Journal d'Alicia – le 22 décembre 2006
Voilà bien des mois que je t'avais délaissé, Cher Journal. Mais compte tenu des événements des dernières vingt-quatre heures, je me sens le besoin de te confier l'incroyable aventure qui m'est arrivée.
Retour donc en arrière : mercredi 21 décembre. Une journée qui débute comme les autres. C'est mon dernier jour au bureau avant une pause de deux semaines. Mais surtout, aujourd'hui, c'est mon anniversaire. Mais je ne l'ai pas dit aux garçons. J'espère juste avoir un appel d'Eva. Elle ne m'a jamais oubliée ces 15 dernières années. Il n'y a donc aucune raison qu'elle m'oublie cette année.
J'arrive au bureau. Tout est calme. La plupart de mes collègues sont déjà en vacances. Il me reste encore quelques bricoles à régler, mais vraiment pas grand-chose. J'espère pouvoir quitter le bureau plus tôt que prévu. Je sais pourtant qu'il n'y aura personne pour m'attendre à la maison. Georg et Gustav sont déjà partis dans leurs familles pour les fêtes de fin d'année. Il ne reste que Bill et Tom qui avaient encore quelques trucs privés à faire sur Hamburg.
11h30 : on frappe à ma porte. A ma plus grande surprise, je vois Bill entrer dans le bureau. Il a les cheveux cachés sous une casquette, sans maquillage, au naturel. Normal, c'est un jour off pour lui. Pas besoin d'artifices. Le vrai Bill Kaulitz peut donc prendre le dessus. J'aperçois Saki qui l'attend dehors. Bill est donc en day off mais il a tout de même besoin des services de Saki. Etrange. Il s'approche de mon bureau, me demande d'éteindre mon ordinateur et me prie de le suivre. Je ne comprends pas où il veut en venir. Je lui explique que j'ai encore du boulot. Il me répond que cela peut attendre, que l'on a pas de temps à perdre, qu'il faut y aller maintenant. Je m'exécute donc, et je le suis hors du bureau. Je salue Saki, et nous sortons tous les trois des bureaux d'Universal.
Un van noir nous attend devant l'immeuble. Je m'installe à l'arrière, Bill se met à coté de moi. Saki va à l'avant. Je tente de questionner Bill, mais il ne me dit rien. Il se contente de me regarder en souriant, puis regarde par la fenêtre. J'essaye de deviner ce qui se passe, mais je n'y comprends rien de rien.
Le van se dirige à présent en direction de l'aéroport. Je me pose de plus en plus de questions. Où m'emmène-t-il ?
Nous passons directement au bureau de contrôle des passeports. J'en conclus que nous ne venons pas à l'aéroport pour y accueillir quelqu'un mais pour partir nous-mêmes quelque part. Bill me tend mon passeport ; il avait donc tout prévu. Comment et où l'a-t-il d'ailleurs trouvé mon passeport ?? Nous traversons l'aéroport de Hamburg, et nous nous arrêtons à la porte B15. L'écran indique Miland – Milano. Commence alors un grand interrogatoire, mais ni Bill ni Saki ne vendent la mèche. Tu verras, qu'ils me disent. C'est une surprise.
Je les cuisine comme je peux pendant le vol, mais je n'arrive à obtenir aucune information. Ils sont tous les deux muets comme une tombe. Enfin, nous discutons, mais ils évitent de répondre aux questions concernant le pourquoi de ce voyage. Je m'inquiète de voir que je ne suis qu'avec Bill. La situation est loin de me déplaire, c'est vrai, mais je me demande pourquoi les autres ne sont pas là.
Nous atterrissons à Milan en début d'après-midi. L'air y est encore plus doux qu'à Hamburg. On se croirait au printemps, et non au premier jour de l'hiver.
