Chapitre 20

Chapitre 20
Alicia descendit au pas de course, évitant ainsi les questions insistantes et taquines d'Eva. Elle lui en avait déjà beaucoup trop dit. Elle aurait du inventer n'importe quelle histoire au lieu de dire la vérité, que sa cheville lui faisait encore mal par exemple... qu'importe... une histoire expliquant son état second... Mais au lieu de cela, elle avait partiellement et volontairement dévoilé une partie du mystère.
Elle n'avait rien à cacher, encore moins à Eva. Elles s'étaient toujours tout dit, depuis toutes petites. Il n'y avait jamais eu aucun secret entre elles, jamais un seul tabou, tous les sujets pouvaient être abordés. Pourtant, cette fois-ci, c'était différent. Avant d'en parler ouvertement avec qui que ce soit, Alicia avait besoin de réponses, et elle savait que seul le temps et la patience les lui amèneraient.

Tout le monde s'était réuni dans le salon, une partie des invités assis sur le canapé, le reste éparpillé par terre sur des coussins et poufs de toutes tailles. On attendait les instructions de Tom.
Toute personne qui avait déjà été invitée chez les Kaulitz savait qu'à un moment ou l'autre de la soirée, les festivités tournaient au spectacle, et chacun attendait toujours ce moment avec impatience.

Tom : Bon, vous êtes tous là ? Très bien. Je vous propose un petit jeu sur PS : Singstar. A vous de choisir si vous voulez passer par groupe ou individuellement.
Alicia : C'est pas drôle, on sait déjà que c'est Bill qui va gagner. Je suis sure qu'il connait toutes les chansons par c½ur. Il va nous rétamer en moins d'une. On peut au moins choisir la chanson que l'on veut ?
Tom : Ben non, ce serait pas drôle sinon. C'est le jeu qui va nous choisir notre chanson, ce qui nous laisse une chance car je peux vous assurer que Bill ne connait pas toutes les chansons.
Eva : Je propose de faire 5 groupes, avec Bill, Tom, Georg, Gustav et Alicia comme chefs de chacun des groupes. Moi je me mets avec Alicia, si tu veux bien de moi, ma puce.
Alicia : Allez, voila déjà un groupe de fait !! On va gagner, c'est moi qui te le dis !!!
Bill : C'est beau de rêver. Bon, on les fait ces groupes ?


Au bout de 5 minutes, le jeu pouvait enfin commencer. Chaque groupe s'était trouvé un nom de scène. Tom, le micro en main, jouait le présentateur.

Tom : Alors, les premiers à passer sont : Yeti & Co ... qui vont nous interpréter « YMCA »...Georg , c'est à toi ...

Georg et le reste de son groupe prirent place devant la TV afin de pouvoir y suivre les paroles. Le début fut désastreux. Pas dans le rythme, et de surcroit pas du tout dans la bonne tonalité. Et les gloussements de Georg n'aidaient en rien à la reconnaissance vocale. Il n'arrêtait pas de rire. Le signal qui normalement devait indiquer le vert, signe que la chanson se déroulait bien, restait désespérément dans le rouge. Le public, qui ne voyait rien de derrière, se rapprocha de la TV, entre Georg et l'écran, tant et si bien que Georg dut se reculer de quelques pas, manquant de tomber sur un coussin.
Au refrain, Georg continua de chanter tandis que les autres entrainèrent le public à danser avec eux. Si le chant n'était pas réussi, la chorégraphie, elle, était synchro.
Fin de la performance. Verdict du jeu : rouge. Pas fameux !!! Tom reprit le micro.

Tom : Voila qui nous met la barre bien haute ce soir ... difficile de faire pire après ca.
Georg : Merci Tom ! Tes élans de gentillesse me vont toujours droit au c½ur.
Tom : Alors profites-en, c'est gratuit ce soir ... Mesdames et Messieurs, ce n'est pas fini, le jeu continue. C'est maintenant au tour de .... Aaaaah, c'est mon tour ... les Lovermen. Et nous allons donc vous interpréter .... Oh, une chanson qui va de pair avec notre nom, on aurait pas pu trouver mieux : « Like a Virgin ». Attention aux yeux, ca va être chaud, très très chaud !! C'est parti !!


A l'annonce de la chanson, tout le monde était parti dans un fou-rire collectif. Tom les pria de se taire car il n'arrivait pas à entendre la musique. Il débuta la chanson avec une voix très haut perchée, tenant son micro du bout des doigts et gardant sa bouche très près du micro en forme de cul-de-poule. Passant par moment la main dans ses cheveux et son visage, cette dernière descendit jusqu'à son entre-jambe lors du refrain. Il ne manquait plus que la robe blanche et l'illusion aurait été parfaite.
A part la mélodie qui n'était pas toujours juste, soit trop haut soit trop bas, il fallait avouer que la prestation de Tom n'était pas si mal que ca. Enfin, c'était surtout sa gestuelle qui valait le coup d'½il, mais de cela le jeu ne pouvait malheureusement pas en juger. Il fit tout de même mieux que Georg.

Tom : Le niveau monte, chers amis. Qui saura faire mieux que les Lovermen ? Nous allons le savoir tout de suite, car voici venu le tour des ... LH.
Alicia et Eva : C'est nous !
Tom : C'est étrange mais ce nom me rappelle vaguement quelque chose ... Quelques explications ?
Alicia : LH c'est pour Loitsche Haus. Loitsche, parce que c'est un petit coin paumé au milieu de nulle part que personne ne connait. Et Haus, parce que tout ce qu'il y a à Loitsche, ce sont des maisons.
Tom : Mais quelle créativité !! Bon ... voyons ce qui vous attend ... Tiens donc : « Get the party started ».
Bill : Nooooon ! J'arrive pas à y croire. Le bol !! Alicia doit surement la connaitre par c½ur. Je l'ai bien vue au concert, elle connait TOUTES les chansons de p !nk. C'est pas du jeu !! Je demande à ce qu'on lui fasse chanter une autre chanson.
Tom : Le jeu est le jeu. C'est le système qui choisit la chanson pour nous. C'est comme ca. Y'en a qui ont plus de chance que nous. Allez les filles ... nous sommes impatients de vous voir à l'½uvre.
Eva à Alicia : Bon ben je te laisse chanter


Alicia s'empara du micro et attendit le début de la chanson. Dès les premières notes, on pouvait voir qu'elle était à l'aise et dans le rythme de la chanson, et surtout qu'elle la connaissait sur le bout des doigts. Elle n'eut même pas besoin de suivre les paroles sur l'écran. Comme Bill l'avait dit plus tôt, elle les connaissait par c½ur. Ce fut un exercice de santé pour elle. Presque trop facile.
Vocalement, sa performance était simplement parfaite. Aucune fausse note, une voix nette et puissante.
Eva, qui avait toujours su le potentiel d'Alicia, n'était en aucun cas surprise de sa performance. Ce qui n'était pas le cas de tout le monde. Tom & Bill avaient certes eu le privilège d'écouter secrètement de quoi Alicia était capable, mais ce qu'ils voyaient à présent dépassaient toute attente. Avoir le son et l'image en même temps, cela changeait vraiment tout. Ils n'avaient plus aucun doute : Alicia était dotée d'un talent fou. Mais en était-elle seulement consciente ?
Une chose était sure, Bill ne pouvait éloigner son regard d'Alicia. Il était comme hypnotisé, une sorte de magie à laquelle il ne pouvait résister. Il en avait même la chair de poule.
Tom, lui, regardait tantôt Alicia, tantôt Bill, et tantôt Gustav et Georg dont la mâchoire était bientôt sur le point de se décrocher.
De son coté, Eva se défendait plutôt bien en dansant. Il faut dire qu'elle avait vu et revu les vidéos de p !nk maintes fois en compagnie d'Alicia, donc à force elle avait retenu les pas principaux. A elles deux, elles formaient un duo explosif.

