose à faire. Il revint vers le lavabo, fit couler de l'eau chaude et attendit que le miroir se couvre de buée. Il prit un chiffon, et énergiquement effaça le A entouré d'un c½ur qu'il avait inscrit de sa main sur le miroir plus tôt dans la matinée. Jamais ils ne devraient savoir ...

# Posté le jeudi 16 août 2007 08:14

Chapitre 21

Chapitre 21
Je fais partie de ces personnes qui généralement affichent leur succès avec fierté. Pourtant, ce soir-la, je savoure amèrement ma victoire.
De voir Bill quitter le salon si précipitamment me confond en culpabilité. Je sais qu'il est très mauvais perdant, j'aurais du le laisser gagner. Mais en même temps, ce n'est pas de ma faute s'il a déclaré forfait. Il aurait très bien pu décider de se battre jusqu'au bout. Mais non, au lieu de ce cela, il a choisi la solution de facilité.
Fuit-il toujours ainsi devant chaque obstacle ? Cela ne lui ressemble pas. Je ne comprends pas sa réaction. Lui qui parfois fait preuve de tant de maturité, voilà qu'il se comporte comme un vrai gamin. Ce qu'il peut m'exaspérer quand il agit de la sorte.

Dix minutes passent avant que Bill ne réapparaisse. Je ne sais pas ce que Tom a bien pu lui raconter. En tout cas, il semble calmé, ce qui est le principal.

Il s'approche de moi. Il veut me parler seul à seul. Je me prépare à me faire passer un savon comme seul Mr. Bill Kaulitz sait le faire. Je l'ai vu à l'action à l'occasion, se défouler les nerfs sur le pauvre Saki. Et je peux vous assurer que ce n'est pas des plus plaisants. Je l'entends déjà me dire que je suis chez lui, que c'est son jeu et que c'était à lui de gagner. Je m'imagine mille et une choses. En fait, je m'imagine tant de mauvaises choses que je ne me rends pas compte qu'il me tient la main tandis que je le suis dans les escaliers. Derrière moi, je vois Eva, qui me fait un signe de la main, sourire aux lèvres.

La porte se referme. Je réalise alors que je suis dans la chambre de Bill, seule, avec lui. Je m'assieds sur le lit. Il se met à ma gauche, et me regarde intensément. Je sens ses yeux perçants transpercer mon âme. Un long et interminable silence s'en suit. J'ai envie de parler, mais ma gorge est nouée. Mes yeux se promènent le long des quatre murs de la chambre tandis que Bill continue inlassablement à me regarder. Il a très bien remarqué que j'évite de le regarder, et c'est d'ailleurs pour cela qu'il me fixe. Je sais qu'il attend que mon regard croise le sien avant de pouvoir enfin parler. Je finis par capituler et le regarde droit dans les yeux. Ses prunelles scintillent tellement que j'y vois mon reflet.
C'est avec une petite voix douce et chaleureuse qu'il décide enfin de briser le silence.

Bill : Alicia, je voulais te dire ... depuis l'autre jour, dans la foret ... j'ai l'impression que tu m'évites. Et je voulais savoir quelle en était la raison. Y'a-t-il quoi que ce soit que j'aie mal fait ? Qui t'aie blessée d'une manière ou d'une autre ?
Alicia : Tu as vraiment eu l'impression que je t'évitais ?
Bill : Pas qu'une impression. On ne s'est presque rien dit du tout depuis.


Sur ce point-la, c'est vrai, il n'a pas tort. Nous nous sommes à peine échangés quelques paroles depuis notre retour de notre escapade bucolique. Peut-être par peur de ne pas savoir quoi se dire, comment le dire. Il n'empêche, je suis à présent rassurée. Il semble être aussi perdu que moi.

Alicia : Bill ... Tu n'as rien fait de mal, si ca peut te rassurer. Au contraire. Ce qui s'est passé dans la foret, nous l'avons voulu tous les deux. Il n'y a aucun doute là-dessus. C'est juste que ca s'est passé si vite ... J'ai encore de la peine à réaliser.
Bill : Moi aussi, pour tout t'avouer. Et crois-moi, je ne l'avais pas prévu ainsi. Enfin, je veux dire ... C'est arrivé comme ca ... Non, c'est pas ce que je voulais dire ... Raaah ... Je ne trouve pas mes mots...
Alicia : Je vois très bien ce que tu veux dire. Moi non plus je n'avais pas prévu de tomber pour que tu viennes à ma rescousse. C'est un coup du destin. Voilà comme je le vois. Un signe.
Bill : Un signe, oui, c'est exactement ca, un signe. Pour moi, ca a été la bête à bon dieu, dans tes cheveux. Il n'y en a pas normalement en cette saison. Elles ne supportent pas le froid. Alors quelle surprise d'en trouver une en plein hiver, et de surcroit dans tes cheveux. Une bien drôle de coïncidence. Et puis j'ai eu cette voix, dans ma tête, qui me disait de t'embrasser, que c'était le moment ou jamais. Que cette coccinelle était un signe de bon augure. Et je me suis donc lancé, tout en sachant que j'avais de fortes chances de me faire repousser.
Alicia : C'est ce à quoi tu t'attendais ? Que je te repousse ?
Bill : Paradoxalement oui. Je brulais d'envie de t'embrasser tout en m'attendant à un véritable râteau. Mais je me disais que si je ne le faisais pas maintenant, je le regretterais peut-être toute ma vie. Tu sais, à force de se construire une muraille autour de nous et de vouloir se protéger outre-mesure, on peut passer à coté du bonheur sans même s'en rendre compte. Mon travail et mon statut font que je suis devenu hyper méfiant de tout et de tout le monde. Comme tu l'auras remarqué, je ne m'ouvre pas facilement. Il me faut du temps avant de me dévoiler entièrement. Mais avec toi ... j'ai senti que je pouvais te faire confiance. Je ne te l'ai peut-être jamais vraiment montré. En fait, il n'y a pas de peut-être ; je ne t'ai jamais montré à quel point je t'apprécie. A part l'autre jour...