Un taxi nous attend. Il nous emmène dans le centre la ville et nous dépose devant un grand hôtel 4 étoiles. Ainsi donc nous allons passer la nuit à Milan. Et dire que je n'ai ni brosse à dent, ni pyjama, ni même une culotte de rechange pour demain. Bill non plus d'ailleurs ; je me rends compte qu'il n'a pas pris de sac de voyage. Mais quelle est donc le but de ce voyage ??
Apres avoir fait un check-in express, nous nous rendons à pied au Dôme, sur la place centrale, et nous nous asseyons sur une terrasse et commandons une glace. C'est si étrange de se retrouver dans un lieu public avec Bill, en parfait incognito. Il a l'air content de pouvoir décompresser un peu et de pouvoir enfin être un touriste comme un autre. Je découvre un Bill souriant et décontracté ; je ne l'avais encore jamais vu comme cela. Même à la maison, il n'arbore pas un tel sourire.
J'évite de trop le regarder, de peur qu'il ne commence à se douter de quelque chose. Nous discutons, nous rigolons tout en mangeant notre glace. J'en oublie presque que Saki est là avec nous. Il nous observe en silence. Je me demande bien ce qu'il pense en ce moment.
Vers 18h30, nous reprenons un taxi. Bill me tend un foulard et me demande de me bander les yeux. Cela fait partie de la surprise, me dit-il avec un sourire à damner un dieu. A nouveau je m'exécute. Je sens le taxi en mouvement, mais je n'ai aucune idée où nous nous rendons. Tout ce petit scenario commence sincèrement à m'intriguer, voir presque à m'inquiéter. Mais qu'a-t-il bien pu manigancer ?
Ne pouvant voir l'heure qu'il est, je ne saurais dire à quelle heure nous sommes arrivés à destination. Mais je pense que nous avons du rouler pendant une bonne demi-heure, voir plus.
J'espérais pouvoir me débarrasser de mon foulard, mais non. Bill me tend la main et me dirige. J'entends du bruit autour de moi, des gens qui discutent. J'essaye d'écouter les discussions autour de moi, mais nous avançons trop rapidement pour que je puisse comprendre quoi que ce soit. Enfin, nous nous asseyons. Bill est à ma gauche. Quant à Saki, il nous dit qu'il est plus loin mais qu'il est là si il y a un problème, qu'on a qu'à lui faire un signe.
Je ne vois pas Bill, mais je sens qu'il est nerveux. Il n'arrête pas de taper du pied parterre. Je sens la vibration sur mon siège. Je lui demande ce qu'il y a. Il me répond qu'il ne reste plus que quelques minutes avant que je ne découvre ma surprise et qu'il a peur que cela ne me plaise pas. Mais je n'ai pas le temps de lui répondre. J'entends des cris autour de moi, et un bruit de basse prend possession des lieux.
Bill détache mon foulard. J'observe les lieux. Il fait noir. Il y a une grande scène devant nous. Des personnes en longues capuches noires défilent sur le devant de la scène. Je cherche des indices, mais je ne vois rien, il fait trop noir. Puis tout d'un coup, un début de mélodie :
... ice cream ice cream, we all want ice cream...
LIEN VIDEO
Je sens que Bill me regarde. Il doit être en train de sonder ma réaction. Je n'ose pas le regarder.
J'ai une idée de l'endroit où je me trouve, mais je ne me prononce pas tant que je ne l'aurais pas vue.
Le rideau tombe. Elle est là, en haut de la scène. Je suis médusée, pétrifiée sur place. Je n'arrive pas à y croire. Tout se bouscule dans ma tête. Bill m'a emmenée à Milan pour voir p !nk, ma chanteuse préférée, le jour de mon anniversaire !!! Comment diable a-t-il su ?? Comment diable a-t-il pu obtenir des billets dans le carré VIP ?? J'ai l'impression d'être en plein rêve. Je sens toujours le regard de Bill sur moi. Il doit se demander pourquoi je ne me retourne pas vers lui. C'est que je ne peux pas le regarder en face. L'émotion est trop forte. Des larmes de joie s'échappent et coulent sur mes joues. Je ne veux pas qu'il me voie dans cet état. Mais trop tard ... Il se penche à mon oreille, et me demande si ca va. Je me retourne. Il voit alors mes yeux brillants. Il me sourit. Je vois de la compréhension et surtout de la joie dans ses yeux. Il sait maintenant que sa surprise m'a fait plaisir.
