CHAPITRE 10

CHAPITRE 10
Le concert était sur le point de commencer. Le public trépignait d'impatience. Les premières filles avaient déjà fait la queue depuis le soir d'avant, et avaient dormi devant l'entrée afin de s'assurer qu'elles se retrouveraient au premier rang. Cela avait payé pour certaines. D'autres s'étaient frayées un passage jusqu'au premier rang, en poussant et donnant des coups de coude. A la guerre comme à la guerre. Que ne feraient pas certaines pour avoir Bill ou Tom dans leur ligne de mire.
Les premiers rangs ondulaient telle une vague. Tantôt à gauche, tantôt à droite. On aurait dit un immense serpent rampant dans du sable.

Les lumières s'éteignirent. Une foule en délire, criant, hurlant, sautant. Les garçons montèrent enfin sur scène. Le concert allait pouvoir commencer. Lumières. Guitare. Basse. Batterie. Bill entrait enfin en scène. D'où elle était, en backstage, Alicia pouvait voir les filles du premier rang. Elle les aurait bien rejointes, juste pour le délire. Pour vivre une fois un concert de l'autre coté de la barrière, du coté des fans.
Prise dans ses pensées, Alicia ne vit pas que la « copie » (ou plutôt copine ?) de Bill s'était approchée d'elle, jusqu'à ce qu'elle entendit quelqu'un lui parler à l'oreille.

Silke : Que ne donneraient pas ces gamines pour être à notre place ? Je veux dire, pas seulement ici backstage, mais dans leur lit, si tu vois ce que je veux dire ...

Cette inconnue ne venait que de placer deux phrases, mais Alicia en était déjà plus qu'exaspérée. Non mais pour qui elle se prenait, celle-là, avec ses airs supérieurs et ses faux seins siliconés ? Alicia, qui n'avait rien à lui répondre, lui fit un signe en mettant ses mains sur ses oreilles, comme pour lui dire qu'elle ne comprenait rien à cause de la musique. L'autre reprit alors plus fort.

Silke: Je disais, si elles savaient qu'on se tape les frangins, elles en feraient une sacré crise, hein ? Moi je m'appelle Silke. Et toi ?
Alicia : Alicia.
Silke : Ca fait longtemps que tu te fais Tom ?


Alicia voulut lui retourner la question pour Bill, lorsqu'elle réalisa ce que Silke venait de lui demander. Comment diable avait-elle pu penser une seule minute qu'elle et Tom était ensemble ?? Puis elle comprit. Mais bien sur. Silke avait vu Alicia rentrer dans la chambre de Tom, munie de ses bagages. Elle en avait donc conclu qu'ils étaient ensemble. Aussi simple que ca. Alicia rentra dans le jeu dans l'espoir d'obtenir plus d'informations sur la nature de la relation de Silke avec Bill.

Alicia : C'est tout frais, si je puis dire. Et toi ?
Silke : Il y a à peu près un mois. J'avais aucune idée qui ils étaient. On fêtait l'anniversaire d'une copine dans un grand hôtel, et on est tombé sur eux. Je me suis d'abord dit « c'est qui ces gosses ». C'est une de mes copines qui m'a dit qu'ils étaient dans un groupe. Ils sont tout de suite devenus plus intéressants pour moi. Bill n'est pas une beauté fatale, et il a vraiment rien de spécial, à la limite de l'ennui ce mec en vérité, mais bon. Je me le garde au chaud, si tu vois ce que je veux dire. C'est toujours bien d'avoir un Bill Kaulitz au palmarès de tes amants ...


Alicia ne voyait pas du tout ce qu'elle voulait dire. Ou plutôt, elle ne voyait que trop bien où Silke voulait en venir. Elle en était dégoûtée. Qu'est-ce que Bill pouvait bien lui trouver à cette poufiasse ? Il devait avoir perdu la tète pour se faire avoir de la sorte. Tom lui, par contre, semblait l'avoir tout de suite cernée. Ou quand le monde se met à tourner a l'envers ...
En guise de réponse, Alicia répondit à nouveau d'un mouvement de la tête. Silke continua :

Silke : Il est un peu coincé le petit Bill. Mais je suis sur qu'une fois qu'il est chaud, il doit vite devenir brulant et pervers comme son frère. Toi par contre, tu ne dois pas t'ennuyer avec le Tom ... c'est un chaud lapin, à ce qu'il parait ...
Alicia : C'est sur que Tom est bien différent de Bill. On a pas le temps de s'ennuyer avec lui. Il est toujours très ... inventif.


Alicia n'en revenait pas de ce qu'elle venait juste de dire. En même temps, ce petit jeu l'amusait.

Première pause. Les garçons sortirent furtivement de scène. Silke s'empressa d'aller vers Bill pour l'éponger.
Quel spectacle pitoyable, se dit Alicia. Si au moins elle était sincère avec lui. Pauvre Bill, si il savait. Le pire dans toute l'histoire c'est que Silke n'arrêtait pas de regarder Alicia pendant tout le temps où elle était avec Bill. Du coup, Alicia dû jouer au même jeu que Silke afin de ne pas perdre la face. Si bien que lorsque Tom lui passa devant, elle lui sauta au cou. Tom parut surpris mais non mécontent.

Tom : Et bien. Qu'est-ce qui me vaut ce soudain élan d'affection ?
Alicia : J't'expliquerai plus tard. En attendant, prends-moi dans tes bras et souris-moi bêtement.
Tom : Je dis pas non. Mais à quoi tu joues ?
Alicia : Je t'expliquerai, que je te dis.
Tom : D'accord... ca va le sourire, là ?
Alicia : Parfait ...


Et ils pouffèrent tous les deux de rire. Bill était trop occupé de son coté pour voir ce qu'il se passait dans son dos.

Retour sur scène. Alicia, qui ne pouvait supporter l'idée de devoir passer la seconde moitie du concert à discuter avec mademoiselle Silke, s'éclipsa et alla voir la fin du show directement dans la salle, au milieu des fans. Mieux valait une foule d'adolescentes hystériques qu'une nymphomane comme Silke

# Posté le jeudi 05 juillet 2007 06:53

CHAPITRE 9

CHAPITRE 9
Il me fallut à peine une heure pour réunir toutes mes affaires. Il faut dire que la plupart de mes habits étaient encore dans les cartons et que le reste était sale, je n'avais donc pas de quoi remplir ma valise. Je choisis de prendre mes habits préférés, même sales. Je trouverai bien une laverie quelques part pour les laver.