Il relève la tête et me regarde comme seul un amoureux peut vous regarder. Je lui prends la main et lui caresse doucement la paume, je le mets en confiance. Le contact de ma peau sur la sienne me donne la chair de poule.

Bill : Qui l'eut cru... toi et moi ... Je t'aurais plutôt imaginée avec mon frère, vous avez tellement de choses en commun.
Alicia : Moi aussi.

Bill hausse les sourcils en guise de surprise et d'interrogation.
Alicia : De vous quatre, c'est avec Tom que j'ai passé le plus de temps, et c'est probablement lui que je connais le plus. Nous avons effectivement pas mal de choses en commun. Mais il n'y a rien de plus entre nous. .. En tout cas, maintenant j'ai une chose, enfin, une personne, en plus en commun avec Tom : Toi !

J'ai à peine le temps de terminer ma phrase que je vois le visage de Bill se rapprocher du mien. Il me serre la main avec laquelle je lui caressais la paume tantôt, tandis que l'autre vient se mettre derrière ma nuque, sous mes cheveux. Doucement, il vient poser ses lèvres sur les miennes. Je ferme les yeux de plaisir et me laisse entrainer.

Je suis à présent couchée sur le lit. Bill est au-dessus de moi. Ses cheveux me chatouillent le visage, tandis que ses baisers atteignent maintenant le creux de mon cou. Je n'oppose aucune résistance. Je m'abandonne ... Je me sens si bien avec lui, en pleine confiance. L'espace de quelques minutes, j'oublie qui il est, où je suis. Plus rien n'a d'importance, si ce n'est lui et moi et cet instant.

Il finit par relever la tête dans ma direction. Je le regarde en lui souriant. Il roule sur le coté, se positionne derrière moi. Ses bras m'enlacent. Je joins mes mains aux siennes. J'entends sa respiration encore saccadée par notre étreinte de tout à l'heure.

Bill : Comment vois-tu notre relation évoluer ?
Alicia : J'avoue que pour l'instant, je n'y ai pas vraiment pensé. Tout est allé si vite. Mais une chose est sure, je voudrais que pour la suite, nous prenions notre temps.


Bill me retourne de manière à ce que je lui fasse face, et me presse tout contre lui. Il me donne un doux baiser sur le front.

Bill : Je n'aurais pas pu rêver mieux comme réponse.
Alicia : Et pour les autres ? Comment on va leur annoncer la chose ?
Bill : Tom sait déjà...
Alicia : Quoi ???
Bill : Il nous a vus dans la foret. Mais il ne dira rien si je lui dis de ne rien dire.
Alicia : Je n'ai rien à cacher aux autres.
Bill : Moi non plus.
Alicia : J'ai juste peur de la réaction de Universal. Ca risque de ne pas leur plaire. Et puis ta mère ...
Bill : Ma mère t'adore, elle n'en sera que deux fois plus contents pour nous deux. Et Universal, ils n'ont pas besoin de le savoir. Du moins, pas tout de suite. Il suffit d'être discret et tout se passera très bien. Dans tous les cas, je m'en charge. Je ne laisserai rien ni personne venir entre nous. Et surtout pas Universal.


J'aurais pu rester des heures comme ca, dans ses bras. Mais ca fait déjà au moins une demi-heure que nous sommes montés. Les questions doivent aller bon train en bas.

C'est main dans la main que nous redescendons ensembles les escaliers. Je vois Eva, elle me sourit. Georg et Gustav semblent un peu surpris mais sans plus. Se doutaient-ils de quelque chose ?
Quant à Tom, il nous regarde, les lèvres tout d'abord pincées avant d'arborer un sourire jusqu'aux oreilles. Mais ses yeux semblent habités par un tout autre sentiment ...

# Posté le mercredi 15 août 2007 06:27