Pendant les 90 minutes qui suivent, je n'ai de yeux que pour p !nk. Plus rien autour de moi n'existe, même pas Bill. Je profite du moment présent, chantant, dansant, hurlant.
Les chansons s'enchainent à un rythme fou, p !nk chauffant de plus en plus la salle.
Vient enfin un moment clé du spectacle : Fingers. Je suis impatiente de voir comment elle va bien pouvoir mettre cette chanson en scène. A part le faire à la « Like a Virgin » comme Madonna, je ne vois pas ce qu'elle pourrait faire d'autre. Et pourtant ... elle surpasse mes attentes. Elle se met sur le devant de la scène, se déshabille, et commence à danser en ce tenant à un filet. Quelle sensualité, quel érotisme. Je ne suis pas un mec, pourtant je sens l'excitation me gagner. Cette fille est une torche brulante. Si seulement je pouvais lui ressembler, physiquement et mentalement. Je me demande bien ce que Bill pense et ressent à la vue de ce spectacle. Je me retourne vers lui rapidement ; il ne voit même pas que je le regarde. Ses yeux sont rivés droit devant. Il doit effectivement être en train de prendre son pied à la regarder se trémousser dans son filet. Il est peut-être plus coquin que je ne le pensais.
P !nk termine « Fingers » par des acrobaties incroyables dans les airs. Son filet doit être à 3-4 mètres du sol au moins, et elle se balance, se laisse tomber pour ensuite se rattraper avec les jambes. Je n'avais jamais rien vu de pareil.
LIEN VIDEO FINGERS
A la fin du concert, je suis sur une autre planète. J'ai quitté la croute terrestre pour une planète rose située à mille lieux de notre système solaire. J'ai une folle envie de sauter au cou de Bill pour le remercier, mais je refreine mon ardeur. Je me contente de lui faire un gros bisou sur la joue. Le pauvre, il a la joue toute rouge tellement j'ai appuyé en faisant mon bisou. Il me dit qu'il n'est pas le seul responsable de cette surprise. Que c'est surtout grâce à Tom si nous sommes ici. J'en connais un qui va avoir droit à un gros bisou et à un interrogatoire à mon retour. Je ne sais toujours pas comment ils ont su pour p !nk. Mais bon, passons ...
C'est donc la fin du concert. Saki nous rejoint. Nous nous dirigeons vers la sortie, mais Bill me retient par la main et m'entraine vers la scène. Je n'oppose aucune résistance. Je le suis. Je me dis qu'il veut surement observer la scène de plus prés, histoire de prendre quelques informations pour la prochaine tournée.
Nous contournons la scène. Nous sommes maintenant devant les barrières protégeant l'accès à l'arrière de la scène. Bill tend une lettre au type de la sécurité, lequel nous ouvre les barrières et nous demande de le suivre. Je commence à me douter de ce qui va se passer. J'ai les jambes qui flanchent, les mains moites. Oh mon Dieu...
Nous passons devant un miroir. Je me regarde rapidement, m'assurant que ma coiffure est en ordre et que mon mascara n'a pas trop coulé pendant le concert.
Le type de la sécurité nous laisse devant une loge... devant ... SA LOGE !! Oh mon Dieu, je sens que je vais faillir. Bill m'invite à toquer. Mais je ne peux pas, je suis trop sous le coup de l'émotion. Il toque à ma place. De l'intérieur, j'entends sa voix : Come in !
Bill ouvre la porte et me pousse à l'intérieur.
