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CHAPITRE 22

CHAPITRE 22
Au plus grand bonheur d'Alicia et de Bill, leur arrivée main dans la main ne provoqua ni la catastrophe ni l'interrogation auxquelles ils s'étaient tous deux attendus. Les questions viendraient, ils en étaient certains. Mais pour l'heure, l'attention de chacun était portée sur le cadran de la grande horloge du salon : il était bientôt minuit.

Tom : Et bien on peut dire que vous arrivez à pic tous les deux. J'ai bien cru qu'on allait devoir sabrer le champagne sans vous. Je ne vous demanderai pas ce que vous faisiez tous seuls là-haut tous les deux ... quoique si ... allez, donnez-nous des détails !!!
Gustav + Georg + Eva : Toooooooom !
Tom : Bon d'accord, j'ai compris, je me tais ... Hey, je plaisantais, hein !!!!


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Tous : Bonne année !!

Le champagne coula à flots. Chacun se servit d'une coupe et s'échangea v½ux de bonheur et de santé.
L'année à venir promettait d'être riche en émotions. Tout d'abord, la sortie d'un nouveau single, suivi d'un nouvel album et d'une tournée qui les emmènerait non seulement en Allemagne, Autriche et Suisse, mais également dans certains pays de l'Est et en France. Toutes les dates n'étaient pas encore confirmées à ce jour, et d'expérience ils savaient qu'un agenda pouvait changer à tout moment. Mais ils étaient fous d'impatience à l'idée de remplir des salles de plus en plus grandes à travers le pays et même au-delà de leurs frontières.
Ils savaient également que 2007 serait l'année de la conquête de l'Europe. Universal leur préparait un plan promotionnel des plus étonnants. Ils n'avaient aucune idée de ce qui les attendait, et peut-être en était-il mieux ainsi.

Tout naturellement, des petits clans se formèrent à nouveau dans chaque coin du salon. Gustav et Georg, dont la curiosité commençait à montrer surface, restèrent auprès de Bill et Alicia. Ils avaient hâte d'entendre quel événement avait bien pu les rapprocher autant. Il avait forcément du se passer quelque chose. Bill et Alicia ne semblaient pas aussi proches que ca lorsque Gustav et Georg les avaient quittés deux semaines auparavant. A moins qu'ils aient sacrément bien caché leur jeu...
Ils n'étaient pas les seuls à vouloir connaitre toute l'histoire. Un immense cercle entourait les nouveaux amoureux à présent. Ce n'était pas plus mal, ils n'auraient pas à répéter l'histoire, tout le monde pourrait en profiter en même temps.
Chacun fit la promesse solennelle que ce qu'ils verraient et entendraient ce soir-la resterait secret jusqu'à ce que Bill décide de rendre la nouvelle officielle. Alicia, elle-même, était d'accord avec le principe que c'était à Bill de décider du moment. Il avait beaucoup plus à perdre qu'elle.

Tout notre petit groupe était tellement occupé à littéralement boire les paroles de Bill que personne ne remarqua l'absence de Tom. Personne, sauf Eva. Elle l'avait bien vu s'éclipser en douce. Cela faisait plus de quinze minutes maintenant qu'il avait quitté le salon, et il n'était toujours pas revenu. Tom n'aurait manqué les explications de Bill pour rien au monde, bien qu'Eva se douta que Tom devait en savoir bien plus déjà qu'eux tous réunis. Son absence n'était pas normale. Cela en devenait inquiétant.

Eva quitta discrètement le salon et visita les différentes pièces de la maison à la recherche de Tom. Elle monta à l'étage, d'instinct. Rien dans les chambres. Elle essaya alors la salle de bain dont la porte était fermée. Elle toqua, mais n'obtint aucune réponse. Quand elle essaya d'ouvrir la porte, elle trouva celle-ci verrouillée, signe qu'il y avait bel et bien quelqu'un à l'intérieur.

Eva : Tom ? Tu es là ? Tout va bien ?
N'obtenant aucune réponse, elle continua.
Eva : Tom, réponds-moi ! Je sais très bien que tu es là-dedans, sinon comment expliques-tu que la porte est verrouillée ? Tom ?
Tom : Laisse-moi tranquille. Laissez-moi tous tranquille !!
Eva : Ouvre !! Je suis seule. Il n'y a personne avec moi, les autres sont tous en bas.
Tom : Je t'ai dit de me laisser tranquille. T'es sourde ou quoi ? Je veux voir personne.
Eva : Je ne partirai pas tant que tu ne m'auras pas ouvert cette porte. J'ai tout mon temps, tu sais, et je suis de nature très patiente. Alors c'est toi qui vois.
Tom : Redescends t'amuser avec les autres. Perds pas ton temps pour moi. J'en vaux pas la peine.
Eva : Arrête de faire ton Calimero et ouvre-moi cette fichue porte !!
Tom : Tu me promets que tu es seule et que Bill n'est pas derrière toi en train de faire mille gestes pour que j'ouvre ?
Eva : Je suis seule, je te le promets !