Un grand van noir attendait en bas de chez moi. Mais aucun signe de Saki, ni de Tobi, personne. Je m'en étonnai. Puis je réalisai qu'à cette heure-ci, les garçons ne risquaient pas de rencontrer qui que ce soit, et qu'ils n'avaient donc pas besoin de garde rapprochée.

J'étais touchée de voir qu'ils m'avaient déjà réservé une chambre dans leur hôtel. A croire qu'ils étaient surs de leur coup. Et si j'avais refusé de revenir avec eux ? Qu'auraient-ils fait alors ? Jusqu'où auraient-ils été pour me convaincre ? Des fois je me dis que j'aurais du résister un peu. Il est vrai que je les ai suivis au doigt et a l'½il. Il faut dire qu'ils savent vous attendrir, ces petits.

Pendant ces deux derniers mois, je m'en suis tenue à la promesse que je leur avais faite : je ne les ai pas quittés des yeux. Journaux, interviews radio, passages TV : rien ne m'a échappé. Jour après jour, j'ai pu les suivre, grâce au Net, prouesse de la technologie moderne. Je connais leur moindre fait et geste. Enfin presque ; on ne peut pas croire tout ce que l'on lit sur le Net. Il faut savoir faire le tri entre info et intox.

Je suis à présent dans ma chambre, mais je n'arrive pas à dormir. Je suis encore sous le choc de cette surprise. J'en avais souvent rêvé, mais à chaque fois je me disais qu'il fallait être réaliste, que je ne les reverrai plus jamais, que je ne le reverrai plus jamais. Je m'étais presque faite à cette idée. Et voila que le destin en a décidé autrement. Ah, Mère Fortune, que me réserves-tu encore ?


Il est déjà 5h30. Le réveil sonne. J'ai du finir par m'endormir.
Où suis-je ? Il me faut un certain temps d'adaptation. Tout est très confus dans ma tête. Puis je me souviens.
J'ai à nouveau fait ce rêve étrange. Cela faisait des mois qu'il n'était pas venu me hanter. Il fait un froid de canard dans la chambre, pourtant mon corps est brulant. Comme si je sentais encore son souffle chaud sur moi. Tout mon corps est en émoi. Ses caresses, plus douces que jamais. Ses lèvres, plus gourmandes que jamais. Ses baisers ... Saurais-je un jour qui se cache derrière ce regard de braise ? Si un tel homme existe sur terre, que Dieu me fasse le rencontrer au plus vite, même si je sais que je ne pourrais jamais lui résister...

Nous sommes fin prêts pour partir vers 6h30 pour l'aéroport. Je revois enfin Bill pour la première fois après deux mois. Il est toujours aussi distant. Il me regarde à peine, me fait un léger signe de la main. Rien à voir avec l'enthousiasme des trois autres hier soir. Si seulement je pouvais savoir ce qui se passe dans sa tête. Il a toujours été différent des autres, mais aujourd'hui je le trouve encore davantage... absent.

Fideles à nos anciennes habitudes, Tom et moi nous asseyons à coté dans l'avion. Toujours la même appréhension de voler. On en rigole, mais au fond de nous, c'est la panique. Vivement que l'on retrouve la terre ferme.

Tout se précipite dès notre arrivée à Berlin. Une horde de fans les attend à l'aéroport. Résultat : on trace. En deux temps trois mouvements, dans le van, direction l'hôtel. Même topo devant l'hôtel : c'est la cohue. Mais comment diable ont-elles pu savoir ? Bill sort en premier du van avec Gustav. La foule dehors est en délire. Tom prend une forte respiration, et sort à son tour, suivi de Georg. Je sors du van en dernier. Je sens alors des centaines de yeux se poser sur moi. Je trace à mon tour.
De surprise en surprise : il y a aussi des dizaines de fans dans l'hôtel. Un véritable chaos.

Dans l'ascenseur, Saki m'informe que l'hôtel est complet. Je n'ai donc pas de chambre. Il va falloir que l'on réorganise le partage des chambres. Saki me propose de laisser mes bagages dans la chambre de Tom en attendant que l'on trouve une solution. Tom n'a rien contre. J'accepte. Dans le pire des cas, je dormirai sur le sofa ; ce ne serait pas la première fois.

Nous arrivons à notre étage. La porte de l'ascenseur s'ouvre. C'est là que je la vois pour la première fois. Elle est grande, élancée, longs cheveux noirs comme lui. Une copie conforme de Bill. Elle nous regarde passer. Je me demande ce qu'elle fait ici. Probablement une fan qui a réussi à obtenir une chambre sur le même étage que nous. Tom semble la connaitre, ou du moins la manière dont il l'a regardée me laisse penser qu'il la connait. Pourquoi ne l'a-t-il donc pas saluée ?

Tom ouvre la porte de sa chambre. Nous y faisons entrer nos bagages que nous laissons à l'entrée, vers la grande armoire. Je me retourne pour fermer la porte, et là, mon sang ne fait qu'un tour : je viens de voir Bill, qui a apparemment la chambre d'en face, faire rentrer sa copie conforme dans sa chambre après l'avoir prise par la main, le sourire aux lèvres. Je suis atterrée. Voilà un scenario auquel je ne m'étais jamais attendue. J'entends Tom derrière moi qui jure, avant de refermer la porte avec fracas. J'attends des explications. Il ne tarde pas à me les donner.

Tom : Ils se sont connus il y a de cela un mois, je ne sais plus où. Elle prétend ne pas être fan, mais je n'en crois pas un mot. Elle nous a suivis sur plusieurs dates de la tournée, donc... Ca se voit gros comme le nez au milieu de la figure qu'elle est purement intéressée par Bill pour sa célébrité. Et je ne te parle pas de ses copines ...
Alicia : Je vois le genre, merci. Et il l'aime ? Ils ont déjà... enfin, tu vois ?
Tom : Y'a pas plus discret que mon frère sur ce sujet. Il me parle de tout sauf de ca. Mais le connaissant, il ne s'est rien passé, si ca peut te rassurer. Tu as encore ta chance.
Alicia : Pourquoi tu dis ca ?
Tom : Alicia, voyons... Tu avais une photo de Bill sur ta table de chevet. Je ne suis pas aussi stupide que j'en ai l'air. J'ai bien compris. Tu en pinces pour mon frère, avoue-le.
Alicia : Non, pas du tout. Tu fais des conclusions bien hâtivement, et sans preuves.
Tom : A d'autres, Alicia. Tu sais aussi bien que moi que j'ai raison.