Tout le monde fut unanime sur la performance d'Alicia : vert vert vert !! Même le jeu ne semblait pas en revenir. « You're a new born star » pouvait-on lire sur l'écran. Tom reprit le micro.

Tom : He bien, il semble que nous ayons déjà trouvé nos gagnantes. Je doute que les groupes de Gustav et de Bill ne fassent mieux que les LH. Même Bill n'a jamais atteint ce niveau.
Gustav : Moi je ne compte même pas essayer. Je déclare forfait au nom des « Lasagna Drummers ».
Tom : Bill ? Tu veux quand même tenter ?
Bill : Même pas en rêve !


Bill se leva et sortit de la maison, sans manquer de claquer la porte au passage.

Tom : Euh, ben voilà, quoi ... je crois qu'on va s'arrêter là. Bravo à Alicia et Eva !!Et moi je vais vite aller voir quelle mouche a piqué mon caractériel de frère. Bougez surtout pas, restez au chaud et continuez à faire la fête sans moi. Je reviens.

Et Tom sortit à son tour. Il trouva son frère au fond du jardin, là où il l'avait toujours trouvé quand quelque chose n'allait pas.

Tom : Elle est incroyable, non ?
Bill : A qui le dis-tu ?!
Tom : C'est pas le fait d'avoir perdu qui t'a fait partir comme ca, quand même. Qu'est-ce qu'il y a ?
Bill : Je ... Je ne peux pas te le dire.
Tom : Comment ca tu ne peux pas me le dire ?? Tu sais à qui tu parles, là ?
Bill : Tom, je ne peux pas, c'est tout. N'insiste pas !
Tom : Et tu comptes rester dans comme ca encore longtemps ?
Bill : Le temps qu'il faudra.
Tom : Bon ben j'attendrai avec toi.
Bill : Tom !! Arrête de me sourire comme ca. Ca ne marche pas avec moi.
Tom : OK. Alors si toi tu ne veux pas me dire ce qu'il y a, peut-être que moi je peux m'y essayer.
Bill : Essaye toujours.
Tom : Bon ... Je voulais le garder pour moi mais vu la situation... Je vous ai vus, tous les deux, dans la foret l'autre jour.
Bill : Quoi ???
Tom : Ben quoi ? Tu as vraiment cru qu'il m'a fallu autant temps pour faire demi-tour ? J'étais juste derrière toi, je te rappelle. J'ai tout vu.
Bill : Oh mon Dieu !
Tom : Je ne sais pas ce que le Bon Dieu en pense, mais en tout cas moi je vous ai trouves plutôt mignons collés l'un à l'autre. Ca n'a pas l'air de lui avoir déplu à la petite.
Bill : Je ne sais pas, et c'est là tout le problème. Nous ne nous sommes pas beaucoup parlé depuis.
Tom : Je ne m'inquiéterais pas pour ca si j'étais toi.
Bill : Y'a pas que ca qui m'inquiète...
Tom : Quoi d'autre alors ?
Bill : Toi !
Tom : Quoi moi ??
Bill : Tu dois me détester.
Tom : Euh non, pourquoi ? Je devrais ?
Bill : Elle t'intéresse, non ?
Tom : Non, je te l'ai déjà dit. Je trouve qu'Alicia est une super fille ... pour toi !!
Bill : Tu es sincère ? Tu ne m'en veux pas ?
Tom : T'en vouloir de quoi ? D'être attiré par une fille incroyablement mignonne et intelligente ?
Bill : Je t'adore, Tom !
Tom : Ce n'est pas à moi que tu dois le dire. Va lui parler. Elle doit surement se poser autant de questions que toi. Si vous restez chacun de votre coté en vous demandant ce que l'autre pense, vous n'allez jamais arriver à rien.
Bill : Tu as raison. Je vais aller lui parler de ce pas.
Tom : Tu l'aimes ?
Bill : Oui... enfin, je sais pas, je pense oui. J'arrête pas de rêver d'elle, de penser à elle. Elle est tout ce que j'ai toujours attendu d'une fille.
Tom : Si jamais, il me reste des capotes dans ma table de nuit, tiroir du haut...
Bill : Tooooooooooooom !!!!
Tom : Je plaisante, je plaisante. Mais au moins, au cas où, tu sais où en trouver ... je peux vous laisser seuls tous les deux, t'as qu à m'envoyer me balader, je comprendrais.
Bill : Tooom !... Ne change surtout jamais !!

# Posté le mercredi 15 août 2007 06:24

CHAPITRE 19

CHAPITRE 19
L'eau chaude et moussante du bain lui sembla un réconfort sans égal. Quelques bulles de savon s'échappaient au fur et à mesure que la baignoire se remplissait. Son corps, tantôt engourdi par la pluie et le froid, se détendait enfin peu à peu. Les battements de son c½ur avaient repris un rythme plus régulier. Elle se sentait bien, mieux. Et pourtant...

Elle ferma les yeux, et repassa en boucle les évènements de cette dernière heure dans sa tête. Tout lui semblait si loin et si près à la fois. La balade. Les bois. Sa chute à vélo. La douleur à la cheville. Bill, apparaissant tel un sauveteur sur son cheval d'acier. Et puis, ce baiser, si inattendu, ce baiser volé, et pourtant si réel. Elle pouvait encore sentir l'exquise douceur et chaleur de ses lèvres sur les siennes, comme s'il était toujours là. Ses mains parcourant son dos. Son étreinte. La peur d'être pris sur le fait, mais en même temps une peur attisant encore d'avantage l'excitation du moment. Puis la pluie. Le froid. Et pourtant une telle chaleur intérieure.

Maintes fois elle en avait secrètement rêvé de ce baiser. Sans savoir l'expliquer, Alicia avait toujours été attirée par Bill. Peut-être parce qu'elle retrouvait en lui certains de ces traits de personnalité à elle. Ou peut-être parce qu'il représentait le fruit défendu par excellence. A la fois son employeur, de surcroit artiste et connu, centre de toutes les convoitises et de tous les fantasmes, idolâtré par des milliers de filles. Et pour compliquer le tout, beaucoup plus jeune qu'elle ; pire même, encore mineur. Alicia avait certes toujours été attirée par des relations impossibles, mais celle-ci semblait encore plus vouée à l'échec que les autres.

