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Chapitre 23

Chapitre 23
La fin de soirée du réveillon s'est terminée aussi bien qu'elle avait commencé. Apres avoir refait le monde, et au passage sifflé plusieurs bouteilles de champagne, chacun s'est trouvé un petit coin pour y dormir quelques heures avant de reprendre la route. Couverture et sacs de couchage jonchaient le sol du salon, on se serait cru en colonie de vacances.

Je ne m'étais même pas posé la question de savoir où je dormirais. Pour moi, il était évident que je dormirais dans mon lit, dans la chambre d'ami qui m'était réservée. Le lit était suffisamment grand pour deux, je partagerai ma couche avec Eva ; ce ne serait ni la première ni la dernière fois.
Mais Bill me fit bien vite comprendre qu'il n'en serait pas ainsi. Avant même que je ne m'introduise dans ma chambre, il me prit par la main et m'attira dans la sienne. J'étais à la fois heureuse, surprise ... mais surtout paniquée. Toutefois, je laissai Bill mener la danse. J'étais trop paralysée pour pouvoir réagir.

Il commença alors à se déshabiller, enlevant tout d'abord son pantalon qu'il plia précautionneusement sur une chaise à cote de son lit. Il en fit de même avec ses chaussettes. Il ne semblait pas gêné le moins du monde.
Je n'avais toujours pas bougé. J'étais debout, au milieu de la pièce, raide comme un piquet, lui tournant le dos. Je sentis alors ses mains sur mes épaules et son souffle dans ma nuque.

Bill : Tu ne comptes quand même pas dormir toute habillée, non ? Mets-toi seulement a l'aise.
Moi : Euh, c'est-a-dire que ... faut que j'aille chercher mon pyjama dans ma chambre.
Bill : Si tu sors d'ici, je sens que tu ne reviendras pas. Je vais plutôt te prêter un vieux t-shirt... Tiens, celui-là fera très bien l'affaire.


Il me tendit un vieux t-shirt quelconque tandis qu'il disparut entre les draps. Inutile de dire que j'étais tétanisée. J'hésitais entre sortir de sa chambre en courant et le rejoindre d'un bond dans le lit. Qu'attendait-il au juste de moi ? Que je m'exécute sans broncher, ou que je lui tienne tête ? Devais-je résister à toute tentative, ou suivre mes envies ?
Je le voyais qui s'impatientait dans le lit. Je cherchais alors une tactique pour me déshabiller et enfiler ce t-shirt sans que Bill ne puisse trop apercevoir mon corps dénudé. Je commençai par lui tourner le dos et échangeai mon propre t-shirt avec celui qu'il venait de me donner. Puis, en deux temps trois mouvement, je fis glisser mon pantalon sur mes pieds, le posa rapidos sur la chaise, et sauta à mon tour sous les draps. Il avait pu tout au plus voir en vitesse la couleur de ma culotte, mais rien de plus.

Bill : Tu dors avec tes chaussettes et ton soutif, toi ? Tiens... Intéressant... et surtout, qu'est-ce que c'est sexy, le contact des chaussettes en laine contre ma peau ... Super excitant, y'a pas à dire...C'est un mode de séduction made in Switzerland ?

Je me sentis rougir comme jamais auparavant. Bill, qui avait visiblement compris mon embarras, enchaina :

Bill : Euh, je ne voulais pas te vexer. C'est de l'humour ... mon humour. Je reconnais qu'il n'est pas de circonstance, désolé. Je dois être tout aussi, voir même plus stressé que toi, tu vois. Et du coup, je dis n'importe quoi pour détendre un peu l'atmosphère... Donc euh ... Si tu te sens plus à l'aise avec, alors garde-les.

Il me prit ensuite dans ses bras et m'embrassa tendrement. Je répondis à son baiser tandis que d'une main je tentai d'enlever mes chaussettes. Je décidai cependant de garder mon soutien-gorge. Bill ne me fit aucune remarque à ce sujet.

Plus ses baisers devenaient insistants et langoureux, plus je sentais en moi un ardent désir se réveiller. Désir que je sentais à présent partagé. Doucement, j'écartais les jambes et le laissa m'étreindre encore davantage. Oui, il me désirait aussi ardemment que je le désirais. Et il n'avait pas besoin de mots pour me le faire comprendre. Le langage de nos corps était bien plus loquace que nous ne l'étions.

Alors que je refermais fermement mes jambes autour des siennes, il détacha ses lèvres des miennes et me donna un dernier baiser avant de se mettre sur le coté. Il entoura mes jambes des siennes. Je sentais toujours sa virilité dans toute sa splendeur dans mon dos.