Je sentais mes joues passer au rouge écarlate. Il m'avait déchiffrée, décodée. J'étais mise à nu.

Alicia : Tom... promets-moi de rien dire à personne.
Tom : Je ne sais pas... je trouve cette situation plutôt amusante.
Alicia : Tom !!!
Tom : Je plaisante. Bien sur que ca va rester entre nous. Je me vois mal dire à Bill que tu as un faible pour lui. T'es une grande fille, tu peux le faire toi-même. (rires). Dis, tu lui trouves quoi de spécial à mon frangin ?
Alicia : Si seulement je le savais ...


La discussion s'arrêta là. Je n'étais pas prête à lui en dire plus pour l'instant. Il en savait déjà bien assez comme ca.
Je découvrai à partir de ce jour un véritable complice en la personne de Tom. Nous étions à nouveau plus proches que jamais.

# Posté le lundi 02 juillet 2007 15:50

Modifié le lundi 02 juillet 2007 16:03

CHAPITRE 8

CHAPITRE 8
Sur le chemin du retour, Georg essaya de sonder Alicia afin de comprendre ce qui c'était passé. Apres de longues minutes d'un silence qui parut interminable, Alicia se décida enfin à tout lui raconter.

Alicia : J'imaginais bien que Tom serait triste et déçu, mais j'étais loin de penser que cela tournerait au drame.
Georg : Ce n'est pas de ta faute. Arrête de te culpabiliser comme ca. Tout sera oublié demain matin.
Alicia : Oh non ! Je ne crois pas !! Ni Tom, ni Bill ne me le pardonnera jamais. Bill me l'a dit : il me déteste. Tout en lui me le criait.
Georg : Je suis sur qu'il ne pensait pas ce qu'il disait. Je le connais, il s'emporte facilement. Surtout lorsqu'il s'agit de Tom.
Alicia : Cette fois c'était différent ... Je ne l'avais encore jamais vu aussi en colère.
Georg : Tu t'inquiètes pour rien, je te dis. Tu verras demain, tout sera comme avant.
Alicia (à elle-même) : Non, rien ne sera plus jamais comme avant ...


Les garçons avaient une journée libre le lendemain. Georg avait bien senti qu'Alicia n'aurait nulle envie de passer du temps avec les jumeaux, aussi lui avait-il promis qu'ils iraient ensemble visiter le Sacré-C½ur en début d'après-midi. Il toqua donc à sa porte à l'heure prévue. Aucune réponse. Il toqua à nouveau. Toujours rien. Il descendit à la réception, se disant qu'elle l'attendait probablement déjà en bas. Mais il ne la trouva point. A tout hasard, il demanda à la réception s'ils n'avaient pas vu passer Alicia.

Réceptionniste : Une jeune fille aux longs cheveux châtains, magnifiques yeux bleus ? Oui. Elle est partie pour l'aéroport ce matin, de très bonne heure. Elle m'a dit de remettre ceci à la première personne qui la demanderait.

Georg prit la lettre dans ses mains. Il redoutait ce qu'il allait y trouver. Il s'installa dans un coin du lobby, à l'abri des regards, et ouvrit la lettre.

Paris, le 29 septembre 2006

Chers amis,
Lorsque vous aurez trouvé cette lettre, je serai déjà partie. Je retourne chez moi. J'ai donné ma démission à Universal ce matin aux aurores. J'espère qu'ils vous trouveront rapidement quelqu'un de bien pour s'occuper de vous. Qui que ce soit, promettez-moi de l'accueillir comme vous m'avez accueillie au sein de votre clique. Je compte sur vous.
Je garderai toujours un ½il sur vous, où que vous alliez. N'abandonnez jamais votre rêve.
Je ne vous oublierai jamais.
Au revoir.
Avec toute mon affection. Alicia.


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29 novembre 2006 ... Genève, Suisse ...

1h00... La nuit était froide et humide. La pluie mêlée à des flocons de neige tombait à un rythme soutenu. Une soirée typique de novembre sur le pays de Calvin. Le réveil à cadran numérique venait d'afficher une heure du matin. Impossible de dormir. Encore une nuit blanche en perspective.

1h05 ... Une sirène retentit au loin. Le désavantage d'habiter en centre ville. Un brouhaha incessant de moteurs, comme le ronronnement des abeilles dans une ruche.

1h10... Quelqu'un a sonné à la porte d'en bas. Mais qui cela peut-il bien être à cette heure-ci ? Encore un ivrogne qui a oublié ses clés. D'autres coups de sonnette, à ma porte cette fois. Les gens ne savent-ils donc pas qu'il y en a qui essayent de dormir ici ? Je m'extirpe de ma couette douce et chaude, j'enfile mon peignoir noir, mes charentaises, et me dirige en pilote automatique vers la porte. J'ouvre. C'est le choc. Je n'en crois pas mes yeux. Je dois être en train de rêver. C'est cela oui, je rêve. Je suis pétrifiée sur place. Mes jambes ne font que me soutenir, elles ne vont pas là où je voudrais aller. Mes mains non plus ne répondent plus. D'un seul coup, je réalise : je suis en peignoir. La honte !

Surprise !!

Ah ca, pour être une surprise, c'est une surprise. Tom, Georg et Gustav sont à ma porte, chez moi, en Suisse, un mercredi à 1h10 du matin. C'est de la pure science-fiction. J'ai du mal digérer la tarte aux pommes que j'ai mangée pour le dessert, et voilà que j'hallucine à présent. Intoxication alimentaire avec hallucination, c'est ca. Je referme la porte. C'est un reflexe. Ca sonne à nouveau. J'ouvre. Ils sont toujours là, tous les trois, et me regardent avec de grands yeux, mais surtout avec un sourire jusqu'aux oreilles. J'ai du manquer un épisode, et il n'y a pas de rediffusion. Je suis larguée.

Gustav : Coucou ! C'est nous ! Tu ne nous as quand même pas déjà oubliés ?
Alicia : Mais... qu'est-ce que vous faites ici ???? C'est incroyable.... Entrez seulement... Je ne vous fais pas la visite, c'est encore un chantier ici. Je viens juste d'emménager.


Tom, Gustav et Georg entrent. Il en manque un à l'appel. Cela ne me surprend pas. Je ne comprends toujours pas ce qu'ils font ici.

