Je fais partie de ces personnes qui généralement affichent leur succès avec fierté. Pourtant, ce soir-la, je savoure amèrement ma victoire.
De voir Bill quitter le salon si précipitamment me confond en culpabilité. Je sais qu'il est très mauvais perdant, j'aurais du le laisser gagner. Mais en même temps, ce n'est pas de ma faute s'il a déclaré forfait. Il aurait très bien pu décider de se battre jusqu'au bout. Mais non, au lieu de ce cela, il a choisi la solution de facilité.
Fuit-il toujours ainsi devant chaque obstacle ? Cela ne lui ressemble pas. Je ne comprends pas sa réaction. Lui qui parfois fait preuve de tant de maturité, voilà qu'il se comporte comme un vrai gamin. Ce qu'il peut m'exaspérer quand il agit de la sorte.
Dix minutes passent avant que Bill ne réapparaisse. Je ne sais pas ce que Tom a bien pu lui raconter. En tout cas, il semble calmé, ce qui est le principal.
Il s'approche de moi. Il veut me parler seul à seul. Je me prépare à me faire passer un savon comme seul Mr. Bill Kaulitz sait le faire. Je l'ai vu à l'action à l'occasion, se défouler les nerfs sur le pauvre Saki. Et je peux vous assurer que ce n'est pas des plus plaisants. Je l'entends déjà me dire que je suis chez lui, que c'est son jeu et que c'était à lui de gagner. Je m'imagine mille et une choses. En fait, je m'imagine tant de mauvaises choses que je ne me rends pas compte qu'il me tient la main tandis que je le suis dans les escaliers. Derrière moi, je vois Eva, qui me fait un signe de la main, sourire aux lèvres.
La porte se referme. Je réalise alors que je suis dans la chambre de Bill, seule, avec lui. Je m'assieds sur le lit. Il se met à ma gauche, et me regarde intensément. Je sens ses yeux perçants transpercer mon âme. Un long et interminable silence s'en suit. J'ai envie de parler, mais ma gorge est nouée. Mes yeux se promènent le long des quatre murs de la chambre tandis que Bill continue inlassablement à me regarder. Il a très bien remarqué que j'évite de le regarder, et c'est d'ailleurs pour cela qu'il me fixe. Je sais qu'il attend que mon regard croise le sien avant de pouvoir enfin parler. Je finis par capituler et le regarde droit dans les yeux. Ses prunelles scintillent tellement que j'y vois mon reflet.
C'est avec une petite voix douce et chaleureuse qu'il décide enfin de briser le silence.
Bill : Alicia, je voulais te dire ... depuis l'autre jour, dans la foret ... j'ai l'impression que tu m'évites. Et je voulais savoir quelle en était la raison. Y'a-t-il quoi que ce soit que j'aie mal fait ? Qui t'aie blessée d'une manière ou d'une autre ?
Alicia : Tu as vraiment eu l'impression que je t'évitais ?
Bill : Pas qu'une impression. On ne s'est presque rien dit du tout depuis.
Sur ce point-la, c'est vrai, il n'a pas tort. Nous nous sommes à peine échangés quelques paroles depuis notre retour de notre escapade bucolique. Peut-être par peur de ne pas savoir quoi se dire, comment le dire. Il n'empêche, je suis à présent rassurée. Il semble être aussi perdu que moi.
Alicia : Bill ... Tu n'as rien fait de mal, si ca peut te rassurer. Au contraire. Ce qui s'est passé dans la foret, nous l'avons voulu tous les deux. Il n'y a aucun doute là-dessus. C'est juste que ca s'est passé si vite ... J'ai encore de la peine à réaliser.
Bill : Moi aussi, pour tout t'avouer. Et crois-moi, je ne l'avais pas prévu ainsi. Enfin, je veux dire ... C'est arrivé comme ca ... Non, c'est pas ce que je voulais dire ... Raaah ... Je ne trouve pas mes mots...
Alicia : Je vois très bien ce que tu veux dire. Moi non plus je n'avais pas prévu de tomber pour que tu viennes à ma rescousse. C'est un coup du destin. Voilà comme je le vois. Un signe.
Bill : Un signe, oui, c'est exactement ca, un signe. Pour moi, ca a été la bête à bon dieu, dans tes cheveux. Il n'y en a pas normalement en cette saison. Elles ne supportent pas le froid. Alors quelle surprise d'en trouver une en plein hiver, et de surcroit dans tes cheveux. Une bien drôle de coïncidence. Et puis j'ai eu cette voix, dans ma tête, qui me disait de t'embrasser, que c'était le moment ou jamais. Que cette coccinelle était un signe de bon augure. Et je me suis donc lancé, tout en sachant que j'avais de fortes chances de me faire repousser.