P !nK : Hey you ! What's up ? I assume you are Alicia. Nice to meet you.
Sur le moment, je suis tellement heureuse de la voir que je ne me rends même pas compte qu'elle vient de m'appeler par mon prénom. Voyant que je ne réponds pas, elle continue de parler, probablement pour me mettre à l'aise.
P !nk : You know, this guy must really love you. You wouldn't believe how far he went to make this happen. But when he told me it was your birthday, and that you were called Alicia, almost like me, I could only accept to meet you.
Je suis bleuffée. Elle connait mon prénom, et elle sait que c'est mon anniversaire. Je regarde Bill qui me fait de grands sourires. Il n'a absolument pas capté ce que p !nk vient de me dire. J'avoue que moi-même j'ai de la peine à le croire. « Ce gars doit vraiment t'aimer. Tu ne peux même pas imaginer ce qu'il a fait pour rendre cela possible ». J'ai effectivement de la peine à imaginer. Déjà, comment a-t-il su pour mon anni ? Ensuite comment a-t-il su pour p !nk ? Et enfin comment a-t-il pu organiser tout ca alors qu'il n'arrive pas à ligner deux mots de suite en anglais ? La grand question qui me trotte dans la tête est surtout « qui ? ». En effet, je suis là avec Bill, mais il m'a dit plus tôt dans la journée que l'idée venait de Tom.
J'échange quelques banalités avec elle (bravo pour le concert, à quand une nouvelle tournée, ...) puis vient le moment magique de la séance de photos. Je dis bien séance, car nous ne nous sommes pas contentées d'en prendre une seule. Je lui ai promis de mettre les photos sur son myspace une fois que je les aurai downloadées sur mon PC.
Sur le chemin du retour vers l'hôtel, je suis toujours sur mon petit nuage. J'ai des étoiles plein les yeux ; je ne crois pas que je vais pouvoir fermer l'½il de la nuit.
Je quitte Bill et Saki , leur souhaite bonne nuit, et rentre dans ma chambre. Je n'ai même pas le temps d'allumer la lumière que là ... surprise... Je vois un gâteau avec des bougies scintillantes sur la petite table. Je me rapproche, quand j'entends la voix de Bill derrière moi entonner un « joyeux anniversaire » en français. Je me retourne. Bill n'est pas seul. Dans le chambranle de l'entrée, je reconnais la silhouette d'Eva. Je ne peux retenir mon émotion. Je fonds en larmes et je saute dans les bras d'Eva.
Bill et Saki rejoignent leur chambre, me laissant seule avec Eva. Nous passons la nuit à discuter. Sa carrière s'annonce bien. Elle est en ce moment à Milan pour présenter la nouvelle collection estivale Armani, ce qui explique sa présence ici. Je la soupçonne d'être à l' origine de toute cette aventure, mais elle me répond que non, que tout vient de Tom. Que c'est lui qui l'a contactée afin de savoir quand j'avais mon anniversaire.
Nous nous quittons au petit matin, sans même avoir dormi. Nous nous promettons de nous revoir très prochainement. Idéalement pour le nouvel an, donc dans 10 jours.
Bill, Saki et moi retournons sur Hamburg. Je n'arrive toujours pas à y croire. Et en ce moment même, alors que j'écris ces lignes, j'ai toujours l'impression que tout ceci n'a été qu'un rêve. Alors je regarde la photo que j'ai mise tendrement dans un cadre au bord de mon lit, et je réalise la chance que j'ai. La chance d'avoir rencontré p !nk, bien sur. Mais surtout la chance d'avoir des amis comme Eva, comme Bill, et comme Tom. Je les aime tous à ma manière.