Alicia : Vous ne devriez pas être à Lyon ce soir ?
Gustav : On en revient. On passe la nuit à Genève car on doit prendre un vol pour Berlin demain, enfin, ce matin. Et on s'est dit qu'on ne pouvait pas être à Genève sans venir te voir.
Alicia : Mais... comment vous avez su ? Je n'ai pas communiqué ma nouvelle adresse à Universal.
Tom : Disons qu'on a nos contacts persos ...
Alicia : Eva ...
Tom : Oui ! Quand je lui ai dit qu'on dormait à Genève, elle m'a tout de suite donné ton adresse.
Alicia : Alors vous vous parlez à nouveau ?
Tom : Oui, depuis avant-hier.


Je souris enfin depuis leur arrivée.

Tom : Eva est venue nous voir au concert au Bataclan, et on a discuté calmement après le concert. Il m'aura fallu 2 mois pour comprendre, quel con ! J'ai vraiment réagi comme un gamin en septembre. La gifle que tu m'as donnée était justifiée. Alicia ... je suis si désolé !! Tu ne peux pas savoir !! Je m'en veux tellement. Quand j'ai réalisé que tu étais partie le lendemain, j'étais tellement mal.
Alicia : Ce qui est fait est fait. On ne peut pas remonter le cours du temps.
Tom : Non, mais on peut encore influencer le futur immédiat.
Gustav : Ca na pas été facile, mais on a réussi à convaincre Universal de te réengager. Alicia, tu repars avec nous. On est venus te chercher.


Faites que je ne me réveille pas maintenant. Je me pince encore et encore, ma main gauche en devient écarlate. C'est de la pure science-fiction. Ils sont venus me chercher !! Moi !!

Tom : C'est par où ta chambre ? Je vais t'aider à préparer tes affaires.

Et voila que Tom visite tour à tour toutes les chambres. Oh mon Dieu. Non !! Catastrophe !! Il ne faut surtout pas qu'il trouve ma chambre. Je me précipite derrière lui. Mais c'est trop tard. Il est dans ma chambre. Il observe le peu d'affaires que j'ai déjà déballées. Il prend une photo que j'ai posée sur la bibliothèque dans les mains. C'est le seul ornement sur ce rayon.

Tom : Je me souviens. C'était notre première sortie tous ensemble. Ah, et là ... quand on a été au concert de Busta... Tu as gardé toutes ces photos ?

Je lui réponds d'un signe de la tête. Il continue son inspection. Seigneur, faites qu'il ne s'approche pas de la table de nuit, je vous en prie. A cette minute, je me hais d'avoir laissé cette photo à coté de mon lit. En même temps, je n'avais jamais pensé que l'un d'eux y viendrait.
Trop tard, il l'a en main ... je ne peux plus rien faire à présent. Il regarde la photo, puis me regarde. Je crois qu'il a compris. Il repose la photo et m'aide à faire ma valise, sans me poser aucune question. Ca sera notre secret ...

# Posté le lundi 02 juillet 2007 15:43

Modifié le lundi 02 juillet 2007 16:06

CHAPITRE 7

CHAPITRE 7
Le retour à l'hôtel se fit dans une ambiance électrique. Comme ils ne rentraient pas tous dans un seul taxi, ils durent à nouveau se séparer en deux groupes. Dans le premier taxi, Tom et Eva, en état second, n'arrêtaient pas de discuter et de rigoler, face à Gustav qui rapportait à Tobi la conversation qu'il avait eue avec les gars de la sono. De l'autre, Alicia, qui recueillait les impressions de Saki et Georg. Et Bill, seul dans son coin, silencieux, le coude contre le bord de la vitre, la joue droite dans la paume de sa main droite, en train de regarder les gouttes de pluie tomber le long de la vitre. Alicia remarqua immédiatement que quelque chose n'allait pas avec Bill. Il était certes parfois en retrait, dans son petit monde, mais là il semblait vraiment à mille lieues d'elle.

Les deux taxis arrivèrent successivement devant l'hôtel. Tom et Eva riaient toujours à pleins poumons lorsqu'Alicia les rejoignit devant les ascenseurs. Nul doute qu'une certaine complicité entre Eva et Tom était en train de naitre sous les yeux d'Alicia. Elle connaissait Eva depuis toujours, et pouvait déceler en Eva cette joie que vous procurent les premiers sentiments naissant pour une personne. Et en observant Tom, Alicia était convaincue que ces sentiments étaient sans doute réciproques. Il faut avouer qu'ils étaient plutôt mignons tous les deux.
L'ascenseur s'arrêta au quatrième étage. Tous en sortirent, sauf Eva et Tom qui continuèrent leur ascension jusqu'au cinquième étage, à la plus grande surprise de tous.

Saki : Euh ... Tom ... Faudrait peut-être monter le cherch ...
Alicia : Pas de soucis. Il est en de bonnes mains. Il ne risque rien. Je m'en fais garante. Je connais Eva. Ils vont passer la soirée à discuter, rien de plus.
Georg : Moi je n'en serais pas si sur ... en fait c'est plus pour ton amie que je m'inquiète, moi.
Alicia : Pas de soucis, je te dis. Eva a été championne européenne de karaté. Elle saura très bien se défendre toute seule, si besoin est.
Georg : Je t'aurai prévenue ...


Ils regagnèrent chacun leur chambre. Bill avait l'air encore plus déprimé que dans la voiture. Inquiète de le voir ainsi, Alicia décida d'aller lui parler. Elle toqua à sa porte.

Alicia : Bill ? C'est Alicia. Ouvre-moi.
Bill : Laisse-moi tranquille. J'ai envie de rester seul. On a une dure journée demain.
Alicia : Allez ... Ouvre-moi. Je n'en ai pas pour long.
Bill (à lui-même) : Dieu seul sait encore quel reproche elle va me faire... Allez Bill, courage. Ouvrons-lui.
Alicia : Merci. Ca va ? Tu m'avais l'air tout tristounet après le concert ce soir. Je voulais m'assurer que tout allait bien.
Bill : Tu t'inquiètes pour moi maintenant ? C'est nouveau...
Alicia : Pas d'ironie avec moi, Bill. (elle s'assoit à coté de Bill sur le lit et lui parle d'un ton très doux). C'est mon job en quelques sortes de m'assurer que tout va bien. Et quand je vois que quelque chose ne tourne pas rond, je me dois de m'en inquiéter. Pas seulement parce que je suis payée pour le faire, mais aussi parce que c'est dans ma nature de m'inquiéter pour les autres. Je suis une vraie éponge.