Bill : Alicia ... j'espère que tu ne m'en veux pas si on s'arrête là pour ce soir. J'ai très envie de toi, il n'y a aucun doute là-dessus, mais je ne me sens pas prêt à franchir ce cap maintenant avec toi. Je veux que l'on prenne notre temps. J'espère que tu peux comprendre ...

Je me retournai et le fixai jusqu'au plus profond de son âme. En guise de réponse, je lui donnai un ultime baiser pour la nuit avant de m'endormir au creux de ses bras.

A mon réveil, c'est lui que je trouvai la tête posée sur ma poitrine. J'imagine que nous avons du bouger pendant la nuit et que nous nous sommes tout naturellement retrouvés dans cette position. Ce qui n'était pas pour me déplaire. J'avais ainsi tout le loisir de le voir dormir, mon petit prince ...

Nous quittâmes tous Loitsche dans l'après-midi, moi inclus. Bien avant que tout ceci n'arrive, j'avais invité Eva à venir passer quelques jours à Hamburg, histoire de se retrouver un peu entre fille. Je sais qu'Eva aurait très bien compris si j'étais restée avec Bill, mais il ne m'est même pas venu à l'idée de le lui demander. Je lui avais promis de passer du temps avec elle, et une promesse est une promesse pour moi.

Les adieux avec Bill furent déchirants, autant pour lui que pour moi, je crois. Nous n'étions ensemble que depuis peu, pourtant il nous fut très difficile de nous séparer. Nous savions tous les deux que nous ne revivrions plus jamais de tels moments ensemble. Il nous faudrait être désormais prudents et discrets. Le seul endroit où nous pourrions afficher notre relation serait à l' avenir une chambre d'hôtel. Sur tous les autres fronts, il nous faudrait montrer profil bas. D'ailleurs, nous étions tous les deux surpris mais heureux de ne voir aucune fan devant la maison pendant toute la durée de mon séjour a Loitsche. C'était inhabituel, selon Bill.

Mes quelques journées avec Eva passèrent à une vitesse éclair. Je lui fis découvrir un peu la ville, et surtout les rues commerçantes. Nous profitâmes des soldes d'après Noel et dévalisèrent plus d'une boutique. Nous primes aussi du bon temps au théâtre au cinéma. Mais malgré cela, je ne cessais de penser à Bill. Diable, qu'il me manque !

Une fois Eva partie, je me sentis bien seule dans ce grand appartement. Les garçons avaient encore un peu de vacances avant les prochaines dates de promotion. Bien que je mourrais d'envie de passer mes journées de libre avec Bill, je lui recommandais fortement de rester à Loitsche et de profiter de sa famille ainsi que de ses amis. Rares étaient les occasions où il pouvait les voir, tandis que moi, il me voyait presque tout le temps en tournée.

L'absence physique est certes difficile à gérer, mais reste gérable dans le sens où je m'attendais à l'avoir au téléphone quotidiennement. Mais au lieu de ca, rien, le néant ... aucune nouvelle pendant deux semaines. Je ne sais pas si je dois m'en inquiéter ou pas. Je connais Bill sous plusieurs facettes, mais Bill amoureux n'en fait pas encore partie.

Je réalise que j'ai encore tant à découvrir de lui. Il est toujours si discret, si distant. Tout une vie ne me sera jamais suffisante pour tout découvrir de lui, à moins qu'il ne s'ouvre entièrement, ce qu'il ne semble pas faire très facilement, malgré les apparences. Je me demande combien de temps il lui faudra... Je ne suis surement pas au bout de mes surprises.

Depuis deux semaines, je passe des heures entières, le téléphone en main, prête à l'appeler. Je sélectionne son numéro dans mon téléphone portable, mais je ne trouve pas la force de confirmer l'appel. De quoi ai-je peur exactement ? Je n'en sais fichtrement rien.

Les garçons sont en ce moment-même à Cannes, pour les NRJ Awards. Je ne suis pas partie avec eux car j'ai encore une multitude de choses à terminer pour la tournée qui commence dans moins de deux mois à présent. Et puis, je sais que Saki peut très bien s'occuper d'eux sans moi. Je lui fais entièrement confiance.
Cela me brise le c½ur de ne pas être là-bas avec eux, car cela repousse encore et encore ma prochaine rencontre avec Bill. Mais ainsi va la vie ...

Si seulement il pouvait m'appeler ...

Tiens ... J'ai un appel. C'est son numéro qui s'affiche. Oh mon Dieu, enfin ! Je réponds en quatrième vitesse, le c½ur battant la chamade, sur le point d'exploser.

Alicia ? C'est Tom.

Mon excitation redescend en flèche. Ce n'est pas du tout la voix à laquelle je m'étais préparée. En plus, je perçois comme une certaine panique dans la voix de Tom.

Tom : Alicia, on a un SERIEUX problème... Bill a disparu ...

# Posté le mardi 28 août 2007 08:27

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