***************************************************************
SMS de Bill à Tom – Milan – 22 décembre 2006 – 1h14
Surprise OK. Alicia trop contente, si tu l'avais vue ! Eva est aussi venue. Dommage que tu ne sois pas là avec nous. A+
Voilà bien des mois que je t'avais délaissé, Cher Journal. Mais compte tenu des événements des dernières vingt-quatre heures, je me sens le besoin de te confier l'incroyable aventure qui m'est arrivée.
Retour donc en arrière : mercredi 21 décembre. Une journée qui débute comme les autres. C'est mon dernier jour au bureau avant une pause de deux semaines. Mais surtout, aujourd'hui, c'est mon anniversaire. Mais je ne l'ai pas dit aux garçons. J'espère juste avoir un appel d'Eva. Elle ne m'a jamais oubliée ces 15 dernières années. Il n'y a donc aucune raison qu'elle m'oublie cette année.
J'arrive au bureau. Tout est calme. La plupart de mes collègues sont déjà en vacances. Il me reste encore quelques bricoles à régler, mais vraiment pas grand-chose. J'espère pouvoir quitter le bureau plus tôt que prévu. Je sais pourtant qu'il n'y aura personne pour m'attendre à la maison. Georg et Gustav sont déjà partis dans leurs familles pour les fêtes de fin d'année. Il ne reste que Bill et Tom qui avaient encore quelques trucs privés à faire sur Hamburg.
11h30 : on frappe à ma porte. A ma plus grande surprise, je vois Bill entrer dans le bureau. Il a les cheveux cachés sous une casquette, sans maquillage, au naturel. Normal, c'est un jour off pour lui. Pas besoin d'artifices. Le vrai Bill Kaulitz peut donc prendre le dessus. J'aperçois Saki qui l'attend dehors. Bill est donc en day off mais il a tout de même besoin des services de Saki. Etrange. Il s'approche de mon bureau, me demande d'éteindre mon ordinateur et me prie de le suivre. Je ne comprends pas où il veut en venir. Je lui explique que j'ai encore du boulot. Il me répond que cela peut attendre, que l'on a pas de temps à perdre, qu'il faut y aller maintenant. Je m'exécute donc, et je le suis hors du bureau. Je salue Saki, et nous sortons tous les trois des bureaux d'Universal.
Un van noir nous attend devant l'immeuble. Je m'installe à l'arrière, Bill se met à coté de moi. Saki va à l'avant. Je tente de questionner Bill, mais il ne me dit rien. Il se contente de me regarder en souriant, puis regarde par la fenêtre. J'essaye de deviner ce qui se passe, mais je n'y comprends rien de rien.
Le van se dirige à présent en direction de l'aéroport. Je me pose de plus en plus de questions. Où m'emmène-t-il ?
Nous passons directement au bureau de contrôle des passeports. J'en conclus que nous ne venons pas à l'aéroport pour y accueillir quelqu'un mais pour partir nous-mêmes quelque part. Bill me tend mon passeport ; il avait donc tout prévu. Comment et où l'a-t-il d'ailleurs trouvé mon passeport ?? Nous traversons l'aéroport de Hamburg, et nous nous arrêtons à la porte B15. L'écran indique Miland – Milano. Commence alors un grand interrogatoire, mais ni Bill ni Saki ne vendent la mèche. Tu verras, qu'ils me disent. C'est une surprise.
Je les cuisine comme je peux pendant le vol, mais je n'arrive à obtenir aucune information. Ils sont tous les deux muets comme une tombe. Enfin, nous discutons, mais ils évitent de répondre aux questions concernant le pourquoi de ce voyage. Je m'inquiète de voir que je ne suis qu'avec Bill. La situation est loin de me déplaire, c'est vrai, mais je me demande pourquoi les autres ne sont pas là.
Nous atterrissons à Milan en début d'après-midi. L'air y est encore plus doux qu'à Hamburg. On se croirait au printemps, et non au premier jour de l'hiver.