Sourire sincère d'Alicia qui attend les confessions de Bill. Mais rien ne se passe. Bill reste impassible.
Alicia : Tu ne veux pas me parler ... très bien. Je ne suis là que depuis quelques temps et je peux comprendre que tu n'aies pas envie de te confier à moi. Cela ne me pose aucun problème. (Elle se penche alors vers Bill et lui prend la main). Mais sache que si tu as un problème, si tu as besoin de parler à quelqu'un, je serai toujours là pour toi. Jour et nuit. Tu peux venir me parler quand tu veux. Tu ne me dérangeras jamais. Compris ?

La seule réponse qu'Alicia reçut de Bill fut un petit mouvement de tête de haut en bas, rien de plus. Bill regardait parterre, le regard indifférent et triste. Alicia voulut lui dire une dernière chose, mais elle préféra partir. Comme Bill l'avait dit, ils avaient une longue journée devant eux le lendemain.

Toute l'attention était portée sur Tom le lendemain matin. Il arriva au petit-déjeuner, la tête dans le c**, comme dit l'expression. Tous avaient envie de lui poser LA question, mais personne n'osa faire le premier pas. Tom, qui malgré la fatigue avait bien remarqué le regard interrogateur de la tablée, fini par aborder le sujet.

Tom : Oui j'ai passé la nuit avec Eva. Et non, il ne s'est rien passé avec elle. Nous avons simplement discuté. Rien de plus ... C'est une fille très bien.

Il fit un sourire à Alicia. Elle comprit immédiatement le message. Tom ne mentait pas. Alicia avait d'ailleurs reçu un bref appel d'Eva, qui lui avait elle aussi confirmé qu'ils avaient discuté encore et encore. Alicia, qui connaissait Eva depuis des années, savait qu'elle pouvait lui faire confiance, qu'elle ne lui mentirait pas. Eva n'était pas une fille d'un soir.
Eva et Tom n'eurent malheureusement pas l'occasion de se revoir avant le départ de Tom, leur emploi du temps respectif ne le leur permettant pas. Les seuls messages qu'ils s'échangèrent furent via boite vocale interposée. Ils se promirent de se revoir la prochaine fois que les TH viendraient sur Paris. A moins qu'Eva ne se trouve un jour dans la même ville que les TH. Entre temps, ils se téléphoneraient régulièrement.

L'épisode Eva-Tom rapprocha en fait Alicia et Tom. Ces derniers passèrent beaucoup de temps ensemble à discuter d'Eva dans les jours qui suivirent. Tom posaient questions sur questions au sujet d'Eva à Alicia. Il avait l'air sincèrement intéressé. La situation finit par mettre Alicia un peu mal à l'aise, car elle estimait que c'était à Eva de répondre directement aux questions de Tom, et non à elle. Elle fit donc part de son malaise à un Tom, un soir, dans sa chambre, alors qu'il lui demandait pour la dixième fois si elle avait reçu des nouvelles d'Eva.

Alicia : Je ne te connais encore pas très bien, mais tu m'as l'air sacrement attaché à Eva, toi.
Tom : Qu'est-ce qui te fait dire ca ?
Alicia : Tu ne t'en rends peut-être pas compte, mais tu n'arrêtes pas de parler d'elle depuis qu'on est partis de Paris.
Tom : Je ne m'en rends effectivement pas compte... c'est grave, docteur ?
Alicia : Non... (rires) ... Je crois que mon petit Tom est en train de devenir un homme ...
Tom : Qu'est-ce que tu insinues ?
Alicia : Tu sais très bien où je veux en venir ...
Tom : Promets- moi de ne pas le dire aux autres ! Surtout pas à mon frère ! Ca peut paraitre étrange, je sais, mais je connais Bill, il serait capable d'être jaloux.
Alicia : Jaloux ? Je ne suis pas sure de te suivre, là ...
Tom : Il a peur que je l'abandonne un jour pour une fille. Je sais que c'est ce qu'il redoute le plus, même si au fond de lui, il ne souhaite que mon bonheur. Et puis, avec Eva, rien n'est encore gagné, si je puis dire. On ne s'est vu qu'une fois, et je ne sais pas ce que l'avenir nous réserve. Je ne sais même pas si c'est réciproque.
Alicia : Ca, je ne peux pas répondre pour Eva. C'est votre histoire, pas la mienne. Je te promets de ne rien dire aux autres si tu me promets de ne pas briser le c½ur de ma chère Eva. Elle est comme ma s½ur, et je ne laisserai personne lui faire du mal. Si tu joues avec elle, je ne te le pardonnerai jamais.
Tom : Ce n'est pas mon intention.
Alicia : C'est ce que les garçons disent toujours au début...
Tom : Je suis sincère !!!! Dis... on retourne quand à Paris ?
Alicia : Pas avant septembre. Il va falloir prendre ton mal en patience, j'en ai bien peur.


Juillet et aout : saison des festivals. Très bonne occasion pour les TH de se faire connaitre du grand public. Apres plusieurs dates en Allemagne et en Autriche, ils passèrent également par la Suisse, ce qui réjouit Alicia. Enfin de retour au pays ! Elle s'organisa pour inviter sa mère au concert, histoire de lui présenter les TH. Puis elle alla passer 2 jours chez maman. Se ressourcer. Faire le point. Elle en avait besoin. Les TH vivaient à un rythme fou, et Alicia avait parfois un peu de peine à suivre.
Ce ne fut que 2 jours, mais elle en revint reposée et prête pour de nouveaux challenges.

Fin Septembre : de retour à Paris pour un round d'interviews, mais également pour y donner leur premier concert en France. Entre les dates des festivals, les garçons avaient passé leurs journées à répéter, encore et encore, perfectionnant chaque chanson jour après jour. Ils savaient que ce concert était capital pour la suite de leur carrière en France, aussi se préparèrent-ils comme des athlètes à quelques semaines des jeux olympiques. Alicia avait également hâte d'assister à un concert complet, car jusqu'à présent, elle ne les avait vus sur scène que pour des émissions ou des festivals, donc toujours pour trois chansons tout au plus. L'excitation était donc au maximum pour tout le monde.

Eva était à l'étranger lorsqu'ils arrivèrent à Paris, au plus grand regret de Tom. Mais elle avait promis d'essayer de se libérer au plus vite afin de venir ne serait-ce qu'au concert. Comme il avait hâte de la revoir !! Ils s'étaient parlé régulièrement au téléphone et sur msn, chacun racontant à l'autre leurs dernières journées. Eva avait obtenu un contrat d'exclusivité avec la Redoute, et était partie à l'étranger pour y faire les photos du prochain catalogue.