Plus elle y repensait, plus Alicia se forçait à écouter sa raison plutôt que ses sentiments. Peu importe les raisons qui avait poussé Bill à l'embrasser, Alicia devait se résigner à penser qu'il n'y aurait surement aucun lendemain. Tout devait s'arrêter avant qu'il ne soit trop tard, avant qu'ils ne franchissent un autre cap.

Une fois sortie du bain, Alicia s'emmitoufla dans son peignoir et s'occupa de sa pauvre cheville. Elle avait un peu enflé, sur le coté. Elle passa une pommade de décongestion, puis banda sa cheville. Si elle restait tranquille, elle devait pouvoir se rétablir pour la fête du Nouvel An.

Les jumeaux avaient expressément invités leur mère ainsi que leur beau-père a quitté les lieux en leur offrant un séjour en amoureux dans un SPA à quelques centaines de kilomètres de là. Ainsi auraient-ils la maison pour eux tous seuls.
Ils avaient invités leurs amis à venir réveillonner chez eux, ainsi que Georg & Gustav, cela va sans dire. Eva avait également été contactée et avait immédiatement accepté l'invitation. Elle avait pourtant reçu d'autres invitations, dont une beaucoup plus Jet Set pour une grande fiesta à Ibiza avec les meilleurs DJs du moment. Son travail lui permettait d'accéder à toutes les plus grandes fêtes de part le monde. Mais elle avait préféré son amie de toujours aux strass et paillettes d'Ibiza. Elle n'avait pas questionné son choix ; il était des plus logiques pour elle. Alicia avant tout.

Afin de minimiser les heures à passer aux fourneaux, ils avaient opté pour un repas des plus simples et de saison : une bonne raclette. Alicia avait demandé à sa mère de lui envoyer du vrai fromage à raclette suisse. Ils avaient reçu le paquet juste à temps. Le postier s'était un peu plaint des odeurs nauséabondes qui l'avaient accompagné lors de sa tournée postale ce matin-là. Alicia avait eu beau lui expliquer que plus le fromage pue, meilleur il était, le postier continuait de secouer la tête en signe de mécontentement.
Pour accompagner la raclette, Alicia s'était rendue dans l'agglomération la plus proche avec la petite Panda que lui avait laissée super maman, et avait acheté des pommes-de-terre et un mélange de cornichons & oignons. Elle avait également trouvé du jambon cru ainsi que de la viande séchée du terroir. Pour le dessert, elle leur préparerait son fameux tiramisu. Elle acheta donc mascarpone, ½ufs et biscuits, sachant qu'elle trouverait le reste (sucre, cacao, café) dans les placards de la cuisine.

Ils se retrouvèrent une bonne vingtaine autour de la table le soir du 31. Heureusement, Alicia avait prévu suffisamment de tout, si bien que personne ne sortit le ventre vide de table. Bien au contraire. Son tiramisu fut mangé en moins d'une minute pour le dire et lui valut les compliments de toute la tablée.

De petits groupes se formèrent au gré de la soirée ca et là au salon, à la cuisine, dans le bureau, chacun ayant son sujet de prédilection. Alicia et Eva s'était tout naturellement retrouvées à discuter ensembles, au calme, dans la chambre d'Alicia.

Eva : Alors, quoi de neuf au pays de Candy ?
Alicia : Rien de bien neuf depuis Milan. Nous sommes arrivés ici 2 jours plus tard, et depuis, c'est tranquille. Il n'y a pas grand-chose à faire ici. On en profite pour se reposer, et se promener. Perso, ca me fait du bien. J'en avais un peu marre de la ville.
Eva : Pour ca, tu es bien différente de moi. Je deviendrai folle, moi, ici. J'ai tellement l'habitude d'avoir toutes les commodités sous la main. Mais c'est vrai qu'une fois de temps en temps, la campagne ca passe bien.
Alicia : Je suis contente que tu sois là.
Eva : Moi aussi je suis contente d'être là.


Deux minutes de silence suivirent avant qu'Eva ne reprit la parole.

Eva : Tu es sure que tout va bien ? Je te trouve un peu... bizarre, distante. Tu es là, sans être là. Il y a quelque chose qui ne va pas ? Quelque chose dont tu veux me parler ?
Alicia : Non non. Tout va bien. Je t'assure.
Eva : Je te connais depuis assez longtemps pour voir que ce n'est pas le cas. Tu peux me parler, tu sais.
Alicia : Ca serait trop compliqué à t'expliquer.
Eva : Donc j'avais raison. Il y a bel et bien quelque chose. Rien de grave au moins ?
Alicia : Non, rien de grave. Merci de t'en inquiéter.
Eva : Tu m'intrigues, là. Si ce n'est rien de grave, qu'est-ce que ca peut bien être ?
Alicia : Rien de spécial, que j'te dis.
Eva : Ooh, je connais ce regard et cette réaction là, quand tu es sur la défensive. Toi, tu es amoureuse.
Alicia : Arrête. Tu dis n'importe quoi !!
Eva : Et elle contre-attaque en plus. C'est que j'ai du taper dans le mille. C'est qui ?
Alicia : Personne, j'te dis.
Eva : Alors voyons. La plupart du temps tu voyages, donc tu n'as pas le temps de rencontrer quelqu'un de l'extérieur. C'est que c'est forcément quelqu'un de ton entourage professionnel.


Alicia secoua la tête.

Eva : Donc, si c'est quelqu'un du boulot... Un nouveau petit stagiaire chez Universal ?
Alicia : Arrête de chercher Eva, ca ne sert à rien.
Eva: Ok, c'est pas ca. Alors voyons ... c'est quelqu'un que je connais ?
Alicia : Je ne te dirais rien
Eva : Mais je n'ai pas besoin de toi pour trouver. Tu te trahiras déjà bien assez comme ca toute seule. Alors ... parmi les personnes que je connais... Saki ?
Alicia : Eva !!! Il pourrait être mon père !!
Eva : C'est pas faux. Mais pourquoi pas ... Alors, voyons, quelqu'un d'un peu plus jeune ... Toby ? Non, pas ton genre, j'oublie.
Alicia : Eva, ton petit jeu ne va te mener nulle part. Tu es sur la mauvaise piste. Laisse Tomber !
Eva : Oh mon Dieu. Ca y est ! Je crois que j'ai trouvé ! Dirk ??
Alicia : Eva !!!!
Eva : Bon, alors si c'est pas Saki, ni Toby, ni Dirk, qui reste-t-il ??? Oh my God... ne me dis pas que ... Non, Alicia... Tu n'as quand même pas...


La voix de Tom se fit entendre en bas des escaliers.