Un taxi nous attend. Il nous emmène dans le centre la ville et nous dépose devant un grand hôtel 4 étoiles. Ainsi donc nous allons passer la nuit à Milan. Et dire que je n'ai ni brosse à dent, ni pyjama, ni même une culotte de rechange pour demain. Bill non plus d'ailleurs ; je me rends compte qu'il n'a pas pris de sac de voyage. Mais quelle est donc le but de ce voyage ??
Apres avoir fait un check-in express, nous nous rendons à pied au Dôme, sur la place centrale, et nous nous asseyons sur une terrasse et commandons une glace. C'est si étrange de se retrouver dans un lieu public avec Bill, en parfait incognito. Il a l'air content de pouvoir décompresser un peu et de pouvoir enfin être un touriste comme un autre. Je découvre un Bill souriant et décontracté ; je ne l'avais encore jamais vu comme cela. Même à la maison, il n'arbore pas un tel sourire.
J'évite de trop le regarder, de peur qu'il ne commence à se douter de quelque chose. Nous discutons, nous rigolons tout en mangeant notre glace. J'en oublie presque que Saki est là avec nous. Il nous observe en silence. Je me demande bien ce qu'il pense en ce moment.
Vers 18h30, nous reprenons un taxi. Bill me tend un foulard et me demande de me bander les yeux. Cela fait partie de la surprise, me dit-il avec un sourire à damner un dieu. A nouveau je m'exécute. Je sens le taxi en mouvement, mais je n'ai aucune idée où nous nous rendons. Tout ce petit scenario commence sincèrement à m'intriguer, voir presque à m'inquiéter. Mais qu'a-t-il bien pu manigancer ?
Ne pouvant voir l'heure qu'il est, je ne saurais dire à quelle heure nous sommes arrivés à destination. Mais je pense que nous avons du rouler pendant une bonne demi-heure, voir plus.
J'espérais pouvoir me débarrasser de mon foulard, mais non. Bill me tend la main et me dirige. J'entends du bruit autour de moi, des gens qui discutent. J'essaye d'écouter les discussions autour de moi, mais nous avançons trop rapidement pour que je puisse comprendre quoi que ce soit. Enfin, nous nous asseyons. Bill est à ma gauche. Quant à Saki, il nous dit qu'il est plus loin mais qu'il est là si il y a un problème, qu'on a qu'à lui faire un signe.
Je ne vois pas Bill, mais je sens qu'il est nerveux. Il n'arrête pas de taper du pied parterre. Je sens la vibration sur mon siège. Je lui demande ce qu'il y a. Il me répond qu'il ne reste plus que quelques minutes avant que je ne découvre ma surprise et qu'il a peur que cela ne me plaise pas. Mais je n'ai pas le temps de lui répondre. J'entends des cris autour de moi, et un bruit de basse prend possession des lieux.
Bill détache mon foulard. J'observe les lieux. Il fait noir. Il y a une grande scène devant nous. Des personnes en longues capuches noires défilent sur le devant de la scène. Je cherche des indices, mais je ne vois rien, il fait trop noir. Puis tout d'un coup, un début de mélodie :
... ice cream ice cream, we all want ice cream...
LIEN VIDEO
Je sens que Bill me regarde. Il doit être en train de sonder ma réaction. Je n'ose pas le regarder.
J'ai une idée de l'endroit où je me trouve, mais je ne me prononce pas tant que je ne l'aurais pas vue.
Le rideau tombe. Elle est là, en haut de la scène. Je suis médusée, pétrifiée sur place. Je n'arrive pas à y croire. Tout se bouscule dans ma tête. Bill m'a emmenée à Milan pour voir p !nk, ma chanteuse préférée, le jour de mon anniversaire !!! Comment diable a-t-il su ?? Comment diable a-t-il pu obtenir des billets dans le carré VIP ?? J'ai l'impression d'être en plein rêve. Je sens toujours le regard de Bill sur moi. Il doit se demander pourquoi je ne me retourne pas vers lui. C'est que je ne peux pas le regarder en face. L'émotion est trop forte. Des larmes de joie s'échappent et coulent sur mes joues. Je ne veux pas qu'il me voie dans cet état. Mais trop tard ... Il se penche à mon oreille, et me demande si ca va. Je me retourne. Il voit alors mes yeux brillants. Il me sourit. Je vois de la compréhension et surtout de la joie dans ses yeux. Il sait maintenant que sa surprise m'a fait plaisir.