Le soir du concert était enfin arrivé, et toujours pas de nouvelles d'Eva. Alors que les garçons faisaient leur entrée sur scène, le portable d'Alicia sonna. C'était Eva.

Eva : Désolée de ne pas avoir pu appeler plus tôt. J'ai eu une journée de fou ici. Je suis toujours en Tunisie. C'est râpé pour le concert.
Alicia : C'est Tom qui va être déçu. Il avait tellement hâte de te revoir. Et moi aussi ... mais je comprends. Le travail avant tout.
Eva : Alicia, comme je t'ai au téléphone ... Faut que je te parle d'un truc. J'ai essayé d'en parler à Tom, mais il est tellement survolté quand je l'ai au bout du fil qu'il ne m'a jamais laissé l'occasion d'aborder le sujet.
Alicia : Attends, je vais sortir. J'entends rien, avec les cris et la musique. Je t'entendrai mieux dehors.
Alicia sortit de la salle, et se mit à l'écart.
Eva : Voila ... Je m'entends super bien avec Tom. On passe des heures sur msn et au phone, on est sur la même longueur d'onde et tout... Il est super chou avec moi, attentionné et tout, mais ...
Alicia : Mais ... ?
Eva : Mais ca ne peut pas marcher. Il vient tout juste d'avoir 17 ans. J'en ai 5 de plus. C'est plus fort que moi, cette différence d'âge, je ne pourrai jamais m'y faire. Et de toute manière, je me suis rendue compte depuis quelques temps que mes sentiments pour lui sont différents de ceux que je croyais avoir. En fait, il est plus comme un petit frère pour moi. Tu comprends ?
Alicia : Qu'est-ce que tu attends de moi ?
Eva : Que tu le lui dises. Je n'ai pas le courage de le faire. Et surtout, je ne veux pas le faire à distance, par téléphone. Je pourrais attendre de le revoir en personne, mais cela ne ferait qu'empirer la situation et lui donner de faux espoirs.

Alicia ne savait que répondre au bout du fil. Elle imaginait déjà la réaction de Tom, sa déception, son désespoir. Son silence inquiéta Eva.
Eva : Alicia ? T'es toujours là ?
Alicia : Oui je suis là. Tu peux compter sur moi. Ca ne va pas être facile, mais je vais le faire. Je vais le lui apprendre ce soir. Je t'appellerai plus tard.
Eva : Merci Alicia. Amie pour la vie ?
Alicia : Amie pour la vie.
Eva : Faut que j'y retourne. Bisous ma puce !!


Bien que cette annonce ne lui était pas adressée, Alicia la digérait avec peine. Elle qui avait peur que Tom ne brise le c½ur de son amie, voila que c'était la situation inverse qui allait se produire. En plus, elle avait la lourde tache d'annoncer la nouvelle personnellement à Tom. Comment allait-il le prendre ?
Alicia ne put profiter du concert. Elle passa en fait la soirée à réfléchir à comment elle allait annoncer la chose à Tom.

Une petite fête était organisée par la maison de disque après le concert. Alicia décida d'aller attendre les garçons directement au restaurant. A peine arrivé, Tom se précipita vers Alicia.

Tom : Où est Eva ? Elle est enfin arrivée ?
Alicia prit son courage à deux mains et emmena Tom dans un endroit tranquille, en retrait de la fête.
Alicia : Ecoute, elle avait trop de boulot. Elle n'a pas pu se libérer. Elle s'excuse.
Tom : Oh non !

Il avait l'air déjà tellement déçu et triste qu'Alicia dut se faire justice pour accomplir sa « mission ».
Alicia : Ecoute Tom. J'ai quelque chose à te dire qui ne va être facile ni pour toi ni pour moi... Eva a beaucoup d'affection et de respect pour toi. Elle aime discuter avec toi, elle te trouve drôle et tout ...
Tom : Je ne sais pas pourquoi mais je sens qu'il va y avoir un « mais » ...

Tom regardait Alicia avec un regard sombre et inquiet. Elle lui prit les mains.
Alicia : Il y a effectivement un « mais » ...
Une larme coula sur la joue de Tom. Il commença à sangloter.
Tom : Pourquoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ??
Alicia : Rien. Tu n'as rien fait de mal. Tu as été parfait.
Tom : Mais alors où est le problème ? Je ne comprends rien...
Alicia : Elle t'aime comme une grande s½ur aime son petit frère...
Tom : Quoi ? C'est tout ce que tu as trouvé comme excuse bidon pour me dire qu'en fait elle n'en a rien à battre de moi ?
Alicia : Non, Tom, écoute-moi... C'est déjà assez difficile comme ca...

Le désespoir faisait maintenant place à la colère. Tom partit en courant, poussant Alicia au passage. Bill, qui avait discrètement assisté à toute la scène et qui avait tout entendu, sorti de sa cachette et poussa Alicia à son tour en lui lançant, le regard noir.
Bill à Alicia : T'es contente ?

Et sur ce, il courut à la poursuite de son frère. Alicia se lança à son tour à la poursuite de Bill et de Tom. Fort heureusement, le restaurant se trouvait à deux rues de l'hôtel. Il ne fut donc pas difficile à Alicia de rapidement retrouver leur trace. Ils étaient là, devant l'hôtel. Et devant une dizaine de fans, qui ne comprenaient rien à ce qui se passait. Elles avaient vu Tom arriver seul en courant, suivi de Bill. Elles ne comprenaient pas l'allemand, mais elles avaient cependant vite compris que quelque chose n'allait pas, aussi aucune d'elles n'avait osé les approcher. Elles assistaient au spectacle en tant que pure spectatrices.
Lorsque Tom vit Alicia arriver, il se rapprocha des fans. De loin, Alicia voyait qu'il leur parlait, tandis que derrière lui, Bill essayait de le retenir et de le faire rentrer dans l'hôtel. Ce ne fut qu'une fois qu'elle fut suffisamment prés de lui qu'Alicia comprit ce qui était en train de se passer. Tom demandait successivement à toutes les filles si elles voulaient monter avec lui. Il devait vraiment être désespéré pour en arriver là. Il avait perdu toute rationalité. Il fallait le raisonner, et au plus vite avant que cette histoire ne dégénère encore plus.