Tom : He ho les filles, vous êtes en haut ? On aurait besoin de vous en bas. Vous descendez ?
Alicia : On arrive, Tom. Une minute.
Alicia à Eva : Tu as une chance sur quatre de trouver maintenant, ca te va ?
Eva : Je sens que la soirée va être très amusante...
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# Posté le lundi 30 juillet 2007 16:05

Modifié le mercredi 15 août 2007 07:05

CHAPITRE 18

CHAPITRE 18
Me voilà donc à Loitsche. Petite bourgade de campagne, perdue au milieu des champs. La description que m'en avaient faite les jumeaux ne pourrait être plus fidèle à la réalité. Tout y est à sa place. Une vraie nature morte dans toute sa splendeur. Je sens que je vais m'y plaire.

C'est un peu étrange de se retrouver au milieu d'une famille qui n'est pas directement la sienne pour les fêtes de Noël. Heureusement, la mère de Bill & Tom a tout fait pour que je me sente à l'aise dès mon arrivée. Prendre son petit déjeuner dans la cuisine en pyjama le matin de Noël y a largement contribué. Pas de pyjama, pas de petit-déjeuner, cela avait au moins le mérite d'être clair.
On avait tous l'air sorti tout droit d'un dessin animé. Entre Bill avec son pyjama Dragon Ball Z, et Tom avec Taz, c'est sur, je n'avais aucun complexe à me faire avec mon pyjama Garfield. Surtout quand on a les pantoufles assorties au pyjama... je passe les fou-rires que cela a donnés à table. Certains paparazzis auraient tué pour avoir une photo de cette scène-là.

Il n'y a pas grand-chose à faire à la campagne, si ce n'est se balader et profiter de l'air pur et frais des pâturages. Après deux balades dans le village, je connais déjà tout par c½ur, comme si j'avais vécu ici toute ma vie. Il faut dire qu'on en a vite fait le tour du village.
Ce que je trouve très attachant ici, ce sont les gens. Les campagnards du coin connaissent tous Bill et Tom, mais à leurs yeux, ils sont restés deux gamins de la campagne. Peu leur importe le strass et les paillettes. J'ai eu droit à mille et une anecdotes ; ils ne devaient pas être faciles à vivre, les frères Kaulitz.

Parfois je me demande si j'ai bien fait de venir ici. Ce n'est pas que « parfois » que je me pose la question, mais constamment. Je pensais que ce séjour ici m'aiderait à y voir plus clair dans mes sentiments, mais cela n'a fait que me mettre dans une situation encore plus inconfortable qu'avant. Et cette fois-ci, j'entraine deux frères, jumeaux de surcroit, avec moi ...
Je finis par croire que je sème le chaos partout où je vais et dans tout ce que je fais. Je dois être maudite...

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J'ai passé ces dernières semaines à observer et à analyser Alicia à chaque instant.
Dans un premier temps, par curiosité, afin de découvrir sa face cachée. Après l'incident survenu à Paris, je pensais ne jamais pouvoir lui réaccorder ma confiance à cent-pour-cent. Je sais que ce n'était pas de sa faute, mais toute personne qui fait du mal à mon frère me fait du mal indirectement. C'est plus fort que moi, je réagis au quart de tour dès qu'il s'agit de mon frère. C'est instinctif. Aussi, je redoutais que ma relation professionnelle avec Alicia ne se détériore davantage lorsque nous sommes allés la chercher en novembre dernier. Mais je suis content à présent de voir que j'avais tort.

Notre cohabitation, tous les cinq, dans l'appart à Hamburg s'est passé nettement mieux que je ne me l'étais imaginé. En fait, la présence d'Alicia nous a tous rapprochés, en un certain sens. Je nous sens plus unis que jamais, comme une grande famille. C'est comme si, tous ensemble, nous pouvions tout affronter sans peine et sans peur. Certes, rares ont été les moments où nous étions tous ensemble, mais cela a suffi à tisser un lien incassable et immuable entre nous.

J'ai surtout apprécié ces quelques soirées où Alicia et moi sommes restés seuls, tard, dans le salon. Nous étions, certe,s chacun vaqués à nos occupations de notre coté, mais au moins je pouvais l'observer en cachette, sans que les autres ne s'aperçoivent de quoi que ce soit.
Je connais à présent toutes ses expressions faciales, que ce soit de la joie ou du mécontentement, de la surprise, de la colère. De ses longs cheveux bouclés à la rondeur de son menton, je connais également toutes les formes de son visage. J'ai d'ailleurs fait plusieurs croquis d'elle. Je suis un voleur d'images, à ma façon, avec ma gomme et mon crayon. Je me demande si elle, elle s'est aperçue de quelque chose.

Je crois que ma petite escapade à Milan avec Alicia pour son anniversaire a été un moment clé. Je ne peux pas dire pour elle, mais pour moi, c'était... je ne sais pas comment le décrire.
Lorsque Tom m'a annoncé qu'il ne viendrait pas avec nous, je me suis senti comme pris de panique. Une angoisse que je n'arrivais pas à expliquer. Ce n'est que maintenant que je crois comprendre le pourquoi de cette panique : j'avais simplement peur de mes sentiments. Tant que Tom était entre nous, je n'avais pas à me poser de questions, je pouvais garder le contrôle de la situation. Mais je redoutais ce qu'il pourrait arriver en l'absence de Tom. Certes, je ne m'attendais pas à ce qu'Alicia en profite pour se précipiter sur moi. Bien loin de là... J'avais peur de ce que moi, je pourrais bien faire. Peur de tout gâcher, comme à chaque fois. Alors lâche comme je suis, j'ai mis mes sentiments en sourdine et je n'ai rien tenté. N'empêche... Je me demande bien comment elle aurait réagi si je lui avais pris la main pendant le concert...

J'avoue que lorsque Tom m'a annoncé qu'il avait l'intention d'inviter Alicia à passer les fêtes de Noël avec nous, je n'étais pas super emballé par son idée. C'est vrai ... d'habitude les vacances sont faites pour s'éloigner de son boulot et des personnes avec lesquelles on travaille afin de pouvoir faire une pause. Tandis que là ...

Après Milan, je ne pouvais sortir Alicia de mes pensées. Un Noël tranquille à la maison aurait été le meilleur moyen de faire le point et, peut-être, de l'oublier. Même si Tom ne me l'avoue pas, je sais très bien qu'il a lui aussi des sentiments pour Alicia. Et si il y a bien une chose que je ne peux faire, c'est chasser sur les mêmes terres que mon frère. Mais en même temps, cela fait si longtemps que je n'ai pas ressenti ce que je ressens en ce moment ... je ne peux pas me résigner à simplement tout mettre de coté comme ca sans rien avoir tenté.

J'avais aussi peur que le fait de voir Alicia tous les jours ne m'empêche d'être moi-même ... Et surtout, que cela ne crée un triangle où chacun peinerait à trouver sa place.
Mais je m'étais à nouveau bien trompé !! Ces quelques jours passés à ses cotés à la maison ont été de purs moments de bonheur.