Alicia : C'est ce à quoi tu t'attendais ? Que je te repousse ?
Bill : Paradoxalement oui. Je brulais d'envie de t'embrasser tout en m'attendant à un véritable râteau. Mais je me disais que si je ne le faisais pas maintenant, je le regretterais peut-être toute ma vie. Tu sais, à force de se construire une muraille autour de nous et de vouloir se protéger outre-mesure, on peut passer à coté du bonheur sans même s'en rendre compte. Mon travail et mon statut font que je suis devenu hyper méfiant de tout et de tout le monde. Comme tu l'auras remarqué, je ne m'ouvre pas facilement. Il me faut du temps avant de me dévoiler entièrement. Mais avec toi ... j'ai senti que je pouvais te faire confiance. Je ne te l'ai peut-être jamais vraiment montré. En fait, il n'y a pas de peut-être ; je ne t'ai jamais montré à quel point je t'apprécie. A part l'autre jour...
Il relève la tête et me regarde comme seul un amoureux peut vous regarder. Je lui prends la main et lui caresse doucement la paume, je le mets en confiance. Le contact de ma peau sur la sienne me donne la chair de poule.
Bill : Qui l'eut cru... toi et moi ... Je t'aurais plutôt imaginée avec mon frère, vous avez tellement de choses en commun.
Alicia : Moi aussi.
Bill hausse les sourcils en guise de surprise et d'interrogation.
Alicia : De vous quatre, c'est avec Tom que j'ai passé le plus de temps, et c'est probablement lui que je connais le plus. Nous avons effectivement pas mal de choses en commun. Mais il n'y a rien de plus entre nous. .. En tout cas, maintenant j'ai une chose, enfin, une personne, en plus en commun avec Tom : Toi !
J'ai à peine le temps de terminer ma phrase que je vois le visage de Bill se rapprocher du mien. Il me serre la main avec laquelle je lui caressais la paume tantôt, tandis que l'autre vient se mettre derrière ma nuque, sous mes cheveux. Doucement, il vient poser ses lèvres sur les miennes. Je ferme les yeux de plaisir et me laisse entrainer.
Je suis à présent couchée sur le lit. Bill est au-dessus de moi. Ses cheveux me chatouillent le visage, tandis que ses baisers atteignent maintenant le creux de mon cou. Je n'oppose aucune résistance. Je m'abandonne ... Je me sens si bien avec lui, en pleine confiance. L'espace de quelques minutes, j'oublie qui il est, où je suis. Plus rien n'a d'importance, si ce n'est lui et moi et cet instant.
Il finit par relever la tête dans ma direction. Je le regarde en lui souriant. Il roule sur le coté, se positionne derrière moi. Ses bras m'enlacent. Je joins mes mains aux siennes. J'entends sa respiration encore saccadée par notre étreinte de tout à l'heure.
Bill : Comment vois-tu notre relation évoluer ?
Alicia : J'avoue que pour l'instant, je n'y ai pas vraiment pensé. Tout est allé si vite. Mais une chose est sure, je voudrais que pour la suite, nous prenions notre temps.
Bill me retourne de manière à ce que je lui fasse face, et me presse tout contre lui. Il me donne un doux baiser sur le front.
Bill : Je n'aurais pas pu rêver mieux comme réponse.
Alicia : Et pour les autres ? Comment on va leur annoncer la chose ?
Bill : Tom sait déjà...
Alicia : Quoi ???
Bill : Il nous a vus dans la foret. Mais il ne dira rien si je lui dis de ne rien dire.
Alicia : Je n'ai rien à cacher aux autres.
Bill : Moi non plus.
Alicia : J'ai juste peur de la réaction de Universal. Ca risque de ne pas leur plaire. Et puis ta mère ...
Bill : Ma mère t'adore, elle n'en sera que deux fois plus contents pour nous deux. Et Universal, ils n'ont pas besoin de le savoir. Du moins, pas tout de suite. Il suffit d'être discret et tout se passera très bien. Dans tous les cas, je m'en charge. Je ne laisserai rien ni personne venir entre nous. Et surtout pas Universal.
J'aurais pu rester des heures comme ca, dans ses bras. Mais ca fait déjà au moins une demi-heure que nous sommes montés. Les questions doivent aller bon train en bas.
C'est main dans la main que nous redescendons ensembles les escaliers. Je vois Eva, elle me sourit. Georg et Gustav semblent un peu surpris mais sans plus. Se doutaient-ils de quelque chose ?
Quant à Tom, il nous regarde, les lèvres tout d'abord pincées avant d'arborer un sourire jusqu'aux oreilles. Mais ses yeux semblent habités par un tout autre sentiment ...