Alicia : Tom... arrête tes conneries ... ce n'est pas comme ca que les choses vont s'arranger.
Tom : Je suis peut-être trop jeune pour Eva, mais y'en a d'autres ici qui ne demandent que ca.
Alicia : Tu sais aussi bien que moi que ce n'est pas ce que tu veux...
Tom : Fous-moi la paix. T'es pas ma mère. J'ai aucun compte à te rendre. Je fais ce que je veux. D'ailleurs, si t'es intéressée, moi je dis pas non...

Alicia gifla Tom de plein fouet. Le geste était parti tout seul, elle n'avait pu le contrôler. Toutes les fans, qui n'avaient toujours rien compris à ce qui se passait, regardaient successivement Tom, Alicia, puis Bill. Tom rentra dans l'hôtel, et disparut, tandis que Bill et Alicia restèrent dehors, face à face.

Bill à Alicia : Je te déteste !!!!! C'est de ta faute tout ca.
Alicia : Tu ne vas t'y mettre non plus !!

Et comme pour venger son frère, Bill gifla Alicia devant les fans, la sécurité de l'hôtel, et Gustav, Georg et le reste de la troupe qui arrivaient au pas de course. Bill rentra à son tour dans l'hôtel et alla rejoindre Tom.

Alicia s'effondra, en pleurs. C'était plus qu'elle ne pouvait en supporter.

Saki : Mais qu'est-ce qui se passe ici ? Vous êtes partis, d'un coup, comme ca, sans aviser personne. C'est de la pure inconscience. Dieu seul sait ce qui aurait pu leur arriver...
Georg à Saki : Saki, c'est pas le moment. Ils sont là, c'est ce qui importe. Va voir les jumeaux, je m'occupe d'Alicia.

Georg s'accroupi et prit Alicia dans ses bras.
Georg à Alicia : Viens. C'est terminé. On est là maintenant, tu ne risques plus rien. Calme-toi.

Contre toute attente, Alicia repoussa Georg, et s'enfuit, seule, dans les rues sombres et désertes de Paris. Elle courra longtemps. Combien de temps exactement, elle n'aurait su le dire. Tout ce qu'elle savait, c'est que plus elle s'éloignait d'eux, mieux elle se sentait.
Fatiguée de courir, elle finit par s'asseoir sur le porche d'une maison bourgeoise. Elle pleurait toujours à chaudes larmes, lorsqu'elle sentit quelqu'un s'asseoir à sa gauche. Elle sentit une veste se poser sur ses épaules. Elle leva les yeux. C'était Georg. Il était tout essoufflé.

Georg : Pas facile de te suivre, dis-donc. Allez, viens ... il est temps de rentrer.

Mais au lieu de se lever, elle posa sa tête sur l'épaule droite de Georg. Il l'a pris dans ses bras. Elle aurait pu rester comme ca des heures ...

# Posté le lundi 02 juillet 2007 15:32

CHAPITRE 6

CHAPITRE 6
Alicia, qui n'avait pas revu Eva depuis au moins deux ans, mais avec laquelle elle avait gardé contact par email, lui raconta comment elle en était arrivée à s'occuper des TH. Elle avait été tellement occupée depuis ces dernières semaines qu'elle n'avait pas eu le temps d'écrire à son amie de toujours. Alicia avait certes envoyé un court email à tous ses amis, leur expliquant qu'elle serait « on the road » pour son nouveau job, mais elle n'avait pas précisé en quoi consistait ce nouveau travail. Eva n'en revenait pas.

Eva : Et bien, si tu m'avais dit ca à l'époque, je ne t'aurais pas cru. Tu as fini par faire ce dont tu avais toujours rêvé de faire. Je suis très contente pour toi.
Alicia : Je t'avouerai que je n'en reviens toujours pas moi-même. Et toi, que deviens-tu ? Que fais-tu ici à Paris ?
Eva : C'est une longue histoire. En un sens, j'ai aussi réalisé mon rêve.
Alicia : Quoi ? Brad Pitt t'a demandé en mariage ?
Eva : Non, pas ce rêve là ... (rires) ... Je suis ici pour un défilé de mode. Je défile pour Yves-Saint-Laurent après-demain.
Alicia : WOW ! Mais c'est génial !!


Tandis qu'Eva expliquait à Alicia comment elle avait été repérée par son agent alors qu'elle profitait de ses vacances sous le soleil des Maldives, les commérages allaient bon train dans le camp des garçons.

Tom : Vous croyez qu'elle est libre Effa.
Bill : Pas Effa. Ca se prononce Eva. Ben, je sais pas moi. Demande-lui directement, monsieur le Don Juan de ses dames.
Tom : Ca va pas, non !!
Bill à Eva : Eva ... Y'a mon frère qui veut savoir si t'as quelqu'un dans ta vie !!
Tom donna un rapide coup de coude à son frère, avant de se cacher la figure dans ses mains.
Tom à Bill : Merci. Tu viens de gâcher toutes mes chances ...
Bill à Tom : C'était perdu d'avance !
Alicia à Eva : T'inquiète pas. Ils sont un peu fou-fou, mais ils ne mordent pas. Tu viens d'avoir un aperçu de ce que je vis au quotidien.
Eva : ca m'a l'air plutôt amusant ... Ecoute, c'était un plaisir de te revoir Alicia, mais je dois y aller. Tiens, voilà mon numéro. J'espère que l'on aura le temps de se revoir avant ton départ. Je reste dans cet hôtel, chambre 568.
Alicia : Ok, c'est noté. A demain, j'espère. Je t'appelle. Ciao
Bill à Tom : Chambre 568, t'as noté?
Tom: Hein, quoi?
Bill : Laisse tomber...
.

Chacun rejoignit sa chambre. Une longue journée les attendait le lendemain, incluant un photoshoot au Trocadéro. Il fallait donc que les garçons se reposent afin d'être frais et clinquants pour la séance photos.

Après une petite douche rapide, Alicia se mit au lit et lut quelques pages du bouquin qu'elle avait emmené avec elle mais qu'elle n'avait pas vraiment eu le temps de lire, travail oblige. Mais bien vite la fatigue eut raison d'elle, et elle s'endormit sur son livre. Commença alors un étrange rêve, mêlé de l'histoire qu'elle était en train de lire et de passages incluant les TH. Ainsi était-elle poursuivie par un tueur en série qui avait des airs de ressemblance avec Georg, tandis qu'elle essayait de protéger son petit frère Tom des griffes d'une blonde en furie. Elle retrouvait ensuite Gustav au coin d'une rue qui la sauvait in extremis d'un coup de feu parti de nulle part. Elle finissait par se réfugier dans une boutique de sous-vêtements où elle se retrouvait nez à nez avec un Bill paré en tout et pour tout d'un porte-jarretelles et d'un boxer en dentelle noire.