A commencer avec tous ces délires que nous nous tapons matin, midi et soir. Je crois que je n'ai jamais autant ri depuis une éternité. Même maman n'en revient pas ; elle n'arrête pas de me dire qu'elle ne m'a pas vu d'aussi bonne humeur depuis bien longtemps. On pourrait parfois croire que je me force à rire, mais cela n'est pas le cas. Je respire le bonheur, c'est tout.

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L'air était très doux cet après-midi là. Une température propice à une balade en vélo. Las de toujours faire le même tour à pied, Bill et Tom avaient décidé de s'aventurer au-delà des limites du village afin de montrer à Alicia les richesses naturelles de la région. Ils avaient regonflé les pneus plats de leur VTT, avait prêté un vieux vélo à Alicia, et ils étaient partis tous les trois peu après le déjeuner.
Alicia, qui n'avait pas refait de vélo depuis des années, peinait un peu à suivre les jumeaux qui fonçaient droit devant, traversant champs et collines à toute vitesse.

Bientôt, le petit chemin bucolique qu'ils suivaient les emmena dans un bois. Alicia était toujours derrière, à la traine. Cela faisait déjà plus de cinq minutes qu'elle roulait, mais elle ne voyait ni la trace de Bill ni celle de Tom. Se serait-elle perdue ? L'auraient-ils oubliée ? Alicia continuait d'avancer tout en les appelant, mais elle n'obtint aucune réponse.

Couvert par les feuilles mortes, le sentier devint soudain très glissant, et le vélo d'Alicia dérapa, la projetant sur le coté. Alicia se retrouva par terre. Heureusement, sa grosse doudoune lui avait amorti le choc de la chute Elle avait un peu mal à la cheville gauche, mais la douleur n'annonçait rien de bien grave. Elle devait se l'être tordue, tout au plus. Elle s'en remettrait vite.

Alors qu'elle tentait de se relever, Alicia sentit une présence au-dessus d'elle. C'était Bill. Inquiet de ne pas voir Alicia derrière lui, il avait rebroussé chemin, et l'avait, heureusement, retrouvée. En la voyant par terre, il avait balancé son vélo et avait accouru vers elle.

Bill : Oh mon Dieu. Alicia ! Ca va ?? Tu n'as rien de casser ??
Alicia : Je crois que ça va. Ma cheville gauche me fait un peu mal, mais ça devrait aller. Plus de peur que de mal, en fait.
Bill : Tu es sure ??
Alicia : Une chose est sure, c'est que je suis en meilleur état que le vélo. Aie, je crois bien que j'ai voilé la roue avant. Ta mère va me tuer !!
Bill : Ma mère comprendra, t'inquiète pas. Le principal, c'est que toi tu ailles bien. Le vélo, on peut toujours le réparer. Et puis, de toute façon, ça fait des années qu'elle ne fait plus de vélo.


Bill se mit derrière elle et l'aida à se relever en la prenant sous les bras. Alicia posa doucement le pied gauche à terre. Elle sentit une légère tension dans sa cheville mais elle se retint de faire toute grimace. Elle ne voulait pas inquiéter Bill davantage ; il semblait déjà assez inquiet comme ça.

Bill : Tu es sure que ca va aller ?
Alicia : Oui oui. Par contre je ne sais pas comment je vais rentrer maintenant. Je ne me sens pas la force de faire le chemin arrière à pied.
Bill : Tu vas prendre mon vélo. Je rammèrai celui de maman à pied.
Alicia : Non ...
Bill : Il n'y a pas de « non » qui tienne. On écoute le Dr. Bill !! Tu prends mon vélo !!
Alicia : Très bien... docteur !!
Bill : Alicia... attends... tu as une petite coccinelle dans les cheveux ...

Il l'enleva délicatement de sa chevelure de feu, et la mis au bout de son index.
Bill : Fais vite un v½u, avant qu'elle ne s'envole...

Alicia ferma les yeux. Elle n'eu même pas le temps de penser à son v½u qu'elle sentit les lèvres de Bill se poser sur les siennes. Elle accueillit ce baiser avec surprise, mais elle se laissa faire. Bill avait des lèvres si douces, si tendres, c'était un tel délice, un véritable fruit interdit dans lequel elle mourrait d'envie de mordre. Elle sentit comme un courant électrique lui traverser le corps de haut en bas, une décharge à la fois agréable et déroutante. Ses jambes semblaient soudainement ne plus la soutenir. Elle agrippa Bill par la taille, et lui rendit son baiser avec ferveur.
Bill, qui se sentit encouragé par l'étreinte d'Alicia, la serra à son tour contre lui, sans pour autant arrêter de l'embrasser. D'une main, il lui caressait le dos, sa main sous la couche de doudoune et pullover. De l'autre, il promenait ses doigts dans les cheveux d'Alicia. Elle était si douce et sentait si bon.

Le temps s'était figé autour d'eux ; ils auraient pu rester ainsi pendant des heures. Mais la voix de Tom qui les appelait au loin les fit revenir à la réalité. Alicia et Bill mirent fin à leur étreinte. Alicia ouvrit enfin les yeux. Bill était là, devant elle, à la regarder, milles étincelles dans les yeux. Ils se sourirent mutuellement, se firent un dernier petit baiser furtif, et répondirent à l'appel de Tom afin de le diriger dans leur direction.

Vu la distance qui les séparait de la maison et l'état pitoyable du vélo, ainsi que l'incertitude quand à l'état de la cheville d'Alicia, ils décidèrent que la solution la plus sage serait pour Alicia de rester là pendant que Tom retournerait à la maison chercher de l'aide. Bill resterait auprès d'Alicia. En temps normal, il leur aurait simplement fallu appeler leur mère, mais il se trouve que ce jour-la, ils étaient partis sans leur téléphone portable, comme par hasard.

A peine Tom était-il reparti qu'une fine pluie se mit à tomber. Alicia et Bill ramassèrent leur vélo et allèrent s'abriter sous un grand sapin non loin de là. Ses denses branches leur permirent de s'abriter un moment. Mais bientôt, la pluie se fit plus drue et leur abri de fortune ne les protégea plus de rien. Bill, qui connaissait ses bois comme sa poche, se souvint alors qu'il y avait une petite cabane au début du sentier à la lisière du bois. Alicia se souvenait aussi l'avoir vue plus tôt en passant devant. La cabane devait être à 500m tout au plus de leur position. Bill offrit à Alicia de la porter sur le dos jusqu'à la cabane, offre qu'elle ne put refuser. Malgré sa doudoune qui était passablement étanche, elle se sentait trempée jusqu'aux os et ne demandait qu'à se mettre à l'abri.
Ils abandonnèrent donc leurs vélos sur place. Bill porta Alicia jusqu'à la cabane, non sans peine, mais il n'y laissa rien paraitre.