De voir Bill quitter le salon si précipitamment me confond en culpabilité. Je sais qu'il est très mauvais perdant, j'aurais du le laisser gagner. Mais en même temps, ce n'est pas de ma faute s'il a déclaré forfait. Il aurait très bien pu décider de se battre jusqu'au bout. Mais non, au lieu de ce cela, il a choisi la solution de facilité.
Fuit-il toujours ainsi devant chaque obstacle ? Cela ne lui ressemble pas. Je ne comprends pas sa réaction. Lui qui parfois fait preuve de tant de maturité, voilà qu'il se comporte comme un vrai gamin. Ce qu'il peut m'exaspérer quand il agit de la sorte.
Dix minutes passent avant que Bill ne réapparaisse. Je ne sais pas ce que Tom a bien pu lui raconter. En tout cas, il semble calmé, ce qui est le principal.
Il s'approche de moi. Il veut me parler seul à seul. Je me prépare à me faire passer un savon comme seul Mr. Bill Kaulitz sait le faire. Je l'ai vu à l'action à l'occasion, se défouler les nerfs sur le pauvre Saki. Et je peux vous assurer que ce n'est pas des plus plaisants. Je l'entends déjà me dire que je suis chez lui, que c'est son jeu et que c'était à lui de gagner. Je m'imagine mille et une choses. En fait, je m'imagine tant de mauvaises choses que je ne me rends pas compte qu'il me tient la main tandis que je le suis dans les escaliers. Derrière moi, je vois Eva, qui me fait un signe de la main, sourire aux lèvres.
La porte se referme. Je réalise alors que je suis dans la chambre de Bill, seule, avec lui. Je m'assieds sur le lit. Il se met à ma gauche, et me regarde intensément. Je sens ses yeux perçants transpercer mon âme. Un long et interminable silence s'en suit. J'ai envie de parler, mais ma gorge est nouée. Mes yeux se promènent le long des quatre murs de la chambre tandis que Bill continue inlassablement à me regarder. Il a très bien remarqué que j'évite de le regarder, et c'est d'ailleurs pour cela qu'il me fixe. Je sais qu'il attend que mon regard croise le sien avant de pouvoir enfin parler. Je finis par capituler et le regarde droit dans les yeux. Ses prunelles scintillent tellement que j'y vois mon reflet.
C'est avec une petite voix douce et chaleureuse qu'il décide enfin de briser le silence.
Bill : Alicia, je voulais te dire ... depuis l'autre jour, dans la foret ... j'ai l'impression que tu m'évites. Et je voulais savoir quelle en était la raison. Y'a-t-il quoi que ce soit que j'aie mal fait ? Qui t'aie blessée d'une manière ou d'une autre ?
Alicia : Tu as vraiment eu l'impression que je t'évitais ?
Bill : Pas qu'une impression. On ne s'est presque rien dit du tout depuis.
Sur ce point-la, c'est vrai, il n'a pas tort. Nous nous sommes à peine échangés quelques paroles depuis notre retour de notre escapade bucolique. Peut-être par peur de ne pas savoir quoi se dire, comment le dire. Il n'empêche, je suis à présent rassurée. Il semble être aussi perdu que moi.
Alicia : Bill ... Tu n'as rien fait de mal, si ca peut te rassurer. Au contraire. Ce qui s'est passé dans la foret, nous l'avons voulu tous les deux. Il n'y a aucun doute là-dessus. C'est juste que ca s'est passé si vite ... J'ai encore de la peine à réaliser.
Bill : Moi aussi, pour tout t'avouer. Et crois-moi, je ne l'avais pas prévu ainsi. Enfin, je veux dire ... C'est arrivé comme ca ... Non, c'est pas ce que je voulais dire ... Raaah ... Je ne trouve pas mes mots...
Alicia : Je vois très bien ce que tu veux dire. Moi non plus je n'avais pas prévu de tomber pour que tu viennes à ma rescousse. C'est un coup du destin. Voilà comme je le vois. Un signe.
Bill : Un signe, oui, c'est exactement ca, un signe. Pour moi, ca a été la bête à bon dieu, dans tes cheveux. Il n'y en a pas normalement en cette saison. Elles ne supportent pas le froid. Alors quelle surprise d'en trouver une en plein hiver, et de surcroit dans tes cheveux. Une bien drôle de coïncidence. Et puis j'ai eu cette voix, dans ma tête, qui me disait de t'embrasser, que c'était le moment ou jamais. Que cette coccinelle était un signe de bon augure. Et je me suis donc lancé, tout en sachant que j'avais de fortes chances de me faire repousser.