Lorsqu'elle se réveilla le lendemain matin, Alicia avait tout oublié de son rêve, enfin presque tout. Elle ne se souvenait que de l'épisode de Bill. Si bien qu'elle ne put s'empêcher de le regarder des pieds à la tête lorsqu'il sortit de sa chambre, essayant d'imaginer ce que cela pourrait donner en vrai. Cette simple idée la fit s'éclater de rire.

Bill : Ben quoi ? Mon shirt ne va pas avec mon pantalon ? J'ai rate ma coiffure ? Qu'est-ce que t'as à me regarder comme ca ?
Alicia : Rien... je t'assure qu'il n'y a rien.

Et elle partit en riant de plus belle.
Décidemment cette fille était bizarre, se dit Bill. Et ses commentaires commençaient un peu à l'irriter. Que lui avait-il donc fait ? Le peu de mots qu'ils s'échangeaient étaient toujours empreints de sarcasme et d'ironie.

Tom à Bill : Qu'est-ce que t'as ? T'en fais une de ces têtes...
Bill : C'est juste Alicia. J'ai l'impression qu'elle ne m'apprécie pas vraiment.
Tom : Mais non, tu te fais des idées, comme d'habitude.
Bill : Alors comment expliques-tu qu'à chaque fois qu'elle me voit elle est morte de rire ? Vous avez tous eu des moments de délire avec elle, sauf moi. Je ne ris pas avec elle, c'est elle qui rit de moi.
Tom : T'es jaloux ou quoi ?
Bill : Non ! Non ! C'est pas ce que j'ai voulu dire. J'ai juste l'impression qu'elle me traite différemment de vous.
Tom : Mais non, tu te fais des idées, je te dis.

Ils n'eurent pas l'occasion de continuer cette discussion car il était temps de partir.

La journée passa à une vitesse éclair. Après le photoshoot au Tracadero où une bonne poignée de fans eurent la chance de les approcher, les garçons se rendirent à Universal pour un tchat improvisé.

Quelle ne fut par leur surprise lorsque, de retour à l'hôtel, ils trouvèrent tous une enveloppe sur leur lit respectif. Les premiers à réagir furent Tom et Alicia qui sortirent de leur chambre en même temps, en courant et en criant.

Tom et Alicia en unisson : Busta Rhymes ... on est invités au concert de Busta Rhymes !!
Ils effectuèrent une petite dance de joie dans les couloirs de l'étage, bras dessus bras dessous. On aurait dit papy et mamy au bal musette. Les autres s'amusaient à les regarder danser ainsi. Ils avaient l'air tellement heureux l'un et l'autre.
Tom à Alicia : Attends... t'aimes Busta, toi ?
Alicia : Et comment !! Oh, c'est trop top. J'arrive pas à y croire. On va voir Busta Rhymes... le concert commence dans une heure et demie. On a intérêt à vite aller se préparer si on ne veut pas manquer le début.

Et sur ce, elle retourna dans sa chambre pour se préparer.
Trente minutes plus tard, toute l'équipe était prête. Alicia s'était habillée pour l'occasion et avait mis son pantalon large Tommy avec un petit top militaire. La parfaite fly-girl. Tobi, qui ne se sentait pas très bien, préféra rester à l'hôtel afin de se reposer. Ils se retrouvaient donc avec un billet en trop. Alicia eu une idée. De sa chambre, elle appela la chambre 568.

Alicia : Eva ? C'est Alicia. Tu as quelque chose de prévu ce soir ? Non ? Super. Rejoins-moi à la réception dans 20 minutes. Pas besoin de sortir ta robe de soirée. Soirée cool ce soir. Allez, à plus !

Elle recommanda aux garçons de se rendre déjà au concert. Elle les rejoindrait plus tard en taxi.

Alicia attendit Eva à la réception. Elle arriva avec cinq petites minutes de retard. Eva aussi s'était habillée pour l'occasion. En fait, sa tenue ressemblait fortement à celle d'Alicia. A croire qu'elles s'étaient toutes les deux concertées avant de s'habiller. De vraies s½urs jumelles... si ce n'était pour la taille et la couleur des cheveux.

La circulation était dense ce soir-là, et le taxi avançait presque au pas. Jamais elles n'arriveraient à temps pour le début du concert. Alicia stressa un peu le chauffeur qui se décida enfin à sortir de l'artère principale et emprunta de plus petites rues. L'effort paya : les filles arrivèrent juste à temps.
Leur entrée dans le carré VIP fut très remarquée par Tom qui bavait littéralement devant elles. Elles étaient toutes les deux belles à croquer. Deux pour le prix d'une, que demander de plus.
Tom et les filles profitèrent du concert au maximum. Tom dansait tout en se frottant tantôt à Eva, tantôt à Alicia. Les filles avaient l'habitude de ce genre de comportement car elles avaient fait beaucoup de concert de ce genre ensemble. Elles savaient que dans le milieu du rap, garçons et filles dansaient de la sorte. Elles s'amusaient, rien de plus, sans aucune arrière pensée. Tom, lui, au contraire, profitait à fond de la situation, mais tout en restant respectueux. Il se sentait observé par son frère, et il entendait déjà les reproches qu'il lui ferait dès leur retour à l'hôtel. Il savait que Bill n'appréciait pas ce genre de comportement. Il n'avait jamais compris pourquoi. Il ne faisait rien de mal après tout.
Ce que Tom ne savait pas, c'est que Bill ressentait bien plus que ca. Comme à d'autres occasions depuis ces dernières semaines, Bill se sentait exclu. Il voyait son frère s'amuser avec deux filles, Georg et Gustav discuter avec des gars de la sono, et lui il était là, tout seul. Personne à qui parler. Il n'avait pas l'habitude de cette situation. En fait, il détestait ne pas être le centre d'attention. En plus, ici, dans ce milieu rap, il n'y avait personne qui s'intéressait à lui car personne ne savait qui il était. Jamais il ne s'était senti aussi seul...

# Posté le lundi 02 juillet 2007 15:26

Modifié le lundi 02 juillet 2007 16:05