La petite cabane, qui n'était autre qu'un vieil arrêt de bus en bois, leur offrait un abri partiel, une bonne partie du toit manquant cruellement de tuiles. C'était toujours mieux que rien. Ils se tassèrent dans le coin qui leur semblait le plus sec, et attendirent. Trempée jusqu'aux os, Alicia se mit à frissonner. Bill, qui s'en rendit compte, la prit dans ses bras afin de la réchauffer. A nouveau, elle se laissa faire.
Des gouttes de pluie perlaient sur le visage d'Alicia. Bill les essuya du bout des doigts, délicatement, caressant tour à tour son front, son nez, ses joues, ses lèvres, avant de l'embrasser à nouveau. Alicia frissonnait toujours, mais de désir cette fois. Comme elle le désirait ardemment. Mais ce n'était ni l'endroit, ni le moment.

Ils restèrent dans les bras l'un de l'autre jusqu'à l'arrivée de super maman qui récupéra deux vélos et deux petits chiots frigorifiés et trempés de haut en bas. Grace à un bon bain chaud et une soupe maison comme seule super maman sait en faire, tout ce petit monde se sentit au top de la forme pour la Saint Sylvestre.
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# Posté le lundi 23 juillet 2007 14:52

CHAPITRE 17

Comme à chaque fois que Tom et Bill sortaient sans l'assistance de leurs gardes du corps, ils avaient rendu tout signe susceptible de les reconnaitre invisible. Ainsi avaient-ils tous deux cachés leurs cheveux sous casquette et bonnet. Ils avaient également enlevé leur piercing à la lèvre et à l'arcade sourcilière. Une paire de lunettes noires complétait le tout, ce qui, certes n'était pas des plus judicieux étant donné qu'il faisait déjà presque nuit dehors. Mais heureusement pour eux, la mode d'aujourd'hui fait que les gens portent des lunettes de soleil de jour comme de nuit, donc cela reste dans le discret. Non-maquillés, avec des vêtements discrets, ils arrivaient à se fondre dans la masse. Du moins l'espéraient-ils. Alicia serait de toute manière avec eux, prête à appeler la sécurité du magasin si besoin était. Elle connaissait les consignes de sécurité à la lettre.

Au soulagement de tous, leurs petites emplettes se déroulèrent sans complications, et les deux heures à peine qui leur étaient à partie leur suffirent à trouver leur bonheur. Il faut dire aussi que les gens étaient tous trop affairés à trouver LE cadeau de Noël qu'il leur manquait pour faire attention à deux jeunes garçons à l'air mal fagoté en train de faire, eux aussi, leurs achats.

Ils retournèrent à l'appartement les bras chargés de cadeaux de toutes tailles, chacun se demandant ce que l'autre avait bien pu lui acheté. Ils avaient certes fait leurs achats ensemble, mais ils avaient réussi à s'organiser de manière à ce qu'ils ne voient pas ce qu'ils s'achetaient. Que ne ferait-on pas pour garder intacte la magie de Noël ...

Ils passèrent la soirée, tous les trois, tranquillement, à l'appartement. Après un repas improvisé avec ce qu'il restait dans le frigidaire et dans les placards, ils s'installèrent confortablement sur le canapé, entre coussins et couvertures, et discutèrent de choses et d'autres. Les vitres du salon givraient petit à petit au contact du froid, laissant de beaux cristaux se former sur les carreaux. Comme il était bon de se savoir au chaud, à l'intérieur, avec une bonne tasse de chocolat chaud entre les mains !!
En fin de soirée, chacun regagna ses quartiers et s'affaira à préparer ses bagages pour le voyage du lendemain.

Pour Bill et Tom, les vacances de Noël signifiaient tout : un retour au bercail, aux sources. La maison ! Un havre de repos et de paix. Probablement le seul endroit au monde où ils pouvaient à nouveau redevenir des adolescents comme les autres, où ils pouvaient être Bill et Tom au naturel, sans artifice, sans comédie. Reprendre leur rôle de fils auprès de leur mère. Refaire le monde avec leurs amis. Revivre à nouveau !

Pour Alicia, ce voyage s'annonçait plutôt comme une nouvelle épreuve. Elle avait, certes, accepté l'invitation de tout c½ur, mais elle était consciente du risque d'une telle situation. Bien qu'une très forte amitié la liait avec les garçons, elle n'en demeurait pas moins leur Tour manager, et à ce titre elle se devait de garder une certaine distance avec eux afin de ne pas mélanger amitié et travail. Hors, passer les vacances de Noël avec Bill et Tom la positionnait plus en tant qu'amie que manager. Elle savait qu'elle franchissait là un cap qui soit la rapprocherait plus que jamais des jumeaux, soit la perdrait à jamais. C'était à double tranchant. Elle en connaissait les risques. Elle en avait accepté les règles. Elle jouerait le jeu jusqu'au bout.

A dix heures du matin le lendemain, un gros van noir vint les chercher tous les trois. Les jumeaux étant encore trop jeunes pour avoir leur permis, Universal leur affrétait à chaque aller et retour de la maison une voiture avec chauffeur particulier. Ainsi n'avaient-ils pas à prendre le train (trop dangereux pour leur sécurité) et leur mère n'avait pas non plus à faire les trajets et pouvait tranquillement les attendre à la maison.
Ils firent un petit crochet par les bureaux d'Universal afin d'y récupérer le portable d'Alicia, puis prirent la route pour Loitsche.

Les 90 premières minutes de voyage se firent dans la joie et la bonne humeur, chacun racontant sa petite histoire et se rendant intéressant. Une vraie sortie de colonie de vacances. Mais plus le van se rapprochait de Magdeburg, plus le silence prit possession des lieux. On pouvait sentir une certaine excitation gagner les jumeaux. Cette excitation se fit plus intense du moment où le van sortit de l'autoroute afin de s'engager sur la route B189.

L'hiver s'était déjà installé dans ces contrées retirées et donnait au paysage qui défilait sous leurs yeux un air triste et monotone avec ces arbres nus. Il n'y avait principalement que des champs à perte de vue Mais chaque champ avait son histoire, son anecdote. Chaque arbre, chaque maison faisaient appel à leurs souvenirs d'enfance passés ici, dans la région. Tout était si chargé d'émotions. Cette campagne, ils l'avaient toujours détestée. Loitsche, petit village perdu au milieu des champs, où jamais rien ne se passe, où la vie suit son cours tel un long fleuve tranquille. Et pourtant, ce bled paumé comme ils aimaient l'appeler leur apportait à présent une joie immense car il était devenu, depuis la montée en flèche de leur succès, leur seul et unique refuge, le seul endroit au monde où rien ne pouvait les atteindre et où ils pouvaient enfin se ressourcer auprès de celle qui leur avait donné la vie. Ils en avaient presque des larmes de joie aux yeux.

Alicia, qui les observait silencieusement, fut elle-même très émue par le spectacle qui s'offrait à elle. Découvrant ces contrées désertes pour la première fois, Alicia ne pouvait bien sur par percevoir la même émotion que les jumeaux. Son état d'admiration se situait à un tout autre niveau. Pour elle, il s'agissait plus de la surprise du citadin qui découvre la beauté et les vertus de la campagne. Quel bonheur de retrouver le calme et la beauté de la nature après avoir passé des semaines en plein centre ville. Alicia n'était même pas arrivée à Loitsche que déjà elle se sentait émotionnellement liée à ces lieux.