Pendant les 90 minutes qui suivent, je n'ai de yeux que pour p !nk. Plus rien autour de moi n'existe, même pas Bill. Je profite du moment présent, chantant, dansant, hurlant.
Les chansons s'enchainent à un rythme fou, p !nk chauffant de plus en plus la salle.
Vient enfin un moment clé du spectacle : Fingers. Je suis impatiente de voir comment elle va bien pouvoir mettre cette chanson en scène. A part le faire à la « Like a Virgin » comme Madonna, je ne vois pas ce qu'elle pourrait faire d'autre. Et pourtant ... elle surpasse mes attentes. Elle se met sur le devant de la scène, se déshabille, et commence à danser en ce tenant à un filet. Quelle sensualité, quel érotisme. Je ne suis pas un mec, pourtant je sens l'excitation me gagner. Cette fille est une torche brulante. Si seulement je pouvais lui ressembler, physiquement et mentalement. Je me demande bien ce que Bill pense et ressent à la vue de ce spectacle. Je me retourne vers lui rapidement ; il ne voit même pas que je le regarde. Ses yeux sont rivés droit devant. Il doit effectivement être en train de prendre son pied à la regarder se trémousser dans son filet. Il est peut-être plus coquin que je ne le pensais.
P !nk termine « Fingers » par des acrobaties incroyables dans les airs. Son filet doit être à 3-4 mètres du sol au moins, et elle se balance, se laisse tomber pour ensuite se rattraper avec les jambes. Je n'avais jamais rien vu de pareil.
LIEN VIDEO FINGERS
A la fin du concert, je suis sur une autre planète. J'ai quitté la croute terrestre pour une planète rose située à mille lieux de notre système solaire. J'ai une folle envie de sauter au cou de Bill pour le remercier, mais je refreine mon ardeur. Je me contente de lui faire un gros bisou sur la joue. Le pauvre, il a la joue toute rouge tellement j'ai appuyé en faisant mon bisou. Il me dit qu'il n'est pas le seul responsable de cette surprise. Que c'est surtout grâce à Tom si nous sommes ici. J'en connais un qui va avoir droit à un gros bisou et à un interrogatoire à mon retour. Je ne sais toujours pas comment ils ont su pour p !nk. Mais bon, passons ...
C'est donc la fin du concert. Saki nous rejoint. Nous nous dirigeons vers la sortie, mais Bill me retient par la main et m'entraine vers la scène. Je n'oppose aucune résistance. Je le suis. Je me dis qu'il veut surement observer la scène de plus prés, histoire de prendre quelques informations pour la prochaine tournée.
Nous contournons la scène. Nous sommes maintenant devant les barrières protégeant l'accès à l'arrière de la scène. Bill tend une lettre au type de la sécurité, lequel nous ouvre les barrières et nous demande de le suivre. Je commence à me douter de ce qui va se passer. J'ai les jambes qui flanchent, les mains moites. Oh mon Dieu...
Nous passons devant un miroir. Je me regarde rapidement, m'assurant que ma coiffure est en ordre et que mon mascara n'a pas trop coulé pendant le concert.
Le type de la sécurité nous laisse devant une loge... devant ... SA LOGE !! Oh mon Dieu, je sens que je vais faillir. Bill m'invite à toquer. Mais je ne peux pas, je suis trop sous le coup de l'émotion. Il toque à ma place. De l'intérieur, j'entends sa voix : Come in !
Bill ouvre la porte et me pousse à l'intérieur.