Alicia : C'est ce à quoi tu t'attendais ? Que je te repousse ?
Bill : Paradoxalement oui. Je brulais d'envie de t'embrasser tout en m'attendant à un véritable râteau. Mais je me disais que si je ne le faisais pas maintenant, je le regretterais peut-être toute ma vie. Tu sais, à force de se construire une muraille autour de nous et de vouloir se protéger outre-mesure, on peut passer à coté du bonheur sans même s'en rendre compte. Mon travail et mon statut font que je suis devenu hyper méfiant de tout et de tout le monde. Comme tu l'auras remarqué, je ne m'ouvre pas facilement. Il me faut du temps avant de me dévoiler entièrement. Mais avec toi ... j'ai senti que je pouvais te faire confiance. Je ne te l'ai peut-être jamais vraiment montré. En fait, il n'y a pas de peut-être ; je ne t'ai jamais montré à quel point je t'apprécie. A part l'autre jour...
Il relève la tête et me regarde comme seul un amoureux peut vous regarder. Je lui prends la main et lui caresse doucement la paume, je le mets en confiance. Le contact de ma peau sur la sienne me donne la chair de poule.
Bill : Qui l'eut cru... toi et moi ... Je t'aurais plutôt imaginée avec mon frère, vous avez tellement de choses en commun.
Alicia : Moi aussi.
Bill hausse les sourcils en guise de surprise et d'interrogation.
Alicia : De vous quatre, c'est avec Tom que j'ai passé le plus de temps, et c'est probablement lui que je connais le plus. Nous avons effectivement pas mal de choses en commun. Mais il n'y a rien de plus entre nous. .. En tout cas, maintenant j'ai une chose, enfin, une personne, en plus en commun avec Tom : Toi !
J'ai à peine le temps de terminer ma phrase que je vois le visage de Bill se rapprocher du mien. Il me serre la main avec laquelle je lui caressais la paume tantôt, tandis que l'autre vient se mettre derrière ma nuque, sous mes cheveux. Doucement, il vient poser ses lèvres sur les miennes. Je ferme les yeux de plaisir et me laisse entrainer.
Je suis à présent couchée sur le lit. Bill est au-dessus de moi. Ses cheveux me chatouillent le visage, tandis que ses baisers atteignent maintenant le creux de mon cou. Je n'oppose aucune résistance. Je m'abandonne ... Je me sens si bien avec lui, en pleine confiance. L'espace de quelques minutes, j'oublie qui il est, où je suis. Plus rien n'a d'importance, si ce n'est lui et moi et cet instant.
Il finit par relever la tête dans ma direction. Je le regarde en lui souriant. Il roule sur le coté, se positionne derrière moi. Ses bras m'enlacent. Je joins mes mains aux siennes. J'entends sa respiration encore saccadée par notre étreinte de tout à l'heure.
Bill : Comment vois-tu notre relation évoluer ?
Alicia : J'avoue que pour l'instant, je n'y ai pas vraiment pensé. Tout est allé si vite. Mais une chose est sure, je voudrais que pour la suite, nous prenions notre temps.
Bill me retourne de manière à ce que je lui fasse face, et me presse tout contre lui. Il me donne un doux baiser sur le front.
Bill : Je n'aurais pas pu rêver mieux comme réponse.
Alicia : Et pour les autres ? Comment on va leur annoncer la chose ?
Bill : Tom sait déjà...
Alicia : Quoi ???
Bill : Il nous a vus dans la foret. Mais il ne dira rien si je lui dis de ne rien dire.
Alicia : Je n'ai rien à cacher aux autres.
Bill : Moi non plus.
Alicia : J'ai juste peur de la réaction de Universal. Ca risque de ne pas leur plaire. Et puis ta mère ...
Bill : Ma mère t'adore, elle n'en sera que deux fois plus contents pour nous deux. Et Universal, ils n'ont pas besoin de le savoir. Du moins, pas tout de suite. Il suffit d'être discret et tout se passera très bien. Dans tous les cas, je m'en charge. Je ne laisserai rien ni personne venir entre nous. Et surtout pas Universal.
J'aurais pu rester des heures comme ca, dans ses bras. Mais ca fait déjà au moins une demi-heure que nous sommes montés. Les questions doivent aller bon train en bas.
C'est main dans la main que nous redescendons ensembles les escaliers. Je vois Eva, elle me sourit. Georg et Gustav semblent un peu surpris mais sans plus. Se doutaient-ils de quelque chose ?
Quant à Tom, il nous regarde, les lèvres tout d'abord pincées avant d'arborer un sourire jusqu'aux oreilles. Mais ses yeux semblent habités par un tout autre sentiment ...