Bientôt, un panneau indiquait la bienvenue à Loitsche. Son église, ses rues étroites, ses maisons aux décorations champêtres, rien n'avait changé depuis leur dernier départ, et rien ne changerait jamais ici si ce n'est l'arrêt de bus proche de leur maison qui ressemblait de plus en plus à un graffiti géant.

Le van s'arrêta devant une jolie petite maison. La mère de Bill et Tom attendait sur le palier de la porte, ses cheveux au vent. Les jumeaux se précipitèrent hors du van et se jetèrent dans les bras de leur mère. Ils semblaient avoir complètement oublié la présence d'Alicia qui assista à la scène avec un certain pincement au c½ur. Elle réalisa alors que les jumeaux n'étaient encore que des enfants, chose qu'elle avait un peu oubliée à force de les voir se comporter en adultes lors de leurs déplacements.
CHAPITRE 17
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# Posté le lundi 23 juillet 2007 09:33

CHAPITRE 16

CHAPITRE 16
L'appartement est bien sinistre quand on y reste tout seul. Autant des fois j'aimerais bien qu'il y ait un peu moins de bruit (surtout Gustav quand il répète dans la cuisine sur des casseroles), autant là, c'est mortel. Pas un bruit, pas une voix, rien. Heureusement, Bill et Alicia ne devraient pas tarder à rentrer. Je me demande bien ce qui a pu se passer à Milan. J'ai reçu un sms de Bill hier soir, mais il n'y avait aucun détail croustillant. C'est du tout Bill !!

Plus j'y pense, et plus je me demande si j'ai bien fait de les laisser partir seuls, sans moi. Jusqu'à hier matin, je me suis demandé si j'aurais le courage d'annoncer à mon frère que je n'allais pas l'accompagner à Milan. Après tout, c'est moi qui ai eu l'idée de cet anniversaire surprise, je mérite donc bien d'y aller. Mais j'ai d'autres plans. Si je veux que les deux êtres qui comptent le plus pour moi se rapprochent, je n'ai pas le choix. Je dois me sacrifier. C'est pourquoi j'ai décidé de me faire passer pour malade, laissant ainsi la possibilité à Alicia de se retrouver seule avec Bill.
J'ai du avoir l'air convaincant car Bill m'a préparé thé chaud et jus d'oranges fraichement pressées avant d'aller chercher Alicia hier matin. Il ne cessera jamais de m'étonner, mon Bill. Il peut être parfois si imprévisible.

J'ai tout prévu : l'avion, l'hôtel, le concert, et la rencontre. Bill n'aura pas besoin de moi sur place. Je me suis occupé des trois premiers, et Bill, lui, a négocié la rencontre. Cela a du bon parfois de pouvoir jouer de sa notoriété de chanteur. Restait plus que le problème du passeport. Mais apparemment Bill a du réussir à le trouver dans les affaires d'Alicia.

Tiens, j'entends un bruit de serrure. Ils sont de retour. Mon petit Tom, il est temps de te remettre sous les draps et de jouer au grand malade... Pour elle, pour lui... pour eux...

***********************************************************************

A leur retour de Milan, Alicia et Bill retrouvèrent un Tom brulant de fièvre au fond de son lit. Il trouva cependant la force d'écouter le récit passionné d'Alicia. Il était heureux d'apprendre que la surprise avait eu l'effet escompté et qu'Alicia avait vécu une soirée de rêve. Il avait ce sourire en coin dont seul Bill connaissait la signification. Un sourire qui en disait long, mais qu'Alicia ne remarqua pas tant elle était encore dans ses pensées.

Alicia regagna sa chambre, tandis que les deux frères s'échangèrent quelques mots.

Tom : Elle a l'air super heureuse. Y'aurait-il eu quelque chose en plus à part le concert que ni l'un ni l'autre de vous ne m'auriez dit ?
Bill : C'est pas vrai, même avec 40 de fièvre tu ne penses encore qu'à ca. J'avoue que la situation s'y serait très bien prêtée, surtout que j'étais seule avec elle, mais je ne suis pas le genre à te piquer tes conquêtes.
Tom : Euh, tu parles de notre manager là...
Bill : Je sais ! Mais faudrait être aveugle pour ne pas remarquer qu'elle t'intéresse. Je te connais assez, tu sais.
Tom : Je crois que ma fièvre est contagieuse. Tu te mets à raconter n'importe quoi.
Bill : A d'autres. Tu ne m'offres jamais de cadeau pour mon anniversaire, ni même à Georg ou Gustav, et tu remues ciel et terre pour qu'Alicia parte voir p !nk à Milan le jour de son anniversaire. Si c'est pas de l'amour, ca !
Tom : Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre. Au fait, elle sait comment on a su pour p !nk ?
Bill : Non ! Elle n'a pas arrêté de me demander dans un premier temps où nous allions, pour quoi faire., etc... Puis sur le chemin du retour ca a été « mais comment t'as su ? comment t'as fait ? ».
Tom : Et qu'est-ce que tu lui as répondu ?
Bill : Ce sur quoi on s'était mis d'accord toi et moi. Que l'idée venait de toi.
Tom : Non, on s'était mis d'accord pour dire que l'idée venait de nous deux !! Elle ne doit rien y comprendre maintenant. L'idée vient de moi mais elle y va avec toi.
Bill : Toi ou nous deux, ca revient au même, non ? Apres tout, c'est bel et bien toi qui en as eu l'idée.
Tom : Oui, mais sans ton charme légendaire, on n'aurait jamais pu obtenir les billets et le backstage.
Bill : Reste que tu es à l'origine de l'idée.
Tom : Correct, mais on peut faire tout ca aussi par pure amitié.
Bill : Pas très convaincant ton discours, frero. Quoi qu'il en soit, je voulais te dire : Alicia est une fille unique et incroyable. J'ai appris à mieux la connaitre ces trois dernières semaines, et je te comprends. Il faudrait être fou et aveugle pour ne pas craquer pour une fille pareille ? Allez ... Tu as ma bénédiction.