P !nK : Hey you ! What's up ? I assume you are Alicia. Nice to meet you.
Sur le moment, je suis tellement heureuse de la voir que je ne me rends même pas compte qu'elle vient de m'appeler par mon prénom. Voyant que je ne réponds pas, elle continue de parler, probablement pour me mettre à l'aise.
P !nk : You know, this guy must really love you. You wouldn't believe how far he went to make this happen. But when he told me it was your birthday, and that you were called Alicia, almost like me, I could only accept to meet you.
Je suis bleuffée. Elle connait mon prénom, et elle sait que c'est mon anniversaire. Je regarde Bill qui me fait de grands sourires. Il n'a absolument pas capté ce que p !nk vient de me dire. J'avoue que moi-même j'ai de la peine à le croire. « Ce gars doit vraiment t'aimer. Tu ne peux même pas imaginer ce qu'il a fait pour rendre cela possible ». J'ai effectivement de la peine à imaginer. Déjà, comment a-t-il su pour mon anni ? Ensuite comment a-t-il su pour p !nk ? Et enfin comment a-t-il pu organiser tout ca alors qu'il n'arrive pas à ligner deux mots de suite en anglais ? La grand question qui me trotte dans la tête est surtout « qui ? ». En effet, je suis là avec Bill, mais il m'a dit plus tôt dans la journée que l'idée venait de Tom.
J'échange quelques banalités avec elle (bravo pour le concert, à quand une nouvelle tournée, ...) puis vient le moment magique de la séance de photos. Je dis bien séance, car nous ne nous sommes pas contentées d'en prendre une seule. Je lui ai promis de mettre les photos sur son myspace une fois que je les aurai downloadées sur mon PC.
Sur le chemin du retour vers l'hôtel, je suis toujours sur mon petit nuage. J'ai des étoiles plein les yeux ; je ne crois pas que je vais pouvoir fermer l'½il de la nuit.
Je quitte Bill et Saki , leur souhaite bonne nuit, et rentre dans ma chambre. Je n'ai même pas le temps d'allumer la lumière que là ... surprise... Je vois un gâteau avec des bougies scintillantes sur la petite table. Je me rapproche, quand j'entends la voix de Bill derrière moi entonner un « joyeux anniversaire » en français. Je me retourne. Bill n'est pas seul. Dans le chambranle de l'entrée, je reconnais la silhouette d'Eva. Je ne peux retenir mon émotion. Je fonds en larmes et je saute dans les bras d'Eva.
Bill et Saki rejoignent leur chambre, me laissant seule avec Eva. Nous passons la nuit à discuter. Sa carrière s'annonce bien. Elle est en ce moment à Milan pour présenter la nouvelle collection estivale Armani, ce qui explique sa présence ici. Je la soupçonne d'être à l' origine de toute cette aventure, mais elle me répond que non, que tout vient de Tom. Que c'est lui qui l'a contactée afin de savoir quand j'avais mon anniversaire.
Nous nous quittons au petit matin, sans même avoir dormi. Nous nous promettons de nous revoir très prochainement. Idéalement pour le nouvel an, donc dans 10 jours.
Bill, Saki et moi retournons sur Hamburg. Je n'arrive toujours pas à y croire. Et en ce moment même, alors que j'écris ces lignes, j'ai toujours l'impression que tout ceci n'a été qu'un rêve. Alors je regarde la photo que j'ai mise tendrement dans un cadre au bord de mon lit, et je réalise la chance que j'ai. La chance d'avoir rencontré p !nk, bien sur. Mais surtout la chance d'avoir des amis comme Eva, comme Bill, et comme Tom. Je les aime tous à ma manière.
***************************************************************
SMS de Bill à Tom – Milan – 22 décembre 2006 – 1h14
Surprise OK. Alicia trop contente, si tu l'avais vue ! Eva est aussi venue. Dommage que tu ne sois pas là avec nous. A+