Le verrou de la porte tourna, et le porte s'ouvrit.
Eva : Ben voilà, tu vois, quand tu veux tu peux. Allez, viens maintenant.
Tom : Tu m'as dit d'ouvrir la porte, pas de venir avec toi.
Eva : Et bien je te le dis maintenant. Viens ! Allez, sors de là !
Tom : Je veux pas.
Eva : Bon, alors, si tu ne veux pas sortir, c'est moi qui rentre. T'es en tenue descente ?
Tom : Si je te dis que je suis tout nu, tu restes dehors, c'est ca ?
Eva : Bon ... tu ne me laisses pas le choix ... attention ... je rentre ...


Eva trouva Tom assis parterre, entre la baignoire et la cuvette des toilettes, recroquevillé sur lui-même, à regarder le sol. Son regard, quoi que caché partiellement pas ses cheveux, semblait comme figé ; il ne regarda même pas en direction d'Eva lorsqu'elle entra, il continua inlassablement à fixer le sol.
Eva s'agenouilla et se mit au niveau de Tom, en face de lui. Il releva la tête. Une larme coulait encore sur sa joue. Ses yeux étaient rougis. Il avait manifestement pleuré, mais ne semblait pas plus gêné que ca que Eva soit témoin d'une telle scène. Il ramena sa main sur son visage et s'essuya les yeux, tandis qu'il serrait le poing de l'autre et tapait par à-coups sur le carrelage. Eva posa sa main sur celle de Tom, espérant ainsi le calmer un peu.

Tom : Ca t'es déjà arrivé de te battre pour une cause que tu sais juste, alors qu'au fond de toi tu sais que cette cause va te détruire ? ... J'ai tout fait ... tout ... pour que ca marche entre eux. Ils étaient faits l'un pour l'autre, pour moi cela a toujours été comme une évidence. Je me disais que rien au monde ne pourrait me rendre plus heureux que de voir mon frère est ma meilleure amie ensemble ... Et maintenant, alors que je devrais être content pour eux, je me sens dévasté de l'intérieur ... vide ... seul ... si seul ...
Eva : Tom, tu n'es pas seul. Je suis là. On est tous là pour toi.
Tom : Tu ne peux pas comprendre. Je pers en même temps mon frère et Alicia. Je passais la moitié de mon temps avec Bill, et une bonne partie du reste avec Alicia. Comment vais-je faire maintenant sans eux ? Les choses ne seront plus jamais comme avant.
Eva : Ils vont peut-être désormais passer plus de temps tous les deux ensemble qu'avec toi, mais ils seront toujours disponibles pour toi quand tu auras besoin d'eux. Les liens que tu as avec l'un comme avec l'autre ne changeront jamais, et c'est ce qui est le plus important. Et arrête de dire que tu les perds. C'est pas comme si ils partaient vivre à l'autre bout de la planète sans toi. Vous vous préparez à partir en tournée tous ensemble. Tu les verras tous les jours. J'aimerais bien pouvoir en dire autant.
Tom : Tu n'as qu'à venir en tournée avec nous !! La porte t'est toujours ouverte.
Eva : Merci Tom. Cela me va droit au c½ur. J'y songerai.
Tom : Eva ...ce que je viens de te dire... ca reste entre nous, hein ? Je ne veux pas gâcher le bonheur de mon frère avec mes états d'âme. Promets-moi de ne pas lui en parler. Ni à Alicia d'ailleurs.
Eva : Je ne leur en parlerai pas, promis. Mais d'après moi, Bill sentira bien qu'il y a quelque chose.
Tom : Il y a des chances, oui. On a jamais rien pu se cacher. C'est ca d'avoir un jumeau.
(sourire)
Eva : Ah, enfin un soupçon de sourire. Allez, passe-toi le visage sous l'eau, refais-toi une petite beauté et rejoins-nous en bas. La fête n'est pas pareille sans toi.
Tom : Eva... Merci !!


Eva déposa un baiser amical sur le front de Tom, se releva, et quitta la salle de bain.

Tom se leva à son tour et s'observa dans le miroir. Ou était donc passé le Tom macho et viril pour lequel il se faisait toujours passer ? Celui qu'il voyait dans le miroir ne pouvait être lui. Je est un autre, jamais cette phrase ne lui avait si bien collé à la peau.
Il se surprenait également lui-même d'avoir réussi à être aussi convaincant avec Eva. Il détestait mentir, mais il n'avait pas eu le choix.

Il était sur le point de quitter la salle de bain, lorsque soudain il eut un flash. Il lui restait une dernière chose à faire. Il revint vers le lavabo, fit couler de l'eau chaude et attendit que le miroir se couvre de buée. Il prit un chiffon, et énergiquement effaça le A entouré d'un c½ur qu'il avait inscrit de sa main sur le miroir plus tôt dans la matinée. Jamais ils ne devraient savoir ...

# Posté le jeudi 16 août 2007 08:14

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