Et sur ce, Bill embrassa son frère tendrement sur le front et quitta la chambre de Tom sans même que celui-ci ne put lui répondre. Tom s'empressa alors de sortir de son lit et d'enlever l'énorme couche de pull et de sous-pull qu'il avait endossée. Pas étonnant qu'il avait chaud sous la couette avec tous ces habits sur le dos. Il avait bien cru qu'il ne tiendrait jamais le coup. Encore une minute de plus et il serait tombé dans les pommes, tant la chaleur devenait insupportable.
Quelle idée stupide il avait eu là : se faire passer pour malade afin qu'Alicia puisse profiter d'un moment privilégié avec Bill. Stupide, oui et non. Car d'une part, ce moment privilégié avait bel et bien eu lieu, et cela sous les meilleurs hospices. Mais au lieu que Bill apprenne à connaitre Alicia et se rapproche sentimentalement d'elle, il n'avait fait que l'observer, l'analyser. Bien loin du plan que Tom s'était fait dans sa tête où il avait imaginé retrouver un Bill tout fou, lui racontant son premier baiser avec Alicia, à Milan. Certes, Bill semblait apprécier Alicia plus qu'auparavant, mais pas dans le sens où Tom l'avait espéré. Il lui faudrait créer d'autres occasions du genre. Mais en même temps, il se demandait si cela en valait vraiment la peine. Car il savait que Bill ne toucherait jamais à Alicia tant qu'il resterait convaincu que Tom éprouvait des sentiments pour elle.
Et si Bill avait raison ?

A peine Bill et Alicia eurent-ils le temps de prendre une bonne douche chaude (séparément, bien sur ! Mais à quoi pensiez-vous ? Les grands appartements ont la chance d'avoir 2 salles de bains, ce qui est le cas ici, bien sur !), que le téléphone sonna. Tom se précipita dessus dès la première sonnerie.

Tom : Salut ... Oui, ils sont de retour ... Ils te raconteront tout ça ... Oui ... Alors, tu as réfléchi ? ... T'es ok ?... Vraiment ? ... T'es trop géniale ! Je t'adore. ... A demain !

Bill arriva dans le salon en training et T-shirt, une serviette sur ses cheveux mouillés.

Bill : Ah, content de te voir debout. Ca doit aller mieux alors.
Tom : Oui, j'en avais marre d'être cloué au lit.
Bill : Tu m'étonnes. C'était qui ?
Tom : Maman. Elle nous attend demain en début d'après-midi.
Bill : Parfait. Ca nous laisse encore du temps pour aller lui acheter un dernier cadeau de Noël.
Tom : Je m'étais dit la même chose. Y'a un truc en plus aussi à faire.
Bill : Ah, mon frère et ses plans foireux...
Tom : Non, pas toujours foireux !!
Bill : Bref... je t'écoute.
Tom : Eva m'a dit qu'Alicia n'avait rien de prévu pour Noël. Apparemment elle voulait aller voir sa mère, mais elle doit travailler pendant les fêtes. Elle va donc rester ici, à l'appart. Mais je me suis dit ... elle ne peut pas rester toute seule ici. J'ai donc demandé à maman si on pouvait l'inviter à la maison pour Noël. La chambre d'ami est disponible et prête à l'accueilir. Reste plus qu'à annoncer la bonne nouvelle à Alicia.


Bill regarda son frère avec surprise et étonnement.

Bill : J'arrive pas à y croire !! Mais t'es grave atteint, toi ! Tu ne perds jamais le nord.
Tom : Arrête avec tes allusions douteuses. Je me suis simplement mis à sa place, et je me suis dit que moi aussi j'apprécierais d'avoir un peu de compagnie à Noël. Tu crois qu'elle va me prendre pour un fou ? On le lui présente comment ?
Bill : Comment ça « on » ? C'est ton idée, mon gars. Tu assumes tout seul comme un grand jusqu'au bout.
Tom : Tu trouves donc mon idée stupide ?
Bill : Loin de là. Maman a déjà rencontré Alicia et toutes les deux s'apprécient beaucoup. Et moi non plus je ne voudrais pas savoir Alicia toute seule pour Noël... Et ça peut être marrant de vous observer tous les deux... C'est bien la première fois que tu vas ramener une fille à la maison... Wooohooo !
Tom : Mais arrête !!


Et Tom poussa Bill sur le canapé, lequel se retrouva la tête la première dans les coussins, les fesses en l'air. Bill et Tom étaient tous les deux morts de rire. Alicia débarqua au même instant dans le salon.

Alicia : C'est moi qui vous fait rire comme ca ?
Bill : Tu ne croirais pas si bien dire...
Alicia : Merci Bill. Je t'écoute alors...


Elle se fraya une petite place sur le canapé, entre Bill Tom. Bill riait encore à pleins poumons, il n'arrivait pas à s'exprimer correctement. Tom, lui, était rouge comme un coquelicot.

Alicia : Bon, alors ?
Bill : Sincèrement, faut qu'on se calme là... surtout qu'il n'y a rien de drôle.. allez Tom, dis-lui !
Tom : Peux pas... dis-lui toi !
Bill : Peux pas non plus !!
Alicia : Mais me dire quoi ??


Tom essaya de reprendre son sérieux. Mais on pouvait tout de même percevoir un petit rire nerveux. Il se racla la gorge avant de se tourner vers Alicia.

Tom : Ca nous ferait très plaisir à maman, Bill et moi, si tu venais passer les fêtes de Noël chez nous à la maison.
Alicia : Wow... je ne m'attendais vraiment pas à ça. Je suis très touchée... Mais je ne peux pas accepter. Noel est quelque chose qui se fête en famille. Je n'y ai pas ma place.


Bill et Tom se regardèrent.

Bill : Après tout ce que tu fais pour nous, c'est un peu comme si tu faisais partie de la famille, tu sais.
Tom : Et maman est déjà en train de préparer ta chambre.
Alicia : Je vois que le clan Kaulitz a déjà tout prévu. Je ne sais pas quoi dire ... Ca me va droit au c½ur. Mais vous êtes surs que je ne vais pas vous déranger ?
Tom : Y'a que les fous qu'on dérange !!
Alicia : Alors c'est d'accord. Mais j'aurai besoin de vite passer au bureau afin d'y prendre mon portable.
Tom : Tu ne vas tout de même pas travailler pendant les vacances !!
Alicia : J'ai trois fois rien à terminer. J'aurais du le faire hier, mais mes plans ont comme qui dirait été chamboulés.
Bill : OK, on y passera demain. Il nous reste encore deux heures avant que les magasins ne ferment ce soir. Qui me suit ?
Alicia : Oh non !! Je ne me sens pas prête pour une séance shopping avec toi, Bill. Pas maintenant !
Bill : Hehe... je ne parlais pas pour moi.
Tom : On a pas encore acheté nos cadeaux. Il serait temps de s'y mettre.
Alicia : Je préfère ça. Alors on y go ? Tom, tu te sens assez bien pour sortir ?
Bill : Oui oui, ne t'inquiète pas. Il vient avec nous.
Tom : T'es gentil mais c'est à moi qu'elle parlait... Laissez-moi le temps de me rafraichir et on peut y aller.
Alicia : Super. On t'attend. Dépêche-toi.
Tom : Je ne m'appelle pas Bill ! Il ne me faut pas dix mille ans pour me préparer, moi.
Bill : Je ne me sens pas du tout visé... Bon, moi je vais vite aller me sécher les cheveux.
Alicia : Ben là c'est fichu... on va arriver à la fermeture... mais non, Bill, je plaisante. Allez les enfants, on se bouge !

# Posté le jeudi 05 juillet 2007